Trois ans après leur très bon EP éponyme ayant permis d’accrocher pas mal d’amateurs de musiques un brin torturées, les lillois de Deûle font leur retour en voyant les choses en plus grand grâce à ce premier album sortant chez Frozen Records (Sorcerer, Plèvre…) et Medication Time Records (Ingrina, L’Effondras…). L’Appel du Vide se place dans la lignée de l’EP à la gloire de la rivière qu’elle traverse, trouvant là l’équilibre entre doom, black metal et éléments industriels accompagnés par une vocaliste imprévisible.
Cette dernière prénommée Elya (aussi préposée aux synthés) propose un panel assez étonnant, de langueurs douloureuses à des séquences d’envolées en passant par quelques éructations (quand ça s’énerve un peu) avant d’aller parfois dans des chuchotements empreints de folie comme sur le break de « Vendeurs de mort ». La guitare de Vincent (arrivé l’an dernier, actif aussi chez Sunstare) virevolte puis s’éclipse en compagnie des nombreux contretemps de la batterie (parfaitement maîtrisée par Pierre), proposant des motifs très changeants mais conservant leur aspect mélancolique quoi qu’il arrive (voire tragico-épique sur « Du sucre sur le béton » grâce à la présence des synthés).
En résultent six titres émotionnellement dévastateurs, tous issus de sessions de répétitions à la Malterie de Lille (salle de spectacle locale), riches de contrastes et auréolés d’un rendu brut à la coloration grisée. Gris comme le ciel lillois, ville où les trois nordistes puisent une nouvelle fois leurs inspirations alternant violence, frustration, sentiment d’abandon dans une poésie qui est la leur. On sort de cette visite mouvementée un poil hagard mais pleinement satisfait, la Capitale du Nord y apparaissant sous sa face la plus austère. Suivez le(s) guide(s) !
Deûle
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