Cette fois on y est. Les athéniens avaient déjà sorti en 2024 un Magna Mater de (très) bonne facture, mais j’avais au final déploré que le groupe peine à maintenir l’attention de l’auditeur (en tout cas la mienne) sur la durée de l’album entier. J’avais cependant été très emballé par certains morceaux qui laissaient peu de doute sur le fait que le groupe avait beaucoup de potentiel qui ne demandait qu’à éclore pour de bon. A noter que le groupe avait aussi sorti 3 albums avant Magna Mater, il est donc plus que possible que certains d’entre vous aient déjà été emballés par ce que le groupe avait à proposer sur ces premiers albums (même s’il semble admis qu’il y a tout de même un vrai saut en qualité entre le premier et le deuxième disque) même s’il me semble être encore assez confidentiel et peu connu.
Mais ce serait injuste que ce manque de popularité perdure, car pour ma part vous l’avez compris, T, qui sort aujourd’hui même, est l’album de la révélation. Un album sur lequel le groupe fait en effet selon moi la pleine démonstration de son potentiel.
Petite présentation rapide avant de rentrer dans le vif du sujet, Mother of Millions est donc un groupe grec, formé en 2008 à Athènes, et qui oeuvre dans un metal progressif qui peut rappeler des noms comme Leprous, Pain of Salvation (notamment dans l’importance de l’intensité vocale) voire Haken.
Mais ce que le groupe semble posséder qui le distingue de ses pairs précités, tient à la dimension très cinématographique de ses compositions. Il se dégage un souffle épique et pratiquement antique qui est probablement exacerbé par l’origine du groupe, mais qui n’en est pas moins troublant. Difficile en effet d’expliquer exactement et objectivement ce qui provoque un tel ressenti. Et pour autant la pochette ne confirme pas cette impression, et le groupe indique sur son bandcamp que les paroles de l’album le positionnent plutôt dans une approche faisant référence aux poètes américains du 19ème siècle.
Si le chant est majoritairement chanté en voix claire, il arrive que des voix plus rauques, proches du death soient aussi mobilisées, comme sur l’épique « The Sun » ce qui permet d’accentuer la tension dramatique quasi cinématographique de l’œuvre des grecs. Au-delà du chant des « spoken words » (en grec a priori) sont aussi de la partie sur « The Sun » à nouveau, mais aussi sur « the Ascent » qui sert de césure entre la première et la moitié du disque. On a aussi droit en back, en chœur (sur « the One » par exemple) mais parfois en lead, à des vocaux féminins distillés avec suffisamment de parcimonie et d’intelligence pour en faire un atout supplémentaire dont peut se prévaloir le groupe.
De même que s’agissant de l’instrumentation et des orchestrations qui sont riches sans être trop ampoulées, à l’image des cordes sur l’intermède « As One » qui vient compléter la partie vocale féminine, et avec ce violon sur le titre suivant « the One ». C’est beau et subtil sans que la puissance soit oubliée grâce à moults riffs de guitares puissants qu’on retrouve régulièrement sur le disque.
Le seul reproche que je pourrais faire à cet album tient au fait que le superbe titre de conclusion « Death » sur lequel le chant féminin est à l’honneur, est bien trop court et aurait pu se développer à mon sens sur quelques minutes supplémentaires. Au bout de 3 minutes c’est déjà fini alors que c’était une fois encore absolument superbe.
Mais ce détail mineur ne doit pas vous empêcher d’écouter cet très bel album, qui fera partie à mon avis des meilleures sorties de l’année dans le genre.
Tracklist :
01 – the Wound
02 – the War
03 – the Aftermath
04 – the Innocent
05 – the Ascent
06 – As One
07 – the One
08 – the Circle
09 – the Sun
10 – Death
Mother of Millions
jonben
il y a 3 semainesLe coté cinématographique, c’est l’aspect « mur de son » de la disto, des synthés et chœurs, qui les rapproche je trouve plus du Post-Rock que du Prog, une sorte de Post-Metal chanté grandiloquent.
Étonnant de constater l’étendue du Metal Prog. Dans ma chronique du Advent Horizon, je mentionne Artificial Silence et Stellar Circuits, et Mother of Millions sont encore sur une vision complètement différente.
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