A l’instar de Hundredth (qui est passé du punk hardcore à de la pop entêtante), les trois allemands de Lifetaker effectuent eux aussi avec ce Herbsthunde un sacré virage musical ! Ayant connu des premières années bien radicales dans un death/grind sauvage à la Nasum tout en empruntant quelques envies chaotiques d’un Converge, le groupe originaire de Dortmund a décidé de passer à un son plus torturé et contenant pas mal de bidouillages sonores.
En effet, c’est du côté de l’indus que s’oriente ce nouvel EP, de quoi bien surprendre leur fanbase habituée à des blastbeats bien brutaux sur des durées ramassées. Cette fois, l’ambiance est presque au dancefloor version batcave sauf que les vocaux sont arrachés (bien déments parfois, presque dans l’esprit de The Body) et fondus dans la disto, une disto exagérément saturée mais qui contribue à installer ce climat d’épouvante. Une atmosphère moribonde jouant avec la saleté mais qui demeure accessible et même hypnotique dans sa superposition de textures cauchemardesques (l’incroyable enchainement « Schattenkabinett »/ »Alpha Centurio »/ »Maschinensturm » donnant envie de tout détruire autour de soi avant de danser sur les gravats).
Alors oui, c’est un sacré grand écart au vu de leur passif de grindeux bas du front mais cette facette indus dérangée (notamment la conclusion « Herbsthunde der Karpaten » aux chuchotements qui résonnent se transformant en plaintes surplombées de grésillements glauquissimes) va comme un gant à nos trois allemands. Du défouloir à la terreur nocturne, il n’y a qu’un pas que Lifetaker franchit bien volontiers. Un excellent EP comptant parmi les meilleurs formats courts de 2025.
- Totsignal
- Schattenkabinett
- Alpha Centurio
- Maschinensturm
- Herbsthunde der Karpaten
Lifetaker
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