Vous êtes peut-être passé à côté du buzz, lorsqu’un énigmatique et anonyme personnage autoproclamé The President, frontman du groupe PRESIDENT a émergé sur la scène rock alternative en février 2025 avec une participation de son groupe annoncée au Download Festival, l’été de la même année, et ce alors qu’à ce moment aucun morceau du combo n’avait encore été présenté.
Depuis lors, un premier single « in the Name of the Father » est sorti en mai 2025, puis un EP (King of Terrors) en septembre 2025, et c’est finalement en août 2026 que le premier album complet de ce mystérieux personnage masqué et sa troupe voit finalement le jour, album baptisé Blood of Your Empire, mis en valeur par une très jolie pochette.
Il serait évidemment facile (et pas infondé) de taper sur celui qui se cache derrière ce masque (et que l’on soupçonne très fort d’être le britannique Charlie Simpson, frontman de Fightstar) et de l’accuser de vouloir faire le buzz (ce qui s’est avéré bien réel) et de capitaliser sur le mystère entourant son identité et ainsi tenter de venir se servir à la table de Slipknot, Ghost ou plus récemment Sleep Token.
Un peu agacé par ce côté très markété qui me faisait redouter le pire quant à la qualité musicale du produit fini, et peu emballé par les sorties ayant précédé l’album, je m’attendais à gentiment ignorer ce disque ou à le démonter dans une chronique assassine. Mais je suis obligé de reconnaître que l’écoute distraite d’un des premiers titres diffusés pour promouvoir l’album (« DOOM LOOP ») a piqué ma curiosité et donné envie de tenter l’écoute de l’album complet. Pour voir. Au final il apparaît que ce PRESIDENT a quelques atouts dans sa manche pour convaincre au moins partiellement à défaut d’emporter totalement la partie, ce premier album s’avérant même être au final un agréable plaisir coupable qui passe très bien entre deux sorties plus charpentées. Attention soyez prévenus : on se situe ici dans le registre d’un metal alternatif à la Bring Me the Horizon (période récente, oubliez le deathcore) avec un côté pop bien prononcé. Mieux vaut donc ne pas être allergique aux refrains à siffler et aux couplets bien poppy pour espérer adhérer un tant soit peu à la musique proposée par President.
Les arrangements souvent appuyés par de l’électro parfois proche de la synthwave (faisant ainsi le lien avec son acolyte de Fightstar – Alex Westaway – qui s’illustre lui dans Gunship) qui a le mérite de n’être jamais envahissante, sont léchés et rendent l’écoute au casque appréciable pour bien déceler l’ensemble des petits détails présents sur des titres qui sont pour le reste très simples et radiophoniques dans leur format (3-4 minutes grosso modo, avec couplet/refrain). Quant au chant de Charlie Simpson, il est majoritairement clair et de bonne facture (même si son timbre plaintif pourrait ne pas plaire à tout le monde), en cohérence avec l’orientation pop et radio friendly de la musique du groupe.
Mention spéciale au batteur (caché sous le pseudonyme Vice) qui fait lui aussi un très bon boulot, parfois dans la sobriété, parfois en se laissant aller à plus d’excentricités (sur « Mercy » par exemple).
Le mélange aboutit à des titres plutôt prenants comme « DOOM LOOP » évidemment mais aussi « Dark Heaven », ou le plus plombé « Dionysus ». Il y a aussi quelques surprises qui viennent apporter un peu de variété bienvenue, même si pour s’en rendre compte il faudra rester jusqu’à la fin du disque : on citera ainsi le piano Jazzy du dernier titre « White Devil », le guest du rappeur Ando San (inconnu au bataillon) sur « Hate Figure » qui a le mérite de permettre à Charlie Simpson de se laisser aller de son côté à des cris bien sentis (qu’on aura pu aussi apprécier auparavant sur « Mercy » ou la fin de « Dionysus ») et qui changent un peu de ses vocalises très pop par ailleurs.
La prestation de PRESIDENT sur ce disque n’est pourtant pas exempte de défauts : certains titres tombent un peu à plat (« Sleepwalker » ou le refrain de « Pink Noise » qui est un peu banal ce qui est d’autant plus regrettable que le reste du titre est plutôt réussi) et on aurait aisément pu se passer de cette ballade bourrée d’auto-tune « This Will Divide Us » qui pousse le concept un peu trop loin pour nos oreilles sensibles, malgré une orchestration par ailleurs plutôt réussie (avec même une trompette dont la présence étonne avant de convaincre).
Il n’en reste pas moins que l’album est plutôt sympathique à écouter à défaut d’être indispensable. Chacun jugera s’il estime avoir le temps d’écouter un album sympathique entre deux albums importants (au hasard le Mastodon et le Chat Pile) qui ne manqueront pas d’occuper le devant de la scène des musiques saturées sur cette rentrée !
PRESIDENT
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