Trio tourangeaux actif depuis 2022, KO-MA est plus qu’un groupe mais tout un concept, que ce soit dans ses lyrics aux thématiques recherchées (l’anxiété, la résilience, l’adversité ou la liberté) ou dans la manière de les conter (avec des improvisations ou bien comme une énigme accompagnée d’un court-métrage pour leur EP TRENCADIS – 2023).
Anthropolis, leur nouvel album, s’enrichit lui aussi d’une narration spécifique. Il s’agit une nouvelle fois d’une histoire fictionnelle contée de manière singulière. Parlant de la condition humaine actuelle dans les villes occidentales au travers les yeux d’un personnage prénommé Tony, le trio opte pour une approche dystopique et pleine de mystère prenant des airs de thriller politique, et illustrée par une approche musicale, elle aussi finement modelée.
Quelque part entre noise, post-hardcore et punk, le trio exprime cette même densité narrative dans ces onze titres. Débutant du côté du post-hardcore tortueux et écorché (« I.Light’, « H.Eyed »), KO-MA mue soudain son sens du tragique en se rapprochant de La Dispute sur « R.Pressure » par son utilisation de spoken words prenants entrecoupés de refrains screamo d’une belle intensité.
Une intensité qui ne faiblira pas jusqu’au terme de l’album, offrant un panel d’émotions entre le désespoir rageur (« O.Means », « L.Duty » et ses rappels de Birds In Row) et la contemplation (« A.Genic », post-hardcore immersif où retrouve une voix parlée, en français cette fois, ou la conclusion « S.Down »).
Lire un bon roman ou écouter un bon album, certains sont capables de faire les deux à la fois. Mais KO-MA est en tout cas parvenu à créer les deux avec cet Anthropolis pouvant autant se suivre comme une fiction, ou pas, l’album s’écoutant très bien aussi sans s’intéresser à son contenu.
KO-MA
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