Stabbing Westward – Chasing Ghosts

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Style: Indus Rock AlternatifAnnee de sortie: 2022Label: Cop International

21 ans! 21 ans se sont écoulés entre le précédent album de Stabbing Westward et ce nouvel album, Chasing Ghosts, paru il y a quelques jours.

Et écouter cet album du groupe de Christopher Hall (dont le visage sur les photos promo fait redouter qu’il ait eu l’idée saugrenue de recourir à la chirurgie esthétique, mais cela ne nous… regarde pas), c’est pour le coup vraiment faire un saut dans le passé tant rien ne semble avoir changé dans le style du groupe et tant ce nouvel album aurait pu sans problème sortir 3 ans après Darkest Days, album sorti en 1998. Pourquoi pas après l’album éponyme qui a suivi en 2001 (ne) me demanderez vous (pas) ? Simplement parce que la bande à Hall revient sur Chasing Ghosts au rock indus qui était celui de ses premiers albums, là où l’éponyme voyait Stabbing Westward partir vers des terres beaucoup plus basiques façon rock alternatif US très radio friendly, jusqu’à quasiment gommer toute trace d’indus ou d’électronique. Cet album éponyme (pour lequel j’aurais plutôt personnellement tendance à faire preuve d’une certaine indulgence, l’album étant plutôt sympa) a d’ailleurs plutôt été assassiné par la critique ce qui explique probablement pourquoi le groupe est entré dans une très longue phase de sommeil.

On retrouve donc le Stabbing Westward le plus pertinent, toujours admiratif du travail de Nine Inch Nails, tout en conservant une approche directe en proposant de vraies « chansons » avec couplet-refrain. Les gros riffs indus de « Damaged Goods » nous transportent effectivement dans le passé, de même que l’intégralité des titres finalement, sur lesquels les machines sont vraiment de retour au premier plan. Un titre comme « Wasteland » également sonne vraiment comme du pur SW de l’époque, comme les irrésistibles « Dead & Gone », « Ghost » ou « I Am Nothing » qui montrent que Hall n’a rien perdu de sa capacité à écrire des hits. On s’aperçoit aussi rapidement à l’écoute de l’album, qu’il y a autre chose qui n’a pas changé : la propension de Christopher Hall à nous raconter ses déboires amoureux, ses chagrins d’amour et sa solitude, les paroles de la quasi-totalité des titres tournant autour de cette capacité qu’il démontre encore à se lamenter et s’auto-apitoyer, ce qui pour le coup apparaît un peu ridicule après tout ce temps (les 7 minutes 28 de « Push » sont ainsi un peu longuettes pour entendre Christopher chouiner et se lamenter et je ne parle pas de la conclusion « The End » chiante à mourir avec ces « Im so sorry that I fucked up/ruined everything »)… Mais au moins c’est clair : de pied en cape Stabbing Westward reste le Stabbing Westward qu’on a connu, avec ses facilités et ses défauts.

Alors l’affaire est finalement assez simple concernant ce Chasing Ghosts : soit vous considériez à l’époque (si vous connaissiez seulement le groupe) que Stabbing Westward n’était qu’un sous Nine Inch Nails facile et putassier, et il est probable que vous ne changiez pas d’avis et que vous ne perdiez donc probablement même pas votre temps à aller écouter cet album, soit vous aviez une certaine tendresse pour ce groupe et retrouverez avec un l’équipe de Christopher Hall 50 minutes durant.

Ayant de mon côté pas mal écouté les albums de Stabbing Westward à l’époque (en particulier Darkest Days), j’avoue me ranger plutôt dans le deuxième camp, retrouvant avec un certain plaisir les arrangements électroniques et les compositions bien léchées dont SW a le secret, tout en n’étant pas dupe sur le côté très nostalgique associé à ce plaisir, et avec lui un côté probablement très volatile/éphémère qui me fera sans nul doute abandonner rapidement l’album dans un coin (de Spotify… n’envisageant pas l’achat en support physique).

A vous de voir donc!

Tracklist :
01 – I Am Nothing
02 – Damaged Goods
03 – Cold
04 – Push
05 – Wasteland
06 – Control Z
07 – Crawl
08 – Dead & Gone
09 – Ghost
10 – The End

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 1050 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. RBD says:

    Je croyais me rappeler qu’ils détestaient qu’on les compare à NIN, alors que c’est impossible à éviter… Peut-être que les compos plus classiques, encore plus Pop, les rapprocheraient encore plus de Filter. SW c’est frais, ça peut se consommer intensément quelque temps avant de disparaître dans les tréfonds de votre discothèque (éventuellement virtuelle).

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