Wax Vessel ou la seconde vie des perles oubliées de Myspace…

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Style: Myspacecore revivalAnnee de sortie: 2020Label: Wax Vessel Records/Zegema Beach Records

Abandonné par un maximum de (plus ou moins) trentenaires il y a de ça presque vingt ans pour aller chez le grand méchant Facebook, Myspace a eu beau être « a place for friends », c’était surtout une manière super simple de découvrir de la musique. Pour ceux qui auraient oublié ou qui seraient passés à côté à l’époque, n’importe quel groupe pouvait avoir sa page avec player intégré et en-dessous figurait un top huit comprenant souvent d’autres groupes (de potes ou d’influences la plupart du temps). Bref, il y avait de quoi passer des heures à passer de page en page, découvrir puis envoyer une petite friend request… Ahhh nostalgie ! Une nostalgie qui a resurgi il y a une paire d’années sur Facebook au travers d’une page nommée « The Myspace Revival » où les membres postent des vieilleries (mais pas que) affiliées hardcore/metalcore et autres trucs en core retrouvées sur Youtube ou Bandcamp (la plupart du temps). Il me semble bien que c’est en parcourant et participant à cette page qu’est né Wax Vessel Records, jeune label qui a eu l’idée saugrenue de presser sur vinyles en très petite quantité (200 exemplaires) des albums marquants (essentiellement de math/grindcore et affiliés) de cette lointaine époque tout en reversant les bénéfices aux groupes en question. Une initiative accompagnée par le très bon Zegema Beach Records qui permet d’écouter et d’acheter ces albums au format digital. Retour rapide sur ces « classiques » du chaos…

Destroyer DestroyerThe Dead Sleep Like Us For a Reason

Première réédition un peu comme un test pour voir si des gens seraient intéressés, c’est un véritable rush qu’a connu Wax Vessel avec cet album. Destroyer Destroyer venait de l’Oklahoma et cet album (leur premier, sorti en 2006 chez Debello à l’époque) avait déjà alors connu son petit succès. Le grindy metalcore de ce très jeune groupe (même pas vingt ans pour la plupart) est ici d’une sauvagerie sans nom, ponctué de break ravageurs et surmonté d’un chanteur possédé au grain très irritant. Le groupe sortira l’année suivante l’aussi qualitatif Littered With Arrows (que vous pouvez aussi retrouver réédité par Wax Vessel/Zegema Beach). Destroyer Destroyer stoppera ses activités peu après (en 2008). En 2016, ce premier album célébrera bien tristement son dixième anniversaire puisque le chanteur Jamie Schnetzler décédera a seulement 28 ans.

The HeartlandThe Stars Outnumber The Dead

Formé en 1998 à Lancaster (Ohio), The Heartland était un peu à part dans cette scène, proposant un mathcore mêlant assauts ultra violents et passages mélodiques plus accrocheurs (sans jamais être trop sirupeux). Après un EP (Two American Kids Growing Up – 2006), le groupe a sorti un an plus tard cet album-ci, contenant une collection de hits en puissance (dont une nouvelle version de l’excellent « Ms. Elanious », concentré équilibré de leurs deux facettes). The Heartland sortira en 2009 Frontier, second album tout aussi bon, avant de décider de cesser toute activité, un choix justifié par une fatigue mentale et des finances dans le rouge. Dommage…

The Sawtooth GrinCuddlemonster

Cuddlemonster (2001) est l’unique album de The Sawtooth Grin, groupe de Montrose (Etat de New-York) monté en 1999 par le criard Rich Lombardi (Cloakal Kiss, Snake Baptist). Leader de cette scène mélangeant math et grind dans une incroyable frénésie, le groupe déploie ici une agression constante personnifiée par son chanteur aux cris suraigus tandis que ses comparses multiplient breaks et plans très techniques (avec parfois au milieu quelques courtes mélodies). Bref, un bordel sonore qu’on adore ou qu’on déteste. Après une première séparation en 2009, The Sawtooth Grin s’est reformé en 2009 en recrutant Jon Karel, ex-batteur de The Number Twelve Looks Like You/Horse The Band ainsi qu’un nouveau bassiste. En 2012, le groupe avait prévu de sortir un nouvel album intitulé Jabberwocky mais celui-ci ne verra finalement jamais le jour, la séparation étant actée avant la diffusion du moindre extrait…

RobinsonThe Great City

Un peu dans le même esprit de The Sawtooth Grin, voici Robinson et The Great City, unique album sorti en 2006 (encore une fois chez Debello) et devenu culte pour les amateurs de cette scène. La raison à cela ? Cet album dépasse les limites de tous les côtés: trop rapide, trop brutal, trop lourd, trop fou. The Great City démontre surtout une technique instrumentale de dingue: en particulier le batteur qui désintègre son kit tandis que le vocaliste en fait de même avec ses cordes vocales. Cependant, Robinson ne se contente pas d’avoiner à toute vitesse, il propose aussi quelques variations noisy (« The Great City Of Desolation ») et surtout une conclusion de onze minutes prouvant que le sludge s’acoquine parfaitement avec leur folie furieuse. Un poutrage en règle toujours aussi ahurissant à chaque nouvelle écoute.

