Failure, Quicksand, et maintenant Untitled with Drums, l’année est incontestablement une année faste pour les amateurs de post-hardcore typé 90’s.
Pour celles et ceux qui auraient raté le train et qui n’auraient pas lu nos précédentes chroniques, Untitled with Drums est à nos yeux rien de moins que le meilleur ambassadeur du genre, et le seul capable de venir concurrencer les mastodontes américains sur leur propre terrain.
On pourrait m’objecter que ce constat est un peu rapide et surtout hâtif, ne reposant en effet que sur la foi d’un album et d’un EP (certes tous les deux magistraux) là où les illustres collègues de l’autre côté de l’atlantique ont évidemment un peu plus de sorties à leur catalogue (de même qu’une sacrée histoire et ancienneté sur la scène ce qui leur confère une légitimité automatiquement bien plus importante). Ça tombe bien : la confirmation pour UwD arrive ce jour béni du 21 août 2026, avec la sortie de ce deuxième album longue durée, Made Flesh, leur premier album sur le label marseillais Season of Mist.
Premier constat : les gars sont fous ou alors très confiants dans la qualité de leurs nouvelles compositions pour avoir fait le choix d’écarter de l’album les 4 monstrueux morceaux qui figurent sur l’EP sorti en fin d’année dernière. Mais en réalité ces 4 morceaux ont été composés après ce nouvel album (vous me suivez?), les dates de sortie étant donc inversées par rapport à la chronologie d’écriture de ces morceaux. On comprend dès lors mieux ce choix, et quoi qu’il en soit cela confirme que le groupe est loin d’être en panne d’inspiration et continue à être capable de pondre des pépites imparables.
Globalement mélancolique voire dépressive, la musique de UwD sait se faire colérique et musclée, et c’est justement ce que l’on aime : cette association de sensibilité et de colère, qui évoque le mieux les sentiments humains les plus vrais à l’image de « Change for You ». Suicide, difficulté à trouver sa place, relations toxiques, les thématiques abordées par le groupe et chantées par Martin sont plutôt graves et sombres.
« Space » est à cet égard un morceau qui commence par nous surprendre avec un ton étonnamment joyeux, mais la suite du titre avec ces riffs puissants, nous ramène à la réalité que UwD souhaite nous dépeindre et dont chacun sait à quel point elle est loin d’être rose.
« Been so High » est aussi à mentionner, car la saturation s’y fait temporairement et à plusieurs reprises la malle pour laisser la place à une guitare acoustique qui accompagne la batterie et le chant de Martin avant que les amplis ne rentrent à nouveau en scène pour crachent leur colère.
L’album se conclut sur un « Cry » qui monte en puissance évoquant tant les Smashing Pumpkins que Failure, et se montre une parfaite conclusion d’un album qui ne contient décidément pas un seul morceau faible tout au long de ses presques 40 minutes. On en ressort un peu rincé et pas franchement joyeux, mais néanmoins heureux d’avoir ressenti les émotions fortes que le groupe partage avec nous en se mettant à nu de la sorte. Encore une fois chapeau bas Messieurs, vous êtes déjà des grands de la scène.
Tracklist :
01 – Above My Head
02 – Shame
03 – Matter
04 – Gray
05 – Space
06 – Change for You
07 – Oblivious
08 – Parasitic
09 – Been so High
10 – Cry
Untitled With Drums
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