Si vous n’en aviez jamais entendu parler, le Bir Tawil (en deux mots) est un territoire désertique situé entre l’Egypte et le Soudan, sauf que cette zone n’a jamais été revendiquée par l’un ou par l’autre pays (car sinon le pays perdrait le contrôle du triangle de Hala’ib), bref elle n’est à personne au final.
C’est donc cette zone géographique dont Birtawil (en un mot) s’inspire pour sa musique. Projet solo d’un bordelais nommé Xavier Godart (Mortuaire, ex-The Great Old Ones) débuté en 2013, le concept possède déjà une discographie très prolifique, faite de compilations et d’EPs notamment.
Sur Dua Min, il agrémente ces atmosphères entre minimalisme, répétitions et nappes atmosphériques de rythmiques synthétiques touchant à l’indus. Un titre comme « Konfirmon » illustre cette rencontre entre la fragilité de la guitare et ces pulsations déshumanisées.
Semblant transposer l’immensité à nos modes urbains avec la solitude comme point commun, ce second long-format joue sur les textures entre synthétique et organique, tournant ses boucles teintées de mystère jusqu’à créer une tension peu commune (« Ceesto »). Nous plaçant parfois dans des boucles mécaniques aliénantes (« Pacon ») et même un climat plus rugueux sur le final « Morton », il créé là un trip sonore aux atmosphères inhospitalières et qu’on verrait bien accompagner tantôt des images de désolation, tantôt de grands immeubles urbains grouillant de monde.
Alors certes, on n’a pas énormément de points de repère étant donné le mélange abordé ici – l’ambient, le drone, l’industriel entre autres – mais la puissance des éléments parviennent à embarquer l’auditeur dans cette exploration faite de nappes plus ou moins lourdes et de stridences finissant par s’apprivoiser. Au final, aucune détente dans ce voyage mais un climat essentiellement lourd et orageux s’immisçant en vous. Un son unique réservé aux oreilles aventureuses.
Birtawil
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