Meshuggah – Obzen

Rhaaa celui-là autant dire qu’il est attendu comme le messie par nombre de fans à travers le monde. Pensez-vous, obZen est le premier véritable album (j’entends par là dans un format classique, avec plusieurs titres distincts) de Meshuggah depuis Nothing, donc depuis 2002 pour ceux qui ne suivent pas.
Si I est un excellent EP qui remplissait bien son rôle et inaugurait le concept d’un long titre unique, j’ai par contre été assez peu emballé par Catch 33 qui reprenait peu ou prou ce concept de titre unique (concept que je trouve d’une façon générale barbant au possible). De très bons passages (notamment sur la 2ème moitié de l’album), mais des longueurs –notamment au démarrage, un peu long- qui gâchaient un peu le bon effet global que pouvait faire l’album.

C’est donc avec une grande impatience que j’attendais ce obZen. Evacuons tout de suite ce futile aspect des choses : la pochette est vraiment très moche. En tout cas celle qui figure sur le fourreau, car la pochette apparemment « censurée » (c’est ce qui est écrit par le label, mais on se demande pourquoi elle aurait été censurée, mystère) qu’on peut découvrir sur le livret de l’album, est elle un peu plus réussie (c’est d’ailleurs elle qui agrémente cette chronique). Elle a en effet le mérite d’être moins centrée en gros plan sur cet odieux avatar virtuel que nombre de mauvaises langues ont eu vite fait d’affilier à Marilyn Manson (il faut bien avouer que…).
Mais « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » a écrit un jour le célèbre philosophe/politologue Jonben Von Cuitas, et c’est vrai que les pochettes de Meshuggah ont rarement été magnifiques (sauf celle de Catch 33 paradoxalement). Finalement la ligne de conduite des suédois reste la même en un sens.

L’album en lui-même commence magnifiquement bien : « Combustion » vous pète à la tronche comme une grenade, et s’inscrit directement dans la suite des meilleurs titres du combo suédois, avec cependant un côté plus thrash et direct que sur les précédents albums : implacable, vicieux, une très bonne entrée en matière !
« Electric Red » calme le jeu et renvoie à ce que le groupe a pu faire sur Nothing avec une rythmique plus tempérée et en moins bon tout de même.
« Bleed » est énorme. Superbe titre qui va sans nul doute aller lui aussi rejoindre les hits du groupe. Un peu dans la veine des titres de Chaosphere, ce titre est hypnotique, haletant, et on ne voit pas le temps passer (je suis toujours stupéfait de voir 7min22 s’évaporer aussi vite). Du grand Meshuggah.

Une petite parenthèse tout de même en passant : vous n’aimiez pas Meshuggah avant obZen ? Aucune chance que vous aimiez davantage aujourd’hui puisque la recette n’a pas changé : polyrythmiques en décalage guitare/batterie et chant arraché, avec en prime des solos venant de l’espace. Bref, inutile d’espérer vous mettre à aimer Meshuggah avec cet album, autant dire que ça a peu de chances d’arriver. Si vous trouviez ça monolithique et chiant, ce sera probablement toujours le cas. Fin de la parenthèse.

Poursuivons donc avec le très lourd « Lethargica » et sa chape de plomb qui vous tombe dessus à mi-titre : impressionnant une fois de plus.
« obZen » prend la suite avec une double rythmique à vous scotcher d’entrée au mur : le titre est assez court et d’une efficacité indéniable.
J’avoue que j’avais initialement dans l’idée de sabrer les deux titres suivants en les présentant comme des titres ratés. Mais ô problème, si je continue de penser que ce ne sont pas les plus réussis de l’album, il y a toujours quelque chose qui me scotche à mes écouteurs, même sur ces titres, un détail, un passage qui me fait dire « ouais quand même… ». Par conséquent, même si je continue de placer « This Spiteful Snake » et « Pineal Gland Optics » en queue (je vous arrête tout de suite, il n’y a pas de jeu de mot intentionnel…) de peloton, ça reste tout de même du bon.
Avec « Pravus » le niveau repasse un cran au-dessus : titre surexcité dans la lignée du titre d’ouverture de l’album, notamment avec ce final lumineux. Et ce n’est pas l’excellent « Dancers to a Discordant System » qui me contredira tant voilà un titre réussi avec sa première partie à la Sol Niger Within/Catch 33, son évolution de plus en plus frénétique, et ses vocaux chuchotés distordus, parfaite conclusion de ce très bon album.

Très bon donc, mais certainement pas aussi référentiel que certains de ses prédécesseurs (DEI et Chaosphere restant intouchables à mes yeux) la faute à quelques titres un peu en dessous. Il n’en reste pas moins que cette obscène sortie pas si zen que ça, sera sans aucun doute au rendez-vous dans les tops de fin d’année des fans et que les autres continueront probablement à rester perplexes face à ce groupe intriguant et unique.

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