En quelques années, Portrayal Of Guilt a su s’imposer sur la scène US et internationale grâce à sa vision singulière du hardcore, évolutif album après album. Avec des débuts screamo et chaotiques que le trio a petit a petit enrobé d’une noirceur black metal accompagnant quelques assauts furieux allant du côté du grind, leur recette repose sur des champs assez ouverts (souvent vers l’extrême) donc sur l’imprévisibilité allant vers quelques idées très étonnantes (les titres médiévaux de Devil Music, ou leur dernière sortie en date qui sont des remixes electro – Christfucker II). Alors que tenter aujourd’hui ? De la dubstep ? Du funeral doom ? Du jazz ? De la rumba ? Du néo ? Gagné !
Eh oui, les trois gaillards ont apparemment fait un tour dans leurs chambres d’ados et sont retombés sur leurs premiers Korn. Comme l’atteste le son de basse « Fieldyien » de titres comme « Human Terror », « Object Of Pain » ou « Ecstasy », la bande a Jonathan Davis semble avoir fortement inspiré ce …Beginning of the End. Une réappropriation du genre bien faites à la sauce Portrayal Of Guilt, à savoir enrobé d’une aura bien nauséeuse typée Godflesh, appuyée par les vocaux toujours aussi hargneux du guitariste/chanteur Matt King.
Des titres qui offrent là une nouvelle optique à la douleur sonique inhérente au son du groupe, de même que le surprenant « Chamber Of Misery Pt.IV » où l’on note la présence du rappeur Slim Guerilla, un titre à rapprocher d’un Doodseskader (groupe dont je vous ai parlé très récemment du dernier album et que je vous encourage à écouter !). Et à côté de ces incartades, le trio revient à du « classique » pour lui, à savoir des assauts furieux (le quasi grindcore « Heaven’s Gate », complété par une ambiance bien malfaisante, même chose pour « Under Siege »), des écrasements vertébraux sludge (« Death From Above ») et des passages entre glauquitude et crachats s’épaississant soudain (« Total Black ») avant un final (« The Last Judgement ») où l’on perçoit un peu de désespoir sous tout ce plomb rouillé.
…Beginning of the End, un titre évocateur d’un renouveau ou d’une envie d’en finir. Pour l’instant, la première option semble la bonne, les éléments néo en mode crade s’intégrant parfaitement dans l’univers douloureux et toujours à cran du trio. Encore une nouvelle leçon d’âcreté à mettre à l’actif de Portrayal Of Guilt, groupe aux surprenants choix de carrière venant étendre encore un peu plus leur personnalité multifacette mais unique.
Portrayal Of Guilt
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