Duo bordelais formé en 2017 composé d’Alice Ronzini (JC Satan, La Secte du Futur) et de Johan Sebenne (Year Of No Light, Lacustre…), Aetere aura mis neuf ans avant de sortir ce premier album. Un temps de maturation assez conséquent dû en partie aux déménagements des deux membres, l’une dans la Drôme, l’autre à Paris, et à une certaine pandémie il y a quelques années, ça doit vous dire quelque chose…
Théogonie sort donc enfin, proposant une « odyssée sonique à travers des ombres et du symbolisme » sur fond de doom aussi lent qu’écrasant. Pas besoin d’attendre bien longtemps pour s’en rendre compte puisque « Ténébrisme » nous accueille avec un riff accordé le plus bas possible et très répétitif. Accompagné d’atmosphères glaciales intensifiant le climat funéraire, ces dernières font évoluer ce titre introductif (tout instrumental) vers une mélancolie très profonde, rappelant les débuts de Shape Of Despair.
La suite va s’enchainer avec « Galea » qui va nous introduire le chant vaporeux de sa chanteuse ainsi qu’une présence plus prépondérante de ces nappes shoegaze venant majoritairement recouvrir leurs riffs pleins de saindoux. Des riffs allant parfois jusqu’à l’étouffement à la manière d’un Earth (la première partie de « Cilice ») mais qui savent aussi s’élever via des phases cleans venant ajouter une étonnante dose de sensibilité (la seconde partie de « Thanatos »), ou un aspect incantatoire aux vocaux évanescents (« Innocence »). On se doit de retenir aussi l’excellent « Eudaimona », final instrumental hypnotique n’ayant pas décidé entre nous faire planer ou nous enterrer, symbolisant parfaitement l’alliance du doom et du shoegaze (doomgaze donc), mélange particulier mais qui fonctionne totalement chez Aetere.
Un premier album introspectif et « ritualistique » qui vient immerger l’auditeur dans cet amalgame de riffs extra lourds et de textures planantes et vaporeuses sur fond de rythmiques allant parfois du côté du médiéval (sur la conclusion par exemple). Si certains tiqueront devant l’aspect « riff lent tournant en boucle » inhérent au style, ils pourront ensuite peut-être revoir leur avis devant la richesse des nuances proposées ici, celles-ci créant autant de mélodies accessibles que d’émotions. De superbes débuts que voilà !
Aetere
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