Deftones – Private Music

Deftones – Private Music

krakoukass
krakoukass
Auteur
29 août 2025
il y a 1 an
2 commentaire s
8,535 vues
Année de sortie
2025
Note
Le nouvel album du groupe californien, qui s'inscrit dans la continuité de leur son des années 90, propose une qualité musicale impressionnante avec des titres percutants, des riffs puissants et des expérimentations vocales, tout en restant accessible et direct, confirmant leur statut de leaders dans le genre.
Deftones – Private Music

Il est là notre tant attendu serpent blanc (même si on cherche encore le lien entre le titre de l’album et sa pochette) sur fond vert (violet pour la version vinyle et bleu pour la cassette) ! Et avec lui la nouvelle cuvée des gars de Sacramento à la carrière irréprochable, incontestablement bien placés parmi les leaders qui promeuvent une certaine idée du son des 90’s modernisée.

L’album commence très classiquement avec le premier titre dévoilé en même temps que l’album était annoncé, il y a plusieurs semaines de celà. « My Mind is a Mountain » est un pur titre de Deftones avec les gros riffs bien lourds du « platiste qui ne prend plus l’avion » Stephen, la batterie puissante d’Abe, et le chant émotionnel d’un Chino en pleine possesion de ses moyens, tandis que Frank au synthé s’assure que les nappes atmosphériques sont bien là pour plomber l’ambiance à l’avenant des assauts de la guitare électrique, exactement comme on les attend. A la basse, c’est un petit nouveau, Fred Sablan (qui a joué avec Chelsea Wolfe et Marilyn Manson) qui remplace Sergio Vega, évincé en avril 2022, et il fait clairement le job même si ce n’est pas sur ce titre qu’on l’entend le plus (cf « Ecdysis » pour l’entendre davantage).

Du pur Deftones donc, comme l’album, parfaite synthèse de ce que propose le groupe depuis plus de 30 ans, et finalement (mais on s’en fout clairement) pas de grosse nouveauté au menu même si on notera la présence de ce chant à contre-temps de Chino sur « Locked Club » qui fait dresser l’oreille dès la première écoute, et son chant posé, presque parlé sur « Departing the Body » qui est aussi quelque chose dont on a peu l’habitude avec Deftones en tout cas. Idem pour ce chant rapé sur « ~Metal Dream » qui sans être une nouveauté renvoie plutôt potentiellement à d’anciens titres du groupe.

Peu de nouveauté donc, mais un album d’une qualité encore une fois ébouriffante, bourré de tubes et de titres forts, à l’image d' »Ecdysis », « Infinite Source », « cXz » ou plus loin « Milk ot the Madonna », un hit dans la veine d’un « Mein », tempo rapide et agressif, qui devrait facilement trouver sa place dans les setlists des shows à venir.

A noter le retour des petits cris/vocaux façon « kikikou » en back de Chino avec cet effet sur la voix si caractéristique comme au temps d’Around the Fur, sur « Cut Hands » mais aussi « Souvenir », le plus long titre de l’album qui se termine sur un passage atmosphérique au synthé, signé Frank Delgado. Si ce dernier n’a pas toujours été une pièce maîtresse selon moi dans l’arsenal des américains, sa présence est bel et bien notable cette fois (comme sur Gore et Ohms du reste), avec notamment ces synthés qui contribuent brillamment au refrain de l’énorme « Ecdysis », sur une bonne partie du titre « Infinite Source » également, ou via ces bidouillages sonores qui évoquent le « Firestarter » de qui vous savez sur « Cut Hands ». Il fait aussi brillamment le lien entre les titres qui s’enchaînent, comme « ~Metal Dream » qui débouche sur le final « Departing the Body ».

« I Think About You All the Time » ne ment pas sur son contenu suggéré par le titre (un brin facile) puisqu’il s’agit en effet d’une ballade qui permet à Chino de nous faire encore et toujours apprécier sa voix si atypique mais ô combien émotionnelle. C’est plutôt très chouette même si on n’atteint pas à mon avis le paroxysme émotionnel d’un « Minerva » ou d’un « Beware ».

Le tout est mis en son par le producteur Nick Raskulinecz avec lequel le groupe avait déjà travaillé sur Diamond Eyes, mais honnêtement ça n’a que peu d’importance puisqu’on retrouve toujours (et tant mieux encore une fois) la même signature sonore du groupe et que je ne décèle pour ma part pas de différence fondamentale entre la production de Raskulinecz, et celle d’un Terry Date qui officiait (à nouveau) sur Ohms.

Je ne serai pas de ceux qui qualifieront cet album de « meilleur album du groupe depuis –insérer l’album de Deftones de votre choix-« , à qui je conseillerai simplement de réécouter notamment Ohms et Gore, qui sont deux grands albums qui n’ont pas à rougir à mon sens face à ceux qui sont les plus estimés parmi les albums du groupe (Koi No Yokan notamment) ni face à ce petit nouveau de haute tenue. Mais il est vrai que ce nouvel album est probablement plus facile d’accès et facile à aimer rapidement grâce à une approche des titres souvent plus directe, avec une durée d’ailleurs parfois étonnamment courte (cf « My Mind is a Mountain », moins de 3 minutes au compteur ou « cXz », 3min12, de même que « Cut Hands » et « ~Metal Dream » tous deux dépassant à peine les 3 minutes).

Il n’en reste pas moins que Private Music constitue bel et bien -et on n’en attendait pas moins- un retour en grande forme pour un groupe qui n’a jamais fauté, et qui semble aujourd’hui récolter (enfin?) la reconnaissance large qu’il mérite (en témoigne le concert à Paris à l’Adidas Arena du 26 janvier prochain sold-out en 24 heures).

Longue vie à eux.

Tracklist :
01 – My Mind is a Mountain
02 – Locked Club
03 – Ecdysis
04 – Infinite Source
05 – Souvenir
06 – cXz
07 – I Think About You all the Time
08 – Milk of the Madonna
09 – Cut Hands
10 – ~Metal Dream
11 – Departing the Body

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Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

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2 commentaires

jonben

il y a 1 an

Du coup il prendra bien l’avion pour venir à Paris ?
Je suis d’accord sur le fait que c’est un bon album, enfin surtout c’est un album étonnement bon un groupe avec autant d’années et d’albums, et ça fait plaisir de les voir ressortir des riffs plus acérés. D’habitude, quand je veux écouter du Deftones, je sors les 3 premiers albums, mais celui là est le premier depuis longtemps à vraiment me botter.

krakoukass
il y a 1 an

Il ne sera pas à Paris ni en Europe, non puisqu’il refuse catégoriquement de prendre l’avion. Le groupe a déjà « l’habitude » de gérer ça et est organisé pour le remplacer ponctuellement.

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