Aeviterne – The Ailing Facade

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Style: Death Metal AtmosphériqueAnnee de sortie: 2022Label: Profound Lore

Un délicieux cauchemar… Voilà comment on pourrait définir le voyage proposé par Aeviterne sur son premier album The Ailing Facade. Et aussi une putain de découverte que l’on doit au label Profound Lore, merci à lui.

Aeviterne sont américains (de New-York) et se sont formés en 2015 sur les restes de Flourishing, un groupe de bons gros furieux qui n’ont sorti qu’un seul album en 2011 (dans un registre death/grind) avant d’entrer en sommeil profond. Et le réveil sous la forme d’Aeviterne (dont 2 membres sur 3, le chanteur guitariste et le bassiste, faisaient partie de Flourishing, complétés par un batteur pas connu a priori mais extrêmement compétent, et du guitariste du groupe Artificial Brain, Samuel Smith) fait très très mal… A noter que les américains ont d’abord sorti un EP de 2 titres en 2020, dont je n’avais pour ma part pas entendu une seule note avant d’entendre ce premier album longue durée, mais qui rétrospectivement se situait déjà parfaitement dans la lignée de ce qui était nous attendait cette année.

A la nuance près que le son du groupe sur the Ailing Facade est un peu plus propre que celui de Sireless (titre de l’EP de 2020 donc). La production signée une fois encore par l’hyperactif Colin Marston (Krallice, Gorguts entre autres) est parfaite et aussi très claire, ce qui est à mon sens l’idéal pour bien saisir les nuances de la musique des new-yorkais. Musique qui se situe encore et toujours dans le registre d’un death metal claustrophobique et étouffant, ambiance que la pochette bien malsaine illustre à merveille.

Un death metal qui ne cherche pas l’hyper-vitesse même si le groupe s’autorise ponctuellement quelques accélérations bien senties (dès le premier titre « Denature » notamment), mais qui cherche plutôt à étouffer l’auditeur à coups de dissonances qui rapprochent quelque peu le groupe de Gorguts ou Ulcerate, mais avec également des mélodies inquiétantes et assez géniales dont les plus mémorables sont sans doute celles de « Still the Hollow’s Way » ou « The Gaunt Sky » bien que je sois aussi assez friand de celles de « The Reeking Suns » (à partir de 2 min environ), mais aussi des assauts bien flippants sur la première moitié de l’excellent « Obeyance ». On décèle aussi des passages quasi-industriels (qui font le lien avec Godflesh qui est une influence revendiquée par le groupe, en plus de celle d’Immolation) comme sur le démarrage du morceau titre, qui est d’ailleurs le seul titre 100% instrumental. On n’y entend donc pas les aboiements impressionnants de Garett Bussanick qui sont pourtant un autre point fort du groupe (qui n’en manque décidément pas). Mais le plus grand talent du groupe est à mon sens de ne jamais céder au « chaos pour le chaos » et donc de rester lisible sans jamais devenir saoulant ou fatiguant à l’écoute. Les new-yorkais, grâce à ce chaos maîtrisé associé à une batterie virevoltante impressionnante nous emportent au contraire dans une sorte de transe jouissive pendant les 50 minutes que dure l’album.

Tous les titres sont excellents et suffisamment immersifs pour que le voyage ne paraisse jamais long et qu’on ait en effet plaisir à le vivre du début à la fin. The Ailing Facade est une petite bombe de death metal sophistiqué mais jouissif, très recommandé aux amateurs des groupes cités et de death metal aventureux qui ne mise pas tout sur la brutalité. You know who you are !

Tracklist :
01 – Denature
02 – Still the Hollow’s Sway
03 – Penitent
04 – The Reeking Suns
05 – The Gaunt Sky
06 – Obeyance
07 – The Ailing Facade
08 – Dream in Lies

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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