Découvert il y a quasiment dix ans avec son Demain, No Vale Nada a depuis continué son bonhomme de chemin en sortant en 2019 un second album (Alter Ego) ainsi qu’un live (Le Nouveau Relax) avant de rester silencieux sept ans jusqu’à ce Quidam.
Désormais enrichi d’un second guitariste officiant aussi aux claviers, Quidam ouvre donc la porte à de plus nombreuses expérimentations sonores, ces dernières venant renforcer l’aspect noise du hardcore chaotique des natifs de Chaumont (52). Le quartet y déploie un son aussi oppressant que désespéré, déstructurant ses compos dans des méandres de bruits et de cris entrecoupés de bidouillages sonores.
Et si la violence apparaît frontale (« Quidam » et ses 47 secondes rappelant Converge au meilleur de sa forme), celle-ci se voit généreusement contrastée d’harmonies aériennes (« Sortie d’affaire ») ou de zones bruitistes entre deux assauts (« Un culte », « Imaginaire trouble », où les stridences vont bon train). Mais le groupe n’entend pas uniquement nous vriller les oreilles, il sait aussi amener des émotions en faisant (un peu) retomber la tension et créer un maëlstrom émotionnel après la bataille (« Les deux-tiers » à l’intensité folle repartant après un somptueux break, ou l’incroyable conclusion « Consommer les rituels » à l’atmosphère passant d’envie de destruction aux poils qui se hérissent via un surprenant final post-rock).
No Vale Nada ne s’y est pas trompé en embauchant Amaury Sauvé (Birds In Row) à la console, ce dernier ayant complètement su capter son esprit tourmenté. Quidam souffle le chaud et le froid en nous menant dans de très nombreuses directions durant cette trop courte demi-heure, qu’il ne nous reste plus qu’à écouter en boucle tant l’effet addictif opère. Un retour en fanfare pour l’un de nos fleurons (injustement trop méconnus) en matière de chaos.
No Vale Nada
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