Plini – An Unnameable Desire
Chronique du Moment Instumental Prog/Djent

Plini – An Unnameable Desire

jonben
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Auteur
21 mai 2026
il y a 4 mois
13,253 vues
Année de sortie
2026
Note
Révélé par ses EPs du milieu des années 2010 puis confirmé avec 2 albums, Plini s’est imposé comme l’un des guitaristes majeurs de la scène progressive moderne grâce à un style mêlant Djent technique, Jazz Fusion aérien et sens mélodique immédiatement identifiable.
Plini – An Unnameable Desire

Le guitariste prodige australien passe à la vitesse supérieure.

Il est loin le temps où Plini (c’est son vrai prénom) n’était qu’un nom associé à quelques EPs de chambre bricolés en solitaire dans un home studio. Je suis fan de la première heure et ces premières sorties avaient certes ce charme lo-fi et cette pureté mélodique qui ont contribué à définir ce fameux “bedroom prog”, mais An Unnameable Desire marque une rupture nette dans la trajectoire du guitariste australien.

Ce sont surtout les EPs sortis entre 2013 et 2015 qui ont commencé à attirer l’attention sur ce jeune guitariste australien capable de mélanger la technicité du Djent avec les harmonies et la fluidité du Jazz Fusion.

Son premier véritable coup d’éclat arrive avec Handmade Cities en 2016. Court mais incroyablement riche en couleurs et en idées, l’album impressionne autant par sa virtuosité que par son sens de la mélodie, au point d’attirer les louanges de Steve Vai lui-même ainsi que celles de nombreux médias spécialisés guitare. Plini y développait déjà cette capacité rare à faire cohabiter des rythmiques ultra techniques avec des lignes mélodiques lumineuses et immédiatement mémorables.

Avec Impulse Voices en 2020, le musicien franchissait déjà un cap en élargissant encore ses ambitions sonores et en renforçant le côté cinématographique de ses compositions. Mais An Unnameable Desire marque une rupture encore plus nette. Plini n’est plus seulement un virtuose de la six-cordes ; il devient ici le chef d’orchestre d’un véritable groupe organique, et la différence saute aux oreilles dès les premières minutes.

Entouré de ses fidèles compagnons de route — Simon Grove à la basse, Chris Allison à la batterie et Dave McKay aux claviers — le musicien livre probablement l’œuvre la plus dense et aboutie de sa carrière. On sent immédiatement que ce line-up a vécu sur scène, tourné ensemble, développé des automatismes et une cohésion qui dépassent largement le simple cadre du projet solo. Là où les anciens albums reproduisaient en studio une dynamique de groupe, An Unnameable Desire la capture enfin pleinement.

D’un côté, Plini n’a jamais été aussi lourd et « Metal ». Certains passages flirtent franchement avec le Djent massif de Periphery ou les constructions polyrythmiques labyrinthiques de Animals As Leaders. Les riffs gagnent en agressivité, la batterie cogne avec une précision chirurgicale, tandis que la production de Simon Grove, sublimée par le mastering de Nolly Getgood, donne à l’ensemble une ampleur presque écrasante. Des morceaux comme « Manala«  démontrent à quel point le guitariste est désormais capable d’assumer une puissance brute sans sacrifier sa finesse d’écriture.

Mais l’album ne se résume jamais à une démonstration technique ou musculaire. À l’opposé de cette lourdeur assumée, Plini continue d’exceller dans ces instants suspendus dont il a le secret. Les passages plus éthérés prennent ici une ampleur nouvelle grâce à des arrangements particulièrement raffinés : cordes, piano, textures ambient et même harpe sur « After Everything ». Ces moments apportent une respiration constante à l’album et rappellent que derrière la sophistication rythmique se cache toujours un compositeur profondément mélodique.

Plini avait annoncé vouloir rendre les parties lourdes plus lourdes et les passages complexes encore plus difficiles à jouer. Le pari est largement réussi. L’album impressionne autant par sa technicité que par sa capacité à rester ludique et émotionnellement accessible.

Et c’est précisément ce qui rend ce disque si fascinant : malgré ses ambitions grandissantes et sa production gigantesque, il conserve cette spontanéité presque naïve qui a toujours caractérisé la musique de Plini.

La puissance dégagée par ces nouveaux morceaux laisse d’ailleurs présager quelque chose de colossal en live. Ça tombe bien : je serai dans la fosse dans un mois pour voir comment cette machine de guerre sonne sur scène. Si l’album est une indication, il faut probablement s’attendre à une claque monumentale.

Artistes / Groupes

Genre selon le Chroniqueur

Instumental Prog/Djent

Famille/Genre

Tags Styles

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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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