Un an à peine après l’excellent Pessimismes, le trio austro-québecois Détresse revient avec un second opus. Et quand on sait que les deux tiers ont entretemps sorti un projet nommé Angest (dont je vous ai parlé il y a quelques mois), on peut affirmer que leur rythme de composition est très élevé !
Misères prend donc directement la suite du premier album, à savoir toujours cette mixture (linguistique) de metal noir québecois (l’introductif « Vallée de Misère » aux accents épiques rappelant Forteresse) et de black metal allemand (« Verrottet »), alliant pour chacun ce goût pour les cahots chevaleresques (avec force trémolo) mais pris dans une ambiance générale assez raw (vocalement).
Trouvant à nouveau toute sa richesse dynamique via des variations de vitesse et quelques arrangements fort bien troussés (« Schwefel » qui varie de mid-tempo à des accélérations infernales avant un final atmosphérique de toute beauté), Détresse confirme à nouveau sa duplicité. Car selon qui passe derrière le micro, le parti pris du groupe semble se transformer. Ainsi « Les Nuits Jaunes » vire frontal (la présence de Vestal de Merrimack y contribue sûrement) tandis que « So Bitter, So Kalt », lui, alliera profondeur et effets de nappes sensiblement dans la veine d’un Lunar Aurora. Mais « Peine Perdue » nous fera mentir, la furie et la retenue alternant pour mieux servir les tourments du trio.
Misères s’affirme ici comme belle confirmation pour Détresse, le cocktail d’old et de new school faisant une nouvelle fois mouche.
Détresse
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