Presque vingt ans après leurs débuts, les suédois de Moloken font partie de ces groupes respectés mais trop méconnus car un peu trop dans l’ombre d’une autre fameuse formation d’Umeå, à savoir Cult Of Luna. Et comme leurs voisins, ils apprécient grandement mettre des atmosphères crépusculaires dans leur post-metal.
Mettant fin à six ans de silence, ce nouvel album sans titre revient à ce que le quartet sait faire de mieux, alterner noirceur et lumière au travers de titres plutôt longs prenant le temps de développer leurs ambiances. Mystérieuses et groovy à la fois avant d’exploser de rage puis d’intégrer des mélodies plus immersives (« Eternal Sleep »), la recette du groupe semble connue et ressassée sauf qu’elles sont là entre des mains expertes transportant sans trop d’effort le fan du genre.
Comprenant d’agréables réminiscences d’Isis (le son de basse, notamment sur le break central de « 21.12.21 ») accompagnée d’une belle lourdeur doom, Moloken sait aussi sortir des schémas préconçus du post-metal en allant chercher quelques éléments plus étonnants. A commencer par le chant clean un peu nasillard (mais émotionnel) de « Fault Line » ou d' »A Night Vision Revealed (Asterion Pt I) », celui totalement arraché en final du majoritairement instrumental « Fragments of Dark Matter » ou la guitare acoustique de « En Lek Med Döden », de quoi montrer que les ouvertures sont possibles dans le style.
Un style qui restera globalement assez familier sur ce cinquième album des suédois, ces derniers offrant là une juxtaposition de puissance et de finesse, de poids et de volutes plus légères propices à une agréable introspection.
Moloken
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