Lair Of The Minotaur – The Ultimate Destroyer

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Style: doom / thrashAnnee de sortie: 2006Label: Southern Lord

A la sortie du dernier album de Pelican, j’ai pu lire des critiques concernant le batteur et son jeu un poil trop énergique pour une musique qui se voulait plus atmosphérique que dynamique. Je ne l’avais pas remarqué moi-même et j’avoue ne pas du tout être dérangé par cet aspect de l’album. Par contre, les détracteurs du jeu de Mr Herweg seront heureux d’apprendre qu’il a mis a profit son jeu au sein d’un groupe autrement plus énergique, et je dirais même plus, dévastateur, que dans son travail de jour. L’expression « travail de nuit » conviens d’ailleurs beaucoup mieux a Lair of the Minotaur puisque les musiciens n’aspirent pas à gravir les plus hautes échelles de la stratosphère avec leurs instruments mais creusent plutôt les bas fonds de la scène metal tel qu’elle était il y a une quinzaine d’année environ. Déjà auteur d’une petite merveille de doom nourri au metal extrême de tout poil, Lair of the Minotaur affine ses influences dans une seule et même direction et jette du bateau toute trace de riffs un peu plus léger. La bête a mangé depuis le dernier album et le son s’est alourdi et il faut donc bien la force de ce fameux batteur au jeu si déplacé pour faire bouger tout cela dans une direction thrash.

Dirigé par le guitariste Steven Rathbone et sa voix d’homme des cavernes évoquant un Phil Anselmo sortant de sa grotte, les riffs ne font pas de place pour les mélodies même les plus discrètes et il s’acharne à produire les chansons les plus grasses possibles. La production elle aussi sort des cavernes et ont peut affirmer sans aucun doute que ces gars là sont allergique aux studios dernier cri quand on entends avec joie retentir des grésillements de distorsion venus accentuer ce sentiment de se retrouver plonger dans un classique oublié des temps anciens, quand les termes de « metal moderne » se rattachaient avec ceux de Slayer et de Venom. Plutôt Slayer que Venom d’ailleurs et ce ne sont pas les accents Kerry Kingesque de « Behead the gorgon » qui me feront mentir. Le rythme ne se veut par contre thrash que d’une manière sporadique et le disque se divise donc au moins par la moitié entre des passages lent et lourd et des accélérations punkisante sans aucune exagération. La basse aussi est bien entendu au rendez vous vu que l’on parle de doom et elle aussi ne fait pas dans le détail en matière de grésillement et d’explosions sonores. Selon Lair of the Minotaur, le metal était a son meilleur quand il était enregistré sur des cassettes démos et expulsait toute la rancoeur possible des musiciens en poussant les amplis à leur limite.

Et en fait, si l’on aime flirter, voir embrasser, et plus si affinités, ce style je ne vois pas ce qu’il y à redire. Les meilleurs disques de cette époque sont devenus des classiques car ils étaient les premiers du genre. the Ultimate destroyer a donc peu de chance d’être retenu dans la même bouffée d’air que leurs héros mais cela ne doit pas vous empêcher de les remercier pour avoir réveillé les démons de cette époque bénie. D’ailleurs, à propos de démon, il est utile de préciser que les paroles sont ici uniquement inspiré par les récits mythologiques grecs ce qui renforce encore l’expérience et donne aux chansons une dimension encore plus épique. the Ultimate destroyer n’est toutefois pas une oeuvre de nostalgique mais une bestiole bien vivante qui bien qu’elle évite toute appellation moderne n’est pas moins explosive que les albums récents. Il n’y a donc franchement rien à reprocher à ce trio qui vont pouvoir rafraîchir la mémoire des plus vieux et enseigner aux plus jeunes ce qui faisait l’élite de l’underground metal quand Slayer était encore un groupe terrifiant et que la Norvège ne voyait pas ses églises partir en fumée.

  1. juggernaut of metal
  2. behead the gorgon
  3. the ultimate destroyer
  4. horror
  5. grisly hound of the pit
  6. cannibal massacre
  7. lord of butchery
  8. engorged with unborn gore
  9. the hydra coils upon this wicked mountain

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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7 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    Cool la chro. Faudra que j’écoute ça.

  2. pearly says:

    album monstrueux, un groupe qui à moin sens a tout compris, sur ce cd, au mot metal.
    cela m’a rappellé le son (pas la style hein ?!) d’un Mastodon couplé sur le crade d’un Crowbar. D’autres y ont vu la référence Celtic frost, d’autres encore autre chose.
    Quoiqu’il en soit, ce disque est un modèle du genre, un rouleau-compresseur écrasant, encrassé de partout.
    je suis totalement fan de ce putain d’album !

  3. Monster says:

    Belle chro ! Moi ça me fait penser à un melange Usurper (ou old Celtic Frost) – High on Fire dans une marre de Sludge. Bref j’aime.

  4. pearly says:

    c’est barge comme ce truc fait finalement pensé à tout.

  5. kollapse says:

    Faudra ke je jette une oreille à l’occase, la kro me fout la bave ^^

  6. Layne says:

    Du très bon sludge/trash bien lourd comme on aime !!! Un peu a la high on fire mais avec une personalité propre (c’est pas pompé pour un sous)!!! pas un album de tarlouze quoi!!! (meilleur commentaire de l’année)^^

  7. de says:

    A l’écoute des premiers morceaux ça déchire. Un son bien lourd, des riffs bien speed, une voix bien hardcore.

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