The Ocean – Holocene
Chronique du Moment Post Metal Ambiancé

The Ocean – Holocene

krakoukass
krakoukass
Auteur
19 mai 2023
il y a 3 ans
3,897 vues
Année de sortie
2023
Note
Le dernier projet musical du groupe explore de nouvelles dimensions en intégrant des éléments électroniques, tout en conservant son identité post-metal, et se distingue par des collaborations vocales marquantes et une structure de morceaux captivante, bien que certains passages semblent prolonger l'album de manière artificielle.
The Ocean – Holocene

Même si la sortie d’un nouvel album de The Ocean est (pour moi en tout cas) moins évenementielle qu’elle le fut à une certaine époque (Aeolian et Precambrian restant, probablement définitivement, intouchables à mes oreilles), je garde un respect éternel pour ce groupe qui m’a tellement marqué… et je continue donc toujours de suivre avec grande attention la suite de ses aventures musicales. Et leur précédent album en date, Phanerozoic II, avait du reste permis de raviver mon vif intérêt pour le groupe, intérêt qui s’était émoussé sur le précédent opus du groupe (Phanerozoic I donc) sur lequel le groupe apparaissait un peu en roue libre.

J’étais donc assez curieux et même passablement excité de voir à quoi allait ressembler le dixième opus de la bande à Robin. Et qu’on se le dise, cet Holocene fera date dans la discographie du groupe tant il voit ce dernier aller considérablement plus loin que d’habitude et introduire de sérieux changements dans son post metal par ailleurs parfaitement référencé.

En effet, si la présence d’un discret saxophone n’a plus rien de révolutionnaire (cf « Sea of Reeds » ou « Atlantic » entre autres car on retrouve le saxo sur de nombreux titres) de même que le ton posé de certains morceaux, The Ocean nous ayant déjà fait le coup sur Precambrian, force est de constater que les berlinois vont encore un peu plus loin ici, proposant une intégration de l’électronique dans certains morceaux, qui peut évoquer la froideur d’un Massive Attack période 100th Window (dès le début de l’album avec « Preboreal » mais aussi sur « Subboreal » et le titre qui le précède, « Atlantic » sur lequel les guitares n’apparaissent qu’au bout de 5 minutes). Et passée la surprise de la première écoute, il faut reconnaître que cela fonctionne vraiment bien et que donner le rôle principal aux machines s’avère étonnamment adapté à la musique du groupe. Rossetti fait aussi merveille dans son registre, faisant alterner ou même se superposer son timbre clair et ses grondements que l’on connaît maintenant parfaitement. Pas de Tomas Hallbom en invité cette fois-ci, mais on compte quand même une invitée, qui colle probablement beaucoup mieux au registre développé sur Holocene, que ne l’aurait fait l’ancien hurleur de Breach. Il s’agit de Karin Park (chanteuse de Årabrot) dont le timbre triste et fragile au possible évoque carrément celui d’une Beth Gibbons (Portishead) et fait lui aussi merveille sur « Unconformities », avant que Rossetti vienne à mi-titre poser des vocalises furibardes étonnantes dans un crescendo diabolique qui finit par tout exploser sur son passage.

On mesure une fois de plus la grande expérience du groupe et sa capacité affinée au fil des années, à écrire des morceaux qui s’enchaînent bien ainsi qu’à captiver aussi sur au moins 7 titres, puisque, c’est là mon seul regret, si j’ai tendance à trouver que l’album s’écoule parfaitement et ne contient pas une note de trop jusqu’à la fin de « Parabiosis », je fais à chaque écoute le même constat s’agissant de « Subatlantic », qui me paraît faire un peu artificiellement s’étirer en longueur l’album (bien que ne faisant pas tâche qualitativement) lequel aurait en conséquence mérité selon moi de s’arrêter sur « Parabiosis », conclusion plus appropriée de l’album à mon sens.

The Ocean réussit en tout cas ici sa mue, fut-elle seulement temporaire, et on a hâte d’entendre la suite des aventures du groupe allemand qui ne devrait en toute logique toujours pas décevoir ses fans avec ce très bon cru 2023, pour peu que ces derniers soient ouverts à la nouveauté!

Tracklist :
01 – Preboreal
02 – Boreal
03 – Sea of Reeds
04 – Atlantic
05 – Subboreal
06 – Unconformities
07 – Parabiosis
08 – Subatlantic

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

Post Metal Ambiancé

Famille/Genre

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Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

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