A.A. Williams aura pris son temps, mais voici enfin la suite d’As The Moon Rests (2022). Connue pour être très discrète, notamment avec sa manière de dissimuler son visage derrière ses épais cheveux noirs sur la majorité de ses photos promo, Solstice change diamétralement la donne dès sa cover. En effet, l’anglaise y apparait en photo de face, avec une teinte d’image toujours assez sombre certes, comme pour enfin totalement s’affirmer.
« Poison » puis « Wolves » vont confirmer ça en exprimant de manière plutôt « metal » (avec guitares acérées sur les refrains) son habituelle mélancolie. On se retrouve sur ce Solstice dans un vrai prolongement de son album précédent faisant alterner moments minimalistes avec des arrangements plus lourds et froids – pour son style j’entends (« Little By Little » où l’on passe d’une première partie avec violoncelle à un final post metal grandiose). Quelle que soit son approche, A.A. Williams conserve cette aisance à nous émouvoir via ses mélodies aux harmonies toujours aussi touchantes, pleines de subtilités et de textures derrière cette apparente fragilité.
Un peu comme une Chelsea Wolfe mais de notre côté de l’Atlantique, A.A. a minutieusement façonné chaque titre, chacun à sa manière nous enveloppant dans cette atmosphère intimiste, hypnotique, touchant en profondeur l’auditeur, et surtout d’une élégance rare. Le genre d’album à s’écouter en solo, de nuit ou simplement pour une bonne session de larmes.
A.A. Williams
RBD
il y a 2 moisIl tourne en boucle depuis qu’il est arrivé. La pochette à contrepied de l’attitude habituelle me paraît aussi un signe d’affirmation, de confiance en soi gagnée car le contenu ne montre aucune trahison putassière. On s’en doutait depuis les extraits en avant-première. L’unité depuis le premier mini est d’ailleurs assez remarquable. C’est toujours le même mélange de Post-Metal, Post-Rock d’esprit totalement gothique avec une forte inspiration néoclassique. Il révèle ses subtilités à mesure, sur un album qui cette fois encore ne faiblit pas sur la longueur, au contraire même.
C’est elle qui a tout fait à part la batterie. La basse, qui était absente à la dernière tournée, fait un retour discret au moins pour le studio. Le piano reprend plus de place, et la guitare est un peu bridée par rapport au précédent album. Et c’est là qu’est la petite différence, l’évolution attendue : « Solstice » a dépassé les tensions après le paroxysme, il renoue avec l’esprit plus intimiste de l’album de reprises. Ce qui est conforme à l’esprit dégagé par la tournée de cet hiver. À l’arrivée les nouveaux fans auront une image fidèle de l’ensemble, et les plus anciens retrouvent leurs marques et savourent écoute après écoute ce qu’offre la cuvée 2026.
Elle va faire la première partie de Chelsea Wolfe, bientôt. Mais ça passera loin de chez moi.
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