Fawn Limbs – Darwin Falls

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Style: avant-garde math/grindAnnee de sortie: 2021Label: Roman Numeral/Wolves And Vibrancy Records

Fawn Limbs est un trio vraiment à part, sortant avec une impressionnante régularité des albums alors que leurs membres sont dispersés sur différents continents (en Finlande et aux Etats-Unis) tout en renouvelant à chaque fois ses perspectives musicales, Darwin Falls ne déroge pas à la règle et surprend vraiment dès son introduction. Imaginez une rencontre entre Bohren & Der Club Of Gore et Frontierer au Far West !

En effet, une voix parlée vient nous accueillir sur « Nesting Lumens », accompagnée par une guitare discrète et une trompette. L’ambiance créée s’épaissit ensuite lorsque la voix se tait, introduisant un violon et d’autres instruments acoustiques, créant pour le coup une mélancolie introspective qu’on imaginerait bien dans un western, comme si un vieux cowboy dépressif, assis dans un coin isolé d’un saloon, prenait la plume pour nous conter son histoire. Ces surprenantes deux premières minutes volent soudain en éclat dans une extrême violence tout en cris et blasts. Pourtant, le violon viendra s’ajouter à cette déflagration dissonante qui gagne ensuite en intensité, entrecoupée par la suite de l’histoire.

Le parti pris de Fawn Limbs sur ce Darwin Falls est donc très différent de ce qu’on leur connaissait jusqu’alors. Gardant donc de bout en bout cette narration avec cette voix parlée poursuivant son histoire, apparaissent donc régulièrement ces coupures énervées et chaotiques ne font pas semblant de l’être, dégageant toujours cette folie monstrueuse, aussi décomplexée que sinueuse (seule « Caesura », interlude comme son nom l’indique, nous épargnera la violence au profit de quelques vocalises fredonnées en guise de final).

La liste des invités est quelque peu différente par rapport aux albums précédents, on compte ici un véritable orchestre de jazz (?) qui s’est ici mis au diapason de Fawn Limbs, allant dans la délicatesse et le mystère quand il accompagne l’histoire mais n’hésitant pas à s’exprimer en même temps que l’extrême furie déversée. Par exemple sur « Noose Gestures » où la violence prend une dimension tragique grâce au survol du violon ou encore la conclusion plus ambiante « Dissolver » au saxo amenant des faux airs de White Ward.

Malgré un (toujours magnifique) artwork dans la continuité de son œuvre, Fawn Limbs propose ici un album très original et surtout très surprenant. Une approche ambitieuse qui tranche franchement avec l’extrême mathcore du trio, au déversement continu assez peu digeste jusqu’alors. S’ajoutent ici une forme de finesse et une mélancolie qui, passée la première écoute où l’on se pose forcément quelques questions, viennent compléter idéalement les tornades de cris/blasts/riffs tournoyants (autoproclamé « chaos mathématique »). Une expérience unique et hypnotique venant bouleverser les codes préétablis. Grande classe !

  1. Nesting Lumens
  2. Wound Hiss
  3. Dead Horse Cavern
  4. Noose Gestures
  5. Caesura
  6. Twitching, Lapsing
  7. Dissolver

beunz
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