Sybreed – Antares

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Style: cyber metal qui tueAnnee de sortie: 2007Label: Listenable

Putain que j’adore ce groupe (désolé de débuter cette chronique comme ça mais bon c’est vrai !). J’avais littéralement craqué sur le précédent album, Slave Design sorti en 2004-2005 (suivant les pays), tout simplement le meilleur album de cyber-métal de l’époque.
C’est donc avec une énorme satisfaction que j’ai appris la signature récente de Sybreed chez Listenable Records. Aucun doute, Listenable a fait là une excellente affaire.
Bon allez, j’avoue, à la satisfaction s’est tout de même mêlée une pointe d’appréhension au moment de débuter l’écoute de ce nouvel album, Antares. Drop, Ben et la bande, allaient-ils réussir à égaler, voire à surpasser ce coup d’essai aux allures de coup de maître ?
J’aurais du avoir confiance, une confiance absolue, car la réponse n’est pas oui, mais bel et bien OUI.

Il est vrai que les sorties en cyber métal sont plutôt rares de nos jours, raison de plus pour que les amateurs du genre soient bien inspirés d’oublier rapidement les autres groupes, et par exemple (au hasard) le cas Mnemic, pour se pencher (si ce n’est déjà fait) sur Sybreed. Clairement les suisses ne jouent pas dans la même catégorie que les autres et ont vraiment plusieurs longueurs d’avance. Il faut dire qu’ils ont pu capitaliser sur l’expérience Rain qui était déjà loin d’être inintéressante (Starlight Extinction est excellent pour info).

Peu de choses ont changé par rapport à Slave Design, les compos sont toujours aussi inspirées et réussies, tout sauf simplistes. Les influences SYL, Meshuggah, et Fear Factory sont toujours là, le groupe n’a pas revu fondamentalement la donne, mais a préféré enrichir et affiner encore davantage la recette. On retrouve donc avec bonheur ces compositions riches, gorgées de samples, puissantes certes mais aussi empreintes d’une grande mélancolie.

Musicalement ça tient donc complètement la route, même si Sybreed ne fait toujours pas dans la grande démonstration technique. Les rythmiques hâchées un rien meshuggiennes (simplifiées) ont le mérite d’être toujours à la fois entraînantes et suffisamment « complexes » pour ne pas paraître linéaires et chiantes. Ben chante toujours aussi bien, alternant avec brio les passages agressifs (ils le sont vraiment) et les passages en chant clair qui sont toujours parfaitement assurés. Loin de tomber à plat et de sonner aussi mièvres et forcés que chez (beaucoup) d’autres groupes, ils permettent au contraire de faire passer les émotions véhiculées de la colère à la détresse la plus émouvante (« Orbital » est un très beau titre, tout comme « Ethernity ») et ils font parfaitement le lien avec les influences new wave que le groupe revendique…

On notera qu’au moment de l’enregistrement le groupe avait perdu son batteur (Alex) et n’avait pas encore trouvé un nouveau batteur à temps plein (c’est chose faite depuis, puisque le dénommé Kevin a été recruté). Pas de chance car ils ont du coup été obligés de recourir aux services de Dirk Verbeuren (Soilwork, Scarve ?, et 50.000 participations diverses). Ca craint hein ?
Pas que la musique (plutôt basée sur les rythmiques carrées et millimétrées) de Sybreed exige un batteur des plus techniques, mais tout de même il faut reconnaître que certains passages de batterie sont du coup véritablement orgasmiques (le fantastique « Revive My Wounds » par exemple, les blasts sur « Emma – 0 »…) : le phénomène Dirk a encore trouvé le moyen de mettre sa patte dans l’affaire et le résultat est donc encore plus excellent que sur le précédent album du groupe.

Ce même précédent album contenait déjà son lot de pépites… Et bien, certains titres de Antares sont absolument dantesques : « Revive My Wounds », « Isolate », « Dynamic », « Twelve Megatons Gravity » ou « Orbital » ne sont que quelques exemples du talent de composition de la bande et surtout de Drop (qui reste le compositeur de plus de 95% de la musique) : loin d’être formatés, les titres sont au contraire bien développés (dans les 5 minutes quasiment à chaque fois, souvent davantage), très intéressants tout en restant assez accrocheurs. Il faudra toutefois quelques écoutes pour bien appréhender l’ensemble et tomber sous le charme d’Antarès. Le groupe est tellement sûr de lui qu’il se permet même de conclure l’album avec le très bon « Ethernity », dans un registre plus calme mais non moins réussi qui fait d’abord la part belle à la non moins belle voix de Ben, avant de laisser parler les machines.

La production, dans la continuité de celle de Slave Design est à la fois claire, puissante, et froide, comme l’exige la musique du groupe.

Bref, tout est parfait dans le meilleur des mondes. Tout ? Oui. Tout!
Cet album est une bombe atomique dans le style, je ne lui trouve pas la moindre faiblesse, désolé pour les grincheux (allez on va dire hormis une pochette pas super jolie). Certes il n’y a pas de révolution au sommaire, mais on s’en tape de chez tape. Des disques de cette hallucinante qualité, moi j’en veux bien tous les jours, originalité ou pas.

Hop hop hop, dans mon top 5 de l’année et plus vite que ça !

  1. emma – 0
  2. ego bypass generator
  3. revive my wounds
  4. isolate
  5. dynamic
  6. neurodrive
  7. ex-inferis
  8. permafrost
  9. orbital
  10. twelve megatons gravity
  11. ethernity
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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6 Commentaires

  1. Faya says:

    Je n’ai réellement aimé le « cyber metal » que chez ses fondateurs cité dans la chronique. Ce n’est pas mon style de prédilection mais je jetterai une oreille sur ca puisque ca m’a l’air d’etre une référence actuelle :)

  2. kollapse says:

    Pareil, le cyber c’est pas vraiment ma cup of tea. Mais leur premier album était plaisant donc je jeterai une oreille sur celui-ci.

  3. Gemini says:

    Il sort début Octobre je pense. Impatient de l’écouter car il est apparemment aussi bon que le premier (que j’avais découvert grâce à Krakoukass soit dit en passant…)

  4. OiM says:

    J’ai la chance de pouvoir l’écouter depuis un bout de temps déja et je peu confirmer que cet album est vraiment une tuerie. Je pense qu’il plaira à une large palette de personne, des death métalleux aux cyber, vu les embiances diverses que l’on retrouve tout au long de son écoute.
    A acheter de toutes urgences (dès le 1er octobre en édition limitée s’il vous plait !!!)

  5. Marc says:

    A ma grande surprise, j’ai bien aimé ce disque, surtout parce que ça faisait longtemps que j’avais pas posé l’oreille sur un disque du genre. Très frais en tout cas. Ca me rappelle pas mal le In Flames dernière période (reroute to remains tout ça) dans certaines sonorités.

  6. jonben jonben says:

    Pas mal du tout effectivement, je me surprend à bien aimer même si à la base j’aime moyennement le style de sons électro futuristes utilisés.

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