Tower Of RomeDiscography

Difficile de choisir dans la (courte) discographie de Tower Of Rome quel album rééditer (il n’y en a que deux et un split avec Gun Kata), qu’à cela ne tienne, Wax Vessel a tout mis sur un même disque ! Fondé en 2002 en Illinois, Tower Of Rome a connu une très courte carrière jusqu’à 2006, le groupe décidant de stopper ses activités suite à plusieurs aléas (notamment la perte de leur matos dans une inondation). Un an plus tard, le groupe s’est réuni une dernière fois pour participer à un festival mais rien depuis. Et c’est bien dommage car leur grindcore (à base de titres tournant autour de la minute) alternant accélérations assassines et breakdowns fatals est un modèle du genre Myspacecore vénère (mention aux noms des morceaux, bien débiles, une autre constante dans cette scène).

A Black Rose BurialAn Awakening Of Revenants

Après une grosse dose de spazz/grind, Wax Vessel a retrouvé l’un des meilleurs albums de deathcore ever (si si !). Originaire de San Jose (Californie), A Black Rose Burial n’aura sorti qu’un seul album mais quel album ! An Awakening Of Revenants combine breakdowns surbrutaux, ambiances de films d’horreur via des interludes au synthés et beaucoup de samples de films (dont The Devil’s Rejects, mais qui a dû être retiré de l’intro pour des raisons de droits apparemment). Point d’orgue de cet album: « A Baleful Aura In The Graveyard Of Broken Gears » qui démontre qu’on est très loin d’un groupe de deathcore lambda, multipliant les pistes tout en conservant un caractère épique. Un EP ultra dense mais à l’efficacité toujours intacte quinze ans après sa sortie !

Dance Club MassacreFeast Of The Blood Monsters

Dance Club Massacre faisait aussi une musique apparentée au deathcore (mais c’est quand même bien réducteur) sauf que chez eux, il y avait une dimension symphonique en plus. Né en 2004 du côté de Chicago, le quintet était autant inspiré par la scène metalcore de l’époque mais aussi par la scène black metal symphonique qui était alors en vogue (ça date de l’explosion de Dimmu Borgir). Feast Of The Blood Monsters (2006, sorti chez Black Market Activities) est ce que le groupe appelle de l' »halloween-core », l’ambiance est plutôt lugubre grâce aux synthés mais le groupe y incorpore plein d’éléments inspirés du mathcore, du grind et de bien d’autres styles (on ressent des touches de The Locust, Converge ou de Pig Destroyer chez eux). S’il y a bien ici un titre significatif de ce mélange des genres singulier, c’est « Murders Comes With Smiles ». Dance Club Massacre remettra ça en 2008 avec Circle Of Death mais restera ensuite inactif…

Cloakal KissEaster

Autre groupe de Rich Lombardi de The Sawtooth Grin, Cloakal Kiss n’aura été qu’un one-shot. Une démo en 2005 suivie l’année suivante par ce Easter. Le trio chant/basse/guitare a la particularité d’être accompagné par une boite à rythme, et puisque Lombardi sonne encore plus taré et irritant que sur The Sawtooth Grin, la musique de Cloakal Kiss apparaît comme encore plus barrée et violente. Les vocalise du gaillard sont haut-perchées et parfois growlées dans un tourbillon infernal de riffs tantôt tournoyants, tantôt plus hachés. La prod étant assez compacte et grésillante (la voix sonnant souvent comme saturée), c’est quand même une sacrée épreuve de se passer ce vicieux album d’une traite. On est bien là dans cette mouvance cybergrind qui a fleuri sur Myspace à l’époque avec des groupes comme WeCameWithBrokenTeeth (possible nouvelle piste pour Wax Vessel ?). A noter que le groupe a failli poursuivre son chemin en récupérant un vrai batteur (Daniel Magnuson d’Alesana) mais cet album n’a finalement jamais connu de suite…

beunz
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