Quatre ans après son premier album Inconsolable, LUGOSi vient célébrer son dixième anniversaire avec un second. The Scars porte plutôt bien son nom, sa thématique générale s’attaquant autant aux problèmes politiques que personnels, injustices, traumatismes prenant ainsi vie dans des morceaux sacrément mouvementés alliant chaos et émotions viscérales.
Après avoir assuré des dates en compagnie de groupes comme Svalbard, Frontierer ou encore The Armed, l’ombre de ces derniers plane d’ailleurs un peu plus sur The Scars. Véritable électron libre comme le collectif de Detroit, le quintet parisien ouvre sa frénésie dans tout plein d’embardées et leur emprunte même leur saxophoniste Patrick Shiroishi (qu’on retrouve aussi sur le dernier Emma Ruth Rundle) en final de « The Fire ».
Quelque part entre mathcore, screamo, noise et post-hardcore, LUGOSi mixe rage cathartique et mélancolie dans ces neufs titres énervés et sinueux, partant souvent dans de multiples directions (« Matches », « Another Downer ») mais sachant aussi abaisser la tension comme sur l’introduction de « I Must Be Fine » (qui finira quand même lui aussi par imploser) ou sur le superbe final « Everything Ends ». Une puissance mêlée à un sentiment écorché vif qui ouvre d’agréables réminiscences de Birds In Row comme sur « A Taste for Chaos » ou « Ghosts of Christmas Past », où l’urgence côtoie une fragilité sous-jacente (rendant l’album plus accessible que le précédent).
En résulte un album intense et terriblement addictif, son énergie communicative et sa profondeur créant une écoute active voire excitante chez l’auditeur, donnant envie de le relancer à peine terminé. La marque des albums d’exception. Une excellente surprise et un groupe réjouissant par sa créativité, à suivre avec la plus grande attention !
Lugosi
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