The Reticent – Please
Chronique Death Progressif/Rock Progressif

The Reticent – Please

jonben
jonben
Auteur
30 novembre 2025
il y a 9 mois
10,412 vues
Année de sortie
2025
Note
Cet album explore des thèmes intimes liés à la santé mentale, en mêlant Death Metal et Rock Progressif. C'est un bel album dans le genre, mais il souffre de segments en spoken word qui détournent l'attention des compositions musicales.
The Reticent – Please

Avec Please, The Reticent poursuit une démarche amorcée sur leur premier album sorti en 2020 The Oubliette, cet album de death metal progressif où Chris Hathcock — seul aux commandes — livrait une œuvre profondément marquée par l’influence d’Opeth (époque Ghost Reveries), entre passages Death, sections plus prog, percussions, piano et même du saxophone. J’avais été impressionné par la variété des arrangements et surtout par la qualité du chant, capable d’incarner toute la détresse d’un récit tournant autour de la maladie d’Alzheimer sans sombrer dans le pathos. Pour un projet entièrement solo, c’était déjà une véritable prouesse.

Please déplace la focale vers un terrain encore plus intime : la santé mentale, les crises de panique, l’insomnie, la dépression, les pensées destructrices. Là où The Oubliette racontait la décomposition d’un être cher, Please plonge dans la lutte intérieure et dans la manière dont ces démons étouffent le quotidien. Musicalement, l’album reste à la croisée du Death Metal et d’un Rock Progressif chargé d’émotions, renforcé par des guitares nerveuses. Des titres comme “Bed of Wasp” retranscrivent presque physiquement une crise d’angoisse, tandis que “The Riptide” et “The Chance” comptent parmi les passages les plus poignants de la carrière du projet, avec une intensité mélancolique qui pourra rappeler Woods of Ypres.

Mais Please pâtit d’un choix artistique qui, pour moi, affaiblit clairement l’ensemble : les multiples segments en spoken word. L’intro et les trois interludes sont centrés sur des messages “éducatifs” autour de la santé mentale. Franchement, sans ces quatre morceaux, l’album s’en porterait bien mieux. Il ne resterait que six véritables titres — chacun entre six et huit minutes — ce qui rend le disque un peu court mais cohérent. Pour être direct : je n’écoute pas de musique pour entendre des discours “santé mentale” en spoken word. Ça n’apporte rien aux morceaux, au contraire, ça en détourne l’attention : ils coupent l’élan, alourdissent l’écoute et rompent l’immersion émotionnelle.

Reste que lorsqu’il s’exprime à travers la musique pure, sans artifices narratifs, Hathcock touche juste : sincérité brute, fragilité assumée, une écriture frontale qui fait écho à ce que beaucoup traversent aujourd’hui. Après la narration maîtrisée de The Oubliette, Please fonctionne surtout comme un exutoire, un miroir émotionnel. Un album court, imparfait, mais profondément humain.

Artistes / Groupes

Genre selon le Chroniqueur

Death Progressif/Rock Progressif

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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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