Gilead Media, c’est (presque) fini. L’excellent label du Wisconsin – ayant vu passer des pointures (Thou, Krallice, Portrayal Of Guilt ou encore Mizmor) et des outsiders de qualité (Sunrise Motion Patriot, Less Art, Ustalost) – a décidé de jeter l’éponge mais non sans sortir trois derniers albums cette année pour terminer en beauté. Le premier d’entre eux est sorti en avril dernier, il s’agit du split entre Mizmor et Hell et voici le second, sorti par surprise le jour d’Halloween sans aucune annonce préalable.
Yellow Eyes est un habitué des lieux, ayant sorti chez eux leur dernier album en date Master’s Murmur (2023), impressionnant album rebattant les cartes pour le groupe grâce à l’intégration de nombreux nouveaux éléments au black metal des new-yorkais. Confusion Gate, leur septième album est leur plus long. Dépassant une heure, ce dernier nous mène à travers un voyage alternant entre l’étouffant et les moments de grâce, le cauchemar et la plénitude.
Pour ce faire, le quartet à nouveau ces éléments médiévaux (dès l’introduction) afin de nous caler, comme sur son prédécesseur, dans une atmosphère singulière. Les titres sont longs et nous immergent dans un black metal abrasif (avec voix enragée reléguée dans le décor plein de réverb) qui ne lésine pourtant pas sur les mélodies épiques, trouvant un point d’équilibre entre sa violence « qui pique » et ses « agréables » motifs (« Suspension Moon » par exemple). Chaque titre créée ainsi sa force hypnotique, qu’elle provienne de ses passages épurés comme des plus denses, il se passe à chaque écoute une forme de transcendance, une forme d’attraction mais pourtant tout n’est pas si simple !
Car Yellow Eyes se plait à user de dissonances au rendu parfois… étrange comme sur « A Forgotten Corridor » où l’atmosphère semble se jouer de l’auditeur, l’invitant dans des cascades de mélodies épiques cachant pourtant quelque chose de terrifiant dans ces contrées. Une optique iconoclaste qui revient titre après titre jusqu’au bouleversant final « Confusion Gate », titre hantant encore longtemps après la fin de l’album.
Malgré la longueur des morceaux (on dépasse parfois les neuf minutes), l’envie d’y revenir perdure. Très finement composé, ce magistral nouvel album répond à son prédécesseur et marque la fin d’une ère, celle de Gilead Media en l’occurrence qui termine en beauté ses vingt ans d’activisme pour le metal extrême et ses dérivés. Plus qu’un dernier album avant la fin de l’année, et c’est vraiment la fin.
- Frozen Horse
- The Thought Of Death
- Suspension Moon
- I. Nocturne
- A Forgotten Corridor
- I Fear The Master’s Murmur
- II. Beyond
- The Scent Of Black Mud
- III. The Entrance
- Confusion Gate
Yellow Eyes
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