On l’aura attendu sept ans et le voilà enfin, le septième album de Verdun ! Le quartet montpelliérain a en effet bien pris son temps afin d’entamer sa mue suite à Astral Sabbath, dernier chapitre consacré à l’Amiral Masuka. Et pour marquer le début de cette nouvelle ère, quoi de mieux qu’une signature sur un nouvel label ? En l’occurrence, il s’agit de Transcending Obscurity Records, maison renommée de tout plein de groupes essentiellement du côté du death à tendance technique, mais contenant aussi quelques groupes de sludge comme Drofnosura.
Outre ce changement de crèmerie, la vraie révolution chez Verdun se trouve au niveau du chant. David Sadok a apparemment décidé de se passer les cordes vocales à l’ammoniaque puisque ses cris sonnent plus acides que jamais. Vous l’aurez compris, les montpelliérains ajoutent par là une bonne louche de black metal dans leurs riffs sludge, n’ayant pas fait de régime depuis sept ans.
On obtient ici un mélange de gras-double, de lenteur et de cris déments à la manière d’un Thou (période Summit), trouvant là l’équilibre entre la rondeur et l’aspect cru du sludge/doom façon Indian. Et ce, en n’occultant pas les mélodies au travers de cette atmosphère singulière, entre funéraire glacial et riffs tenant en haleine (« He who killed the Devil » où l’on a même quelques brèves vocalises clean allant du côté heavy de la force), trouvant là l’équilibre parfait entre l’hypnotique et l’abstrait (et ça ose même le chant en français comme sur « La Lame et la Chair » !).
Un gros changement sonore entamé lors du split avec Old Iron (2021) mais totalement assumé aujourd’hui, Verdun renouvelle ainsi son sludge/doom en conservant sa noirceur cosmique et accueille avec succès cette nouvelle forme d’agressivité dissonante (contrastée par quelques zones plus lumineuses). Paradoxalement plus catchy que jamais tout en densifiant son épaisseur, Abyssal Womb est une remarquable évolution pour le groupe, désormais prêt à conquérir le monde (notamment grâce à l’aura de son nouveau label), et c’est amplement mérité !
verdun
Krakou
il y a 2 moisExcellent en effet!
RBD
il y a 2 moisAu-delà des liens tissés avec certains membres passés et actuels du groupe, j’aime bien l’évolution de Verdun vers un terrain encore plus Metal, des compos plus compactes et moins psychédéliques. Ils se recentrent sur un Doom Sludge porté par le chant toujours plus halluciné de David. Introduire du français était périlleux, mais ça apporte une dimension différente quand il apparaît – et ils ont eu la sagesse de ne pas trop en abuser. Les riffs pesant me font penser à du Sabbath conduit par Eyehategod pour la dissonance, avec la noirceur désespérée d’Alice in Chains.
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