Voici enfin le deuxième volet de l’album Valesa, qui succède à l’excellent Chapter 1 : Velvet Prison, que j’avais largement encensé à sa sortie il y a presque 3 ans et demis.
Surprise à la lecture de la tracklist, puisque l’album ne comporte que 9 titres cette fois, là où son prédécesseur en contenait 17 (même s’il y avait quelques interludes).
Je dois dire que ma première réaction en découvrant ce nouvel opus a été un peu mitigée. Et ceci tient en partie au fait que le groupe en fait à mon sens un peu trop sur le « concept » et le côté comédie musicale avec notamment le titre d’intro parfaitement inutile suivi d’une nouvelle introduction pour le démarrage du premier véritable morceau « Showbiz ». Et juste après, « Superdad » nous refait un peu le coup aussi avec cette sorte d’introduction là aussi avant de plonger dans le cœur du morceau, un préambule qui n’était pas indispensable selon moi. Tout cela ressemble parfois un peu à du remplissage dont on aurait pu aisément se passer, et à ce titre le concept fonctionnait mieux et semblait plus cohérent sur le premier chapitre, Velvet Prison.
On reprend d’ailleurs les choses là où elles s’étaient arrêtées, j’en veux pour preuve cette alarme qui sonne au démarrage de l’album, la même que celle qui venait terminer le précédent chapitre.
Et retrouve alors ce qu’on apprécie depuis déjà un moment chez les norvégiens avec cette liberté de ton, cette capacité à mêler pop, rock, électro, et même funk (cf « Superdad » avec son saxo déjanté et cette histoire de vasectomie) dans une tambouille progressive qui reste directe et efficace tout en étant instrumentalement d’une grande richesse (outre les instruments traditionnels, on retrouve en effet du synthé, du piano, des cuivres et j’en ai sûrement raté).
Et il y a bien sûr le voix du chanteur, Jon Ivar Kollbotn, qui continue à en faire des caisses dans son style bien à lui, secondé régulièrement par des vocaux féminins que l’on doit à plusieurs chanteuses (Halie sur « Superdad » et « Father Superior », Peri Winkle, habituelle collaboratrice du groupe à la voix presque enfantine, sur les deux derniers titres). Celles-ci prennent d’ailleurs parfois l’ascendant (« Father Superior ») reléguant dans ce cas Jon Ivar au rang de voix d’arrière-plan, quand ce ne sont pas des chœurs dont nous gratifie le groupe (le morceau titre par exemple). Mais le groupe sait aussi laisser la place à la musique, nous permettant d’apprécier la richesse instrumentale et progressive évoquée précédemment, comme sur l’excellente et hallucinante fresque délirante « Karma Supernova » (8min53 au compteur), dont les 3 premières minutes sont intégralement instrumentales avant que le chant trouve sa place dans un titre qui prend des allures de mélange improbable entre Leprous et Cardiacs, mettant même en avant sur la fin du titre la face la plus barrée du groupe.
La qualité et la richesse des compositions est encore une fois particulièrement notable, avec beaucoup de passages et morceaux marquants, à l’image du tube « Viva the Apocalypse! » situé en milieu d’album, et qui a tout pour être un des hymnes de l’année (d’autant qu’il est parfaitement adapté à l’actualité du moment malheureusement). Pour autant j’ai mis un peu de temps à me faire à ces nouvelles compositions, certains morceaux étant parfois un peu artificiellement étirés à mon sens (« Superdad » ou « The Doctor in Command » par exemple). Mais l’album s’apprivoise au fil des écoutes, notamment sa deuxième moitié, un peu moins tubesque que la première et clairement plus « complexe ». Il s’agit de la partie de l’album la plus originale, et finalement la plus intéressante les écoutes passant, la plus clivante aussi tant elle met en avant la singularité du groupe, celle qui le rapproche des Cardiacs déjà cités, voire de Mister Bungle (« Maybelline »), et ce même si l’album se termine par un « Kiss Me Now » beaucoup plus simple et digeste, qui voit Peri Winkle et Jon Ivar se livrer à un très beau duo, sur fond de musique d’ascenseur. Improbable encore, mais francement réussi.
D’abord circonspect, je me suis finalement retrouvé plus que convaincu par ce nouvel épisode passionnant et franchement réussi signé de ces norvégiens pétés du casque même si je ne suis pas certain de le trouver aussi bon que son illustre prédécesseur.
Ce n’est en tout cas encore pas aujourd’hui que Major Parkinson fera dans la facilité et apparaîtra pour autre chose que ce qu’il est, et demeure : un OVNI, un trublion dans le monde du rock/metal, qui trace sa propre route et devrait continuer à satisfaire les amateurs de musique qui sort des sentiers battus.
Tracklist :
01 – Elevator Pitch
02 – Showbiz
03 – Superdad
04 – Father Superior
05 – Viva the Apocalypse!
06 – The Doctor in Command
07 – Karma Supernova
08 – Maybelline
09 – Kiss Me Now!
Major Parkinson
Soyez le premier à partager votre avis !
Laisser un commentaire