Officiant dans QOYA (dont je vous ai parlé du dernier album Karma il y a un an), Quentin Chazel s’éclipse parfois de son groupe afin de faire de la musique seul. Fondé cette année, Funeste se distingue pas mal de son autre projet via son atmosphère générale…
Nous contant des histoires de deuils maritimes au sein d’un ancien océan, Naufrage nous plonge (c’est le cas de le dire) dans ses limbes à base d’ambiances feutrées et touchantes. Quelque part entre ambient et darkwave, les quatre compos de ce premier EP enveloppent l’auditeur dans un écrin de tristesse. Les effets vaporeux comparables aux embruns et la voix mélancolique (voire fantomatique comme sur « Polaris », elle aussi prise dans l’écho) produisent un effet intimiste particulier additionné d’un mystère permanent.
Orné d’une cover empruntée à Gustave Doré, ce premier EP nous immerge à la recherche de ces épaves oubliées et de leurs occupants. Annonçant au niveau des influences Dead Can Dance et Depressive Silence (dungeon synth), j’y ajouterais un peu de Have A Nice Life au niveau vocal (autre groupe délivrant une musique hautement contemplative et trouble à la fois).
Funeste produit une musique foncièrement triste mais avec une fragilité explorant des sensations ambivalentes. En bref, on ne fait parfois pas vraiment la distinction de savoir si l’on plane ou si l’on coule mais qu’à cela ne tienne, la sensation créée se rapproche de la transe. Seul le bruit des vagues concluant l’EP nous ramène sur la terre ferme…
Funeste
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