Vous l’aurez deviné rien qu’en regardant la pochette de l’album dont il s’agit : on va parler du nouvel album de Fátima, un groupe dont l’identité visuelle est tellement travaillée et particulière qu’elle en devient un trait de caractère et permet d’identifier immédiatement les travaux du trio.
Après l’extra-terrestre, le sasquatch (ou yéti, superbe pochette encore en tout cas, toujours concoctée à la main dans la veine des précédentes) et avec lui un retour du groupe qui enchaîne depuis 2018 les sorties à un rythme régulier, avec un album tous les 2 ans. Et si Eerie m’avait quelque peu déstabilisé et un peu déçu, surtout qu’il avait la lourde tâche de succéder à mon favori Fossil, ce Primal renoue avec le Fátima que j’aime, énergique en diable, avec toujours des influences orientales un peu plus diluées/mélangées (mais pas absentes, on y reviendra).
Ce qui est sûr c’est que l’on reconnaît le groupe immédiatement, dès que l’excellent « Sassquatch » démarre. Et mise à part la parenthèse « Dog Ham », qui est un morceau plutôt cool qui calme un peu (trop) le jeu (et qui est sans doute le morceau que j’apprécie le moins avec ce rythme un peu lancinant), le ton est plutôt globalement enlevé sur l’album même si la conclusion plus en douceur et un peu psyché « Waters of Babylon » fera figure de 2ème exception à la règle, tout en gardant ma préférence sur la première.
Et je tempère immédiatement mes propres propos : n’allez pas en effet croire que Fátima a viré punk et ne propose que des morceaux frondeurs et expédiés en 3 minutes. Car même les titres plutôt directs présentent toujours des nuances bienvenues comme ce ralentissement « doom » sur « Sassquatch », alors que sur « Mammoth Graveyard » c’est plutôt une tension qui s’installe malgré un tempo assez médium et finit par déboucher sur le bien frondeur « Killer Wart Hog ». Même si rien n’a fondamentalement changé dans le style du groupe, on réalise à l’écoute de ces nouveaux titres, combien les français, forts d’une production et d’un son particulièrement affutés, semblent plus sûrs de leurs armes que jamais : la basse vrombissante d’abord et bien présente dans le mix, les guitares qui continuent à distiller ponctuellement ses mélodies aux influences orientales, et bien sûr le chant grunge d’Antoine qui porte toujours cette fragilité cobainienne tout en gagnant encore en personnalité pour qu’on ait failli ne pas citer l’inévitable référence.
L’excellent « Chilled Monkey Brains » qui retient bien l’attention lui aussi pour les même raisons que le précité « Killer Wart Hog » dans un registre en apparence très proche avec là aussi ses petites mélodies orientalisantes, ce solo qui enfonce le clou mais avec ce break qui vient apporter une certaine lourdeur qui posera l’ambiance jusqu’à la fin du titre. Même « Gazelle Horns » qui commence gentiment s’avère monstrueux avec ses mélodies qui s’incrustent, et ses percussions tribales du meilleur aloi. Le groupe fait montre d’une inspiration toujours épatante, même en sortant des albums aussi rapprochés et contrairement à ce que j’avais pu craindre sur Eerie.
On n’oubliera pas de mentionner le morceau titre avec ses 6 minutes qui s’avère être une belle réussite également plus nuancée, et toujours aussi aboutie d’un point de vue mélodique avec un Antoine qui laisse brillamment sa guitare s’exprimer davantage que sa voix. Superbe titre.
Vous l’avez compris, ce retour de Fátima est un retour en belle forme qui me ravit et redresse solidement la barre après un Eerie légèrement décevant. Bravo Messieurs!!!
Tracklist :
01 – Sassquatch
02 – Mammoth Graveyard
03 – Killer Wart Hog
04 – Dog Ham
05 – Chilled Monkey Brains
06 – Gazelle Horns
07 – Primal
08 – Waters of Babylon
Fátima
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