Karmanjakah – Diamond morning
Chronique du Moment Djent/Progressive Rock

Karmanjakah – Diamond morning

jonben
jonben
Auteur
19 mai 2026
il y a 4 mois
13,071 vues
Année de sortie
2026
Note
Un album de Djent lumineux et émotionnel où Karmanjakah équilibre parfaitement riffs massifs, mélodies aériennes et ambiances contemplatives pour livrer l’une des sorties les plus marquantes du Metal Progressif moderne récent.
Karmanjakah – Diamond morning

La Suède continue de produire des groupes capables de repousser les frontières du Metal Progressif moderne, et Karmanjakah fait clairement partie de cette nouvelle génération. Souvent rapproché de Vildhjarta, pionnier du thall et de son Djent ultra sombre et hachuré, le groupe de Stockholm évolue pourtant à l’extrémité opposée du spectre émotionnel. Là où leurs compatriotes plongent dans une noirceur oppressante, Karmanjakah privilégie la lumière, les textures aériennes et des mélodies presque apaisantes, sans jamais abandonner la puissance des riffs syncopés qui définissent ce courant musical. Sur Diamond Morning, le groupe pousse encore plus loin cette identité singulière : des mélodies lumineuses, un chant aérien, mais derrière des guitares massives. On pense parfois à Disperse, VOLA ou encore Lattermath dans cette manière de rendre le Djent émotionnel et lumineux sans perdre son impact.

Si leur premier album laissait déjà entrevoir un certain potentiel, Diamond Morning apparaît bien plus maîtrisé dans sa construction, son équilibre et sa direction émotionnelle. Le groupe décrit lui-même ce disque comme une photographie cathartique de leurs émotions et expériences personnelles.

L’ouverture avec « Dove » donne immédiatement le ton : des guitares Djent massives, des rythmiques écrasantes, mais aussi des voix chaleureuses et accueillantes qui créent un contraste particulièrement addictif. Très vite, Karmanjakah démontre qu’il ne cherche pas simplement à empiler des morceaux techniques. « Eyes Seeing Eyes », probablement l’un des sommets du disque, ralentit le tempo pour laisser respirer le piano et les ambiances mélancoliques. Il faut attendre plus d’une minute avant que les riffs lourds n’explosent réellement, mais cette montée en puissance sert avant tout les mélodies. Le morceau résume parfaitement l’identité du groupe : une agressivité massive qui reste toujours au service de l’émotion.

Tout au long de l’album, Karmanjakah joue avec les contrastes et les transitions. « Sun, astray » et « Moon, astray » forment un diptyque particulièrement réussi, tandis que « Sapphire » et « Ruby » explorent des terrains plus atmosphériques, parfois proches du jazz fusion et du shoegaze, rappelant ce que peut proposer le guitariste Plini. Ces courtes interludes apportent énormément de relief sans casser la cohérence de l’ensemble, et les morceaux s’enchaînent avec une fluidité remarquable.

La voix participe énormément à cette identité. Là où beaucoup de groupes du genre misent sur les cris et la brutalité, Karmanjakah assume pleinement une approche plus aérienne et émotionnelle, donnant à l’album une dimension beaucoup plus accessible et lumineuse que la plupart des productions affiliées au Djent contemporain.

Avec Diamond Morning, Karmanjakah affirme enfin une identité propre dans une scène parfois enfermée dans ses codes. Lumineux, émotionnel, massif et étonnamment accessible malgré sa complexité, cet album s’impose déjà comme l’une des belles surprises de l’année dans le Metal Progressif moderne.

Artistes / Groupes

Genre selon le Chroniqueur

Djent/Progressive Rock

Famille/Genre

Tags Styles

jonben

jonben

Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

683 articles publiés

0 commentaire

Soyez le premier à partager votre avis !

Laisser un commentaire

Minimum 10 caractères. HTML basique autorisé.

* Champs obligatoires

Partager cet article