Soilwork – Verkligheten

Pas de commentaires      435
Style: MetalAnnee de sortie: 2019Label: Nuclear Blast

J’ai d’abord cru devoir ajouter cet album à mes oubliés de 2018, mais après vérification j’ai pu constater avec satisfaction que ce nouvel opus de Soilwork était en réalité sorti en tout début d’année 2019… Et si on en parle ici mes amis, c’est que je n’aurais honnêtement jamais pensé retrouver Soilwork à ce niveau un jour après toutes ces années où je ne me retrouvais plus dans la musique des suédois… Ils sont pourtant objectivement revenus depuis quelques albums à un niveau qualitativement beaucoup plus élevé que les sorties qui ont suivi Figure Number Five (2003), mais j’avoue que je m’étais tout de même résigné à penser que le groupe ne parviendrait plus à égaler ses meilleures œuvres et qu’il nous condamnerait à regretter éternellement ces premières années. J’avais eu un début d’érection sur le précédent album du groupe, The Ride Majestic, mais comme je l’expliquais dans la bafouille rédigée à l’époque, il s’agissait d’une demi-molle et j’ai rapidement regretté d’avoir acheté cet album, certes correct, mais loin d’être transcendant, album que je n’écoute d’ailleurs quasiment jamais au final.

J’ai donc bien réfléchi et multiplié les écoutes du tout nouvel album, écouté d’ailleurs d’abord sans grande conviction (d’où cette chronique plutôt tardive) avant de me décider à en faire l’acquisition. Sans regret cette fois… Car Verkligheten (que l’on peut traduire du suédois par « Réalité ») m’a au final collé une sacrée mandale, remettant à mon sens le groupe à son plus haut niveau, au point même que ce nouvel album risque bien d’intégrer le top 3 de ses meilleurs albums dans mon palmarès. Et ce n’est pas rien de le dire tant un album comme Natural Born Chaos a pu compter dans mon parcours musical…

Avec cette superbe pochette, parfaitement mise en valeur dans un très beau digipack dont je conseille l’acquisition (digipack qui contient 4 morceaux bonus, une relecture à peine différente et sans grand intérêt de « Needles and Kin » mais aussi et surtout 3 très bons inédits), les suédois ont en outre réussi à proposer un ramage en adéquation avec leur plumage.

Alors autant être clair, on parle de Soilwork mais il ne reste au final qu’un seul membre d’origine, en la personne de l’indispensable Björn Strid « Speed » au chant. Celui-ci a néanmoins réussi à s’entourer d’une nouvelle équipe remarquable autour de lui, au sein de laquelle on compte Sylvain Coudret (excellent guitariste français qui jouait dans les regrettés Scarve), et surtout David Andersson, son comparse de Night Flight Orchestra, le groupe avec lequel il rend hommage de façon brillante au hard rock / classic rock des années 70’s/80’s. L’emprunte mélodique sur ses membres de ce dernier projet est à l’évidence forte, même si Soilwork, sans pour autant pratiquer un thrash ou un mélodeath comparable à celui de ses premiers albums, reste toujours (et heureusement) ancré dans un metal flirtant bien davantage avec l’extrême : ça joue vite, fort mais aussi avec un goût (et un talent) pour la mélodie devant lequel on ne peut que s’incliner. Puisqu’on parle de jouer vite et fort, évoquons le sujet de la batterie, puisque si vous n’avez pas suivi l’épisode récent, le monstrueux Dirk Verbeuren (lui aussi issu de Scarve) a quitté le groupe en 2016 suite à la proposition (difficile à refuser on peut le comprendre) d’intégrer Megadeth en tant que membre permanent.  Dommage pour Soilwork, mais pas trop de souci à se faire : son remplaçant qui n’est autre qu’un de ses anciens élèves, Bastian Thusgaard, assure plus que correctement le travail, livrant même une prestation franchement impressionnante au final.

Et on va le constater très vite une fois l’introduction éponyme passée, et qu' »Arrival » va débarquer à 200 à l’heure dans nos esgourdes… Morceau absolument F-A-N-T-A-S-T-I-Q-U-E (un des meilleurs jamais composés par le groupe), difficile de mieux commencer un album, avec notamment une prestation magistrale du batteur susmentionné. On en prend plein la tronche mais la dimension mélodique est également immédiatement présente pour notre plus grand bonheur : c’est beau (ces parties de guitare qui dressent les poils!), ça fracasse, et si on en doutait encore, on a une fois de plus la confirmation que Speed demeure un des meilleurs chanteurs de metal en activité, point barre, toujours aussi à l’aise dans les registres chantés comme sur les plus criés. Et qu’on se rassure, la suite sera à l’avenant, le tempo va certes ralentir quelque peu, mais les qualités mélodiques déjà évoquées seront elles toujours de la partie pour notre plus grand bonheur. On citera par exemple l’énorme « Full Moon Shoals » (cliquez en dessous et appréciez), alternant mélodies imparables et accélérations thrashy, voire explosions de blast-beats, ou « When the Universe Spoke » suivi de « Stålfågel », single imparable et futur classique des set-lists du groupe. « The Wolves are Back in Town » renvoie aux racines thrash du groupe et fonctionne également parfaitement grâce là encore à un refrain imparable, idem pour « Witan » et sa mélodie contagieuse, ou « The Ageless Whisper » qui commence presque comme une ballade avant que les suédois accélèrent le propos comme on l’attend. On peut quasiment tous les citer, mais on n’oubliera quand même pas de mentionner « Needles and Kin » sur lequel Speed est secondé par l’énorme Tomi Joutsen, chanteur d’Amorphis, pour un résultat évidemment plus que convaincant. Et le groupe ne lâchera rien jusqu’à la dernière note puisque le dernier titre « You Aquiver » (avec un featuring d’un certain Dave Sheldon, qui fut de façon très ponctuelle bassiste d’Annihilator) est simplement l’un des tous meilleurs morceaux de l’album et nous mettra sur les genoux avec son refrain infectieux et scandé (« Lash Out! »).

Tout cela est juste quasiment parfait du début à la fin, difficile de trouver le moindre reproche à faire aux suédois, littéralement touchés par la grâce sur ce superbe Verkligheten qui ne réconciliera certainement pas avec le groupe les fans du thrash pur et dur de Steelbath Suicide ou Chainheart Machine, mais qui pourrait ravir les amateurs de metal puissant et mélodique. Coup de cœur aussi inattendu que sincère en ce qui me concerne à l’arrivée!

Tracklist :
01. Verkligheten
02. Arrival
03. Bleeder Despoiler
04. Full Moon Shoals
05. The Nurturing Glance
06. When The Universe Spoke
07. Stålfågel
08. The Wolves Are Back In Town
09. Witan
10. The Ageless Whisper
11. Needles And Kin
12. You Aquiver

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 889 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *