Concert du mercredi 24 septembre 2025
Alors que son récent nouvel album IO récolte pas mal de louanges, voici déja le temps de venir le défendre sur scène pour ten56. Les parisiens sillonnent ainsi l’Europe accompagnés par leurs compatriotes The Dali Thundering Concept (simplifié en Dali), des métalcoreux ricains VCTMS (dont je vous ai parlé il y a quelques années de leur metalcore), et des danois de Cabal, apparus en derniers sur l’affiche tels des guests surprises.
De retour dans la salle du Rock Café (institution du centre-ville de Prague célébrant ses vingt-cinq ans sous ce format), j’arrive alors que Dali est déjà sur scène devant un parterre plutôt bien garni malgré l’heure (environ 19h30). Le groupe français a de la bouteille (quinzième anniversaire cette année) et montre toute son aisance sur scène. Déployant une belle énergie, le quartet envoie une sorte de metalcore avec un feeling moderne (notamment via quelques riffs d’obédience djent et des interludes electro servant de transition entre les morceaux). Trouvant là l’équilibre entre le massif et le mélodique/accrocheur, les quelques titres auxquels j’ai assisté se sont révélés très efficaces et totalement convaincants. Le public sera bien d’accord avec moi, scandant des « Dali ! Dali ! » alors que le groupe (dont le bassiste du soir était celui de ten56.) terminait son set.

Vient le tour de VCTMS, formation pour laquelle j’avais une réelle curiosité quant à leur dispositif sur scène. En effet, le groupe de l’Illinois est un trio avec une chanteuse/batteuse particulièrement énervée sur album, je me demandais donc comment elle allait assurer vocalement et son instrument en même temps. Aussi bien que Stephanie de Brutus ?
Et alors que le groupe s’installait, j’ai remarqué deux détails et pas des moindres: l’absence de micro devant elle et surtout la présence… d’un frontman ! (il apparait dans le dernier clip du groupe, mais j’avais apparemment loupé l’info). Eh oui, le trio est devenu quartet et la batteuse a donc désormais tout le loisir de frapper fort, ce qu’elle va s’employer à faire au point de paraitre à bout de souffle entre chaque titre (c’est là qu’on se dit qu’elle aurait apparemment eu du mal à assurer les deux). Les titres joués par les américains sont percutants, entre metalcore et deathcore, avec un vocaliste bien en voix tandis que guitariste et bassiste semblent s’amuser (ils se feront face à un moment pour jouer les notes chacun sur l’instrument de son comparse). Piochant dans sa modeste discographie, un set énergique et bien divertissant.

Trois ans après les avoir vus lors du Never Say Die (en compagnie notamment de Boundaries et Suicide Silence), les danois Cabal reviennent à Prague. Etant plutôt hermétique à leur deathcore, j’ai fait donc l’impasse sur leurs derniers albums. Assez loin de l’imagerie « blackened » à laquelle on pouvait s’attendre, les looks des quatre gars de Copenhague paraissent aujourd’hui assez improbables entre le t-shirt plein de trous d’un guitariste et « l’ensemble » du chanteur, très teenager dans l’âme. Musicalement, le mélange des genres opère aussi dans leur son. Du deathcore certes, mais des influences néo metal, electro (un titre possédant un passage quasi Thunderdome) ou encore trap metal, font leur apparition au milieu des riffs essentiellement en beatdown.
De nouvelles influences qui ont beau faire lever le sourcil sur le moment, mais qui se révèlent assez bien diluées dans leur violence sonore pour se laisser apprécier. Le son est en effet massif, et l’absence de bassiste ne se fait aucunement ressentir tant les deux guitares sonneront hyper lourdes. Le public leur répondra avec enthousiasme, au point d’en exploser une pinte de Pilsner pleine en plein pit, ce qui entrainera une scène inattendue où une pauvre employée de la salle viendra nettoyer les bris de verre tandis que les personnes autour lui offriront un peu d’espace pour ne pas se faire bousculer par un agité du pit. Un moment suspendu au milieu de cette déferlante sonore, qui ne me touchera pas vraiment au final. Cabal ressemblant de plus en plus a Paleface Swiss, groupe m’ennuyant plus qu’autre chose, ceci explique peut-être cela…

C’est sous d’agréables effluves de parfum au bois de santal vaporisé sur scène pendant la pause (heu… why not ?) que débute le set de ten56. Le groupe parisien était attendu et n’a pas perdu de temps pour nous abreuver de ses riffs aussi lourds que mécaniques. Mené par le charismatique Aaron Matts (ex-Betraying The Martyrs), le quintet parcourera sa discographie en mettant quand même majoritairement en avant son dernier album IO.
Le néo deathcore du groupe est particulierement intense et pesant, la puissance sonore qu’ils dégagent amenant un aspect post-industriel du meilleur effet. De grosses saccades en accélérations blastées (dès l’introductif « Doormat »), le goût des parisiens pour le chaos se dévoile en live mais la qualité sonore s’avère paradoxalement optimale, très propre (tout comme les lumières, bien en phase), ce qui permet de passer un très bon moment. Le public répond présent, contenant de nombreuses filles (qui seront appelées seules dans le pit le temps d’un titre) et semblant connaitre pas mal de lyrics sur le bout des doigts.

Alors que les titres entre énergie et groove s’enchainent, le groupe quitte la scène en ne laissant que son frontman qui va alors annoncer qu’il allait « plomber l’ambiance ». Le grand gaillard tatoué va alors se livrer, parler de ses problèmes d’addictions qu’il a réussis a combattre grâce à la parole. Incitant le public à ne pas rester silencieux et seul devant des problèmes psychologiques, son message touchant aura peut-être pu aider quelques personnes ce soir-là. Enchainant avec le hip hop « IO », interprété tres solidement, le groupe revient finalement pour conclure sur le nerveux « Boy », concluant la pas moins de dix-huit titres joués. Bref, un gros morceau mais une exécution sans faille.

Malgré un style commun, les quatre groupes auront su se différencier de leurs camarades de jeu du soir, prouvant par la que la scène metal/hardcore n’est pas si uniforme que ça. Une soirée pleine de breakdowns et de bonne humeur.
Merci à Romain de l’Agence Singularités pour l’accred !
Cabal
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