Solstafir – Masterpiece of Bitterness

8 Commentaires      1 458
Style: black noise (sic)Annee de sortie: 2005Label: Spikefarm

Allons-y tout de go : Sólstafir et son Masterpiece of bitterness sont une belle découverte pour moi. Inconnu au bataillon il y a encore quelques semaines, c’est presque par hasard que j’ai fait la rencontre avec la musique de ce combo islandais, par le truchement d’un ami qui m’a, pour le coup, bien conseillé.
Et pourtant ça part mal : une espèce de Castafiore ouvre l’album avec une mélodie très enniomorriconienne, suivie par un riff de guitare qui est intégralement pompé sur les abominables français Forbidden Site (c’est un thème classique, je ne sais plus lequel et j’ai, de toute façon, la flemme de rechercher et la hantise de devoir réécouter FS. Beurk). Bref j’ai su résister à la tentation de couper net la musique au bout de 10 secondes. Et tant mieux car après ces intros au goût plus que douteux (je pense à une farce de nos islandais désopilants, je leur demanderai) le reste vaut son pesant de magma en fusion.

Le premier titre est un tour de force et représente aussi un sacré pari : il dure plus de 20 mns. L’auditeur doit d’entrée assimiler le morceau le plus long de l’album, tout en s’imprégnant de l’atmosphère étrange dégagée par la musique et le chant assez particulier et très rock n’roll de Aðalbjörn Tryggvason. D’autant que le son est plutôt old-school, loin, très loin des standards metal actuellement : ici point de trig ou autres saletés du genre. On arrive, on branche, on joue. Rock n’roll as fuck ! Ca suinte le vieux bourbon, les chevauchées en moto, les soirées de beuveries qui finissent dans une atmosphère de tabac froid… Tout en restant indubitablement ancré dans le metal. 2 univers différents se côtoient et pour faire vite, j’ai songé parfois à une improbable fusion entre Impure Wilhelmina, Entombed période rock et Enslaved pour l’esprit vicking qui habite cette œuvre. Le décor est planté. Ce premier titre donc, s’étire et prend le temps de développer une atmosphère à couper au couteau mais non dénuée de dynamique : alternance de gros riffs puis soudain une très longue plage calme avec une guitare qui assène 2 arpèges pendant une dizaine de minutes, leitmotiv entêtant autour duquel se posent une basse vrombissante, des voix et la sauce monte jusqu’à l’explosion finale. Une sorte de grand huit maîtrisé de bout en bout. 20 minutes sont passées sans une seule ombre d’ennui.

Après ce titre, une cassure au niveau de l’atmosphère se fait. Le reste de l’album est moins imprégné de ce « prog-vicking » et est ancré dans un metal épique de très bonne facture, évoquant tour à tour Bathory ou les pré cités Enslaved, certainement à cause de l’appartenance du groupe à une mouvance baptisée vicking metal (du reste il suffit de regarder les lyrics pour se convaincre qu’ils n’ont pas tourné cette page, mais qu’ils l’exploitent autrement). Les riffs de guitare se font tour à tour lourds, mélodiques, se déclinent en nappes. La batterie, au son très naturel) produit quelques accélérations foudroyantes mais reste globalement cantonnée sur un mid-tempo voire un tempo lent qui donne une puissance assez intéressante au tout. Les morceaux sont toutefois d’une durée qui force toujours le respect et permettent ainsi de bien appuyer sur l’épique ou le doux sans que l’ennui ne pointe sa triste figure une seule fois. Et sur ce terreau mélodico-vickingo- rock n’roll se pose donc la voix si particulière de Aðalbjörn Tryggvason, chantre rock d’un groupe finalement assez atypique. Une voix chaude, mélodique, abîmée par les excès, ce qui démultiplie sa capacité émotionnelle. Ou qui agace encore plus, selon la perception de chacun.

Sólstafir propose avec Masterpiece of bitterness un album ambitieux, long, épique, une saga comme seuls les nordiques et en particulier les Islandais savent le faire sans ennuyer l’auditeur. Le titre liminaire à lui seul justifie l’achat du disque. Il ressort de cette épopée une sincérité indéniable, et si elle s’inscrit définitivement dans la grande famille du metal, il en sourd toutefois des ambiances plus alternatives et une atmosphère qui ne se contente pas de ressasser les poncifs du genre. On ressent le brouillard, le froid, la neige mais aussi la chaleur des volcans, la fraternité virile de ces Nordmen dont les ancêtres ont créé un univers évocateur repris avec grande réussite. Un voyage dans une Edda séculaire et parfaitement maitrisée vous est ici proposée. Aurez-vous envie de vous y plonger ?

  1. i myself the visionary head
  2. nature strutter
  3. bloodsoaked velvet
  4. ljósfari
  5. ghosts of light
  6. ritual of fire
  7. náttfari
Up Next

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

8 Commentaires

  1. Devin says:

    Ouais , ce groupe est fabuleux. A écouter impérativement :D

  2. pearly says:

    Bien bonb album, intéressant, complètement plombé par un 1° morceau beaucoup trop long…. une outro en intro quasiment…..

  3. darkantisthene says:

    bon vus les groupes cités en référence je vais devoir écouter ce truc
    pfffff

  4. dah-neir says:

    « abominables français Forbidden Site » !!!!!

    sacrilège putain!

  5. Florent says:

    Huhuhu
    Je savais bien que ça allait réagir. Je déteste Forbidden Site, leur romantisme à la noix et leurs morceaux pas carrés :D
    Et Pearly : je trouve le 1er morceau mortel, et pdt 20 mns ça claque bien, ‘didiou !

  6. Ellestin says:

    Forbidden Site sont cultes, atroces musiciens mais excellents bouffons et pas mauvais bâtisseurs d’atmosphères, j’adore « Astralgeist ».

    Sólstafir pour leur part imposent une griffe inimitable et épique. Superbe travelling hivernal et violemment rock’n’roll, « Masterpiece of Bitterness » est un de ces albums qui ne vieillira pas.

  7. Ellestin says:

    Forbidden Site sont cultes, atroces musiciens mais excellents bouffons et pas mauvais bâtisseurs d’atmosphères, j’adore « Astralgeist ».

    Sólstafir pour leur part imposent une griffe inimitable et épique. Superbe travelling hivernal et violemment rock’n’roll, « Masterpiece of Bitterness » est un de ces albums qui ne vieillira pas.

  8. Monster says:

    Ouaip j’aime bien mais vous auriez au moins put faire l’effort de mettre un lien vers la page myspace du groupe pffff
    Pour que nos aimables lecteurs puissent jeter une oreille à la bête !
    http://www.myspace.com/solstafir

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.