Débuté comme un projet solo du guitariste/chanteur Rusty Colton en 2016, Pretty Baby est aujourd’hui un groupe à part entière puisque trois autres musiciens l’ont rejoint. Layaway Plot propose là une vision très particulière du post-hardcore puisqu’elle mélange tout plein d’influences venues de divers horizons.
Se revendiquant notamment de la grande époque de Dischord Records (label légendaire qui a vu passer Fugazi, Minor Threat, Dag Nasty ou encore Faraquet), le quartet de Charlotte ajoute pas mal d’expérimentations et d’atmosphères à son approche, notamment grâce à l’utilisation de quelques accompagnements au synthé (dans un esprit expérimental les rapprochant -légèrement – de Boards Of Canada). Apportant une touche d’ambient à l’intro « Late Antique Little Ice Age » ou en final de « Atom Bomb », son utilisation n’est pourtant qu’une infime partie de ce que propose « Pretty Baby ».
Passant d’un hardcore noisy et furieux (« Heart Failure ») à un post-punk haché (« Sleepdrunk »), l’univers de Pretty Baby a les idées larges, sonnant souvent rugueux mais trouvant de soudaines illuminations devenant obsédantes (l’hymne « Ghost Teller » ou le fabuleux « Grappled & Poisoned » qui passent tous deux d’une tension à vif à des refrains tellement évidents, option guitare acoustique et chant rappelant Soul Glo pour le second).
Expérimentant pas mal, passant souvent du coq à l’âne (comme sur « 8:25PM Greenwish Fucking Mean », entre spoken words, post-rock et mélodies émotionnelles) et demeurant sombre jusqu’à son terme (car né suite au décès de la mère de Colton en 2023), Layaway Plot est de ces albums qui apparaissent de prime abord comme un fourre-tout un peu confus avant de gagner en cohérence au fil des écoutes. Dense mais captivant, une exploration du deuil pleine de remous pour un album intensément marquant.
Pretty Baby
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