Ihsahn – Arktis.

2 Commentaires      2 711
Style: Metal PolyvalentAnnee de sortie: 2016Label: Spinefarm RecordsProducteur: Ihsahn

Depuis la fin d’Emperor en 2001, Ihsahn s’est lancé dans une carrière solo satisfaisante, mais globalement dénuée de fulgurances ou des coups d’éclat qu’on pouvait espérer compte tenu de l’importance et de l’aura dont jouira pour toujours le plus important des groupes de black metal symphonique de l’histoire.

L’homme poursuit néanmoins son petit bonhomme de chemin, et nous livre cette année son 6ème album, toujours dans un style oscillant entre (gentil) metal extrême, inflexions heavy et structures / constructions prog. Autant le dire tout de suite, Arktis. ne fait pas exception au principe évoqué précédemment : il s’agit indéniablement d’un (très) bon album, qui contient son lot de réussites mais qui n’est que trop rarement aussi génial qu’on pourrait le souhaiter. Son écoute achevée, subsiste malheureusement comme un sentiment d’inachevé, un goût de trop peu.

Pourtant on ne pourra pas dire qu’Ihsahn n’a pas travaillé dur pour enregistrer ces 10 morceaux qui transpirent la richesse de composition et des arrangements, sachant s’entourer notamment de son complice et ancien « apprenti » Einar Solberg, chanteur des magistraux Leprous (qui ont depuis longtemps dépassé le maître selon moi) qui apparaît sur 2 titres de l’album (le premier et le dernier en fait). Que ce soit l’apport de l’électronique (qui aurait cependant pu être approfondie mais reste bien exploitée sur « South Winds » ou « Frail » par exemple), la référence au black symphoniqe emperorien sur le très bon « Pressure » ou le saxo endiablé de la quasi ballade jazzy « Crooked Red Line » (sur laquelle apparaît Jørgen Munkeby des compatriotes de Shining), on sent que le norvégien a vraiment tout fignolé aux petits oignons. Mais malgré ces efforts et ce travail indéniables, quelque chose manque pour que tous les titres de l’album soient du niveau des superbes « Mass Darkness » et « Celestial Violence ». Le premier est une magistrale mise au goût du jour d’une certaine forme de heavy metal avec ce refrain quasi King Diamondesque associé à une enveloppe extrême qui rend le tout assez fascinant et foutrement jouissif. Quant au second il clôture de manière superbement épique l’album, avec la participation d’Einar qui éclipse purement et simplement la performance vocale d’Ihsahn.

C’est d’ailleurs une partie du souci sur cet album, Ihsahn, chanteur compétent certes, ne peut rivaliser avec les meilleurs chanteurs de notre époque (Einar Solberg par exemple donc), et on en vient souvent à penser que ses titres prendraient une autre dimension s’ils étaient chantés par d’autres même si l’utilisation habile de choeurs sur beaucoup de titres fait facilement passer la pilule. Ihsahn trouve encore utile d’utiliser également sa voix « black » alors que sa musique ne contient aujourd’hui plus grand chose qui évoque ce genre, et qu’elle n’a jamais été sa grande force à mon sens.

Il y a par ailleurs certains choix discutables, comme cette ambiance 80’s surannée qu’on retrouve sur certains riffs ou passages, comme sur « Until I Too Dissolve » qui débute avec une partie électronique finalement anecdotique pour se transformer en quelque chose qu’on aurait davantage imaginé provenir d’un album de Van Halen que du norvégien. Cette touche heavy fonctionne parfaitement sur « Mass Darkness » mais beaucoup moins sur ce titre, dont on aurait pu à mon humble avis se passer.

Pour autant, n’allez pas penser qu’Arktis. ne vaille pas le coup, car globalement il contient suffisamment de passages forts ou simplement réussis pour que son écoute soit un vrai plaisir, et que les 10 titres passent finalement bien l’épreuve des écoutes successives. J’ai d’ailleurs mis du temps à accoucher de cette chronique, ayant préféré laisser l’opus reposer un peu avant d’y revenir pour l’apprécier finalement à sa juste valeur comme un bon album contenant quelques fulgurances jouissives mais qui laisse au final un peu sur sa faim. On attend encore qu’Ihsahn ponde son magnum opus en solo…

Tracklist :

01. Disassembled

02. Mass Darkness

03. My Heart Is Of The North

04. South Winds

05. In The Vaul

06. Until I Too Dissolve

07. Pressure

08. Frail

09. Crooked Red Line

10. Celestial Violence

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 948 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

Vous pourriez aussi apprécier

2 Commentaires

  1. Angrom Angrom says:

    Je te trouve un peu sévère, je trouve que ce disque est une belle réussite pour ma part .

  2. joss says:

    Franchement bon cet album, voir même carrément excellent pour certains titres ! Je n’ai pas trop suivi la carrière d’Ihsahn (à part son second disque) mais pour moi celui-ci est une réussite.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *