Borgne – Y

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Style: black metal atmosphérique/indusAnnee de sortie: 2020Label: Les Acteurs de L'Ombre Productions

Tête pensante de Borgne, Bornyhake est un musicien ultra prolifique. Actif dans de nombreux autres groupes (souvent solo) tels que Enoid (qui vient d’ailleurs de sortir un nouvel album), Astral Silence ou Ancient Moon, le multi-instrumentiste suisse sort avec ce Y le neuvième album de Borgne. Complété aux claviers par une certaine Lady Kaos arrivée après Règne Des Morts (2015), le duo signe avec ce nouvel album une nouvelle déflagration de black metal industriel.

« As far as my eyes can see » nous cueille à froid et le froid, c’est vraiment le dada de Borgne ! Passée l’intro atmosphérique, le choc est en effet rude vu le mur de guitares sur fond de machines infernales. Par-dessus Bornyhake y va de son râle surpuissant (aux lyrics majoritairement en français), insufflant un surplus déshumanisé à ce premier titre jonglant entre atmosphères martiales, riffs épiques et rythmique épileptique.

La suite est du même acabit, installant totalement cette froideur clinique alliée à cet esprit malsain au sein de titres à l’impressionnante sauvagerie mais sublimé par les claviers de Lady Kaos (« Je deviens mon propre abysse », hypnotique même pendant son break synthétique ou « Qui serais-je si je ne le tentais pas? qui nous transporte – paradoxalement – en vaisseau spatial vers du vieux Emperor avec ses faux-airs symphoniques avant de terminer sur une note plus horrifique). Une atmosphère mystérieuse qui prend une nouvelle dimension pendant « Paraclesium », instrumental inquiétant sur les traces d’un Blut Aus Nord, avant de nous achever sur l’incroyable « A voice in the land of stars » où l’on passe d’un voyage intersidéral à une plongée suffocante dans les abysses (et au final une petite remontée à la surface avec du chant clair poignant sur fond de guitare sèche), le tout en dix-sept minutes passionnantes concluant cet album hors du temps.

En Suisse dans le même créneau, il y a Darkspace qui mêle son black metal à des atmosphères indus déshumanisées. Bien que contenant quelques similarités dans la dimension spatiale de son black metal, Borgne trace sa route, toute torturée qu’elle soit. Il livre ici un Y à l’ambiance tout bonnement incroyable tel un voyage cosmique blindé de turbulences (vu l’agressivité quasi constante du pilote) et d’intenses séquences d’apesanteur se rompant brutalement pour mieux nous écraser au sol. Excellent !

  1. As far as my eyes can see
  2. Je deviens mon propre abysse
  3. A hypnotizing perpetual movement that buries me in silence
  4. Derrière les yeux de la création
  5. Qui serais-je si je ne le tentais pas?
  6. Paraclesium
  7. A voice in the land of stars

beunz
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