En voilà une bonne surprise! J’avais pourtant complètement lâché l’affaire avec le groupe anglais, après les deux premiers albums Take to the Skies et Common Dreads, que j’avais néanmoins beaucoup aimés à l’époque. Mais ils ont sorti 5 albums depuis et dès A Flash Flood of Colour (en 2012) pourtant considéré par beaucoup comme leur meilleur album, je n’avais pas retrouvé ce qui faisait selon moi le sel de ce groupe et j’étais passé à autre chose.
Je ne saurais dire pourquoi j’ai décidé de jeter une oreille sur ce nouvel album sorti le 10 avril sur leur propre label et sans annonce ni teaser préalable, mais bien m’en a pris, car je retrouve le Enter Shikari que j’aime et c’est comme si il ne s’était pas passé 17 ans depuis Common Dreads.
Rien que le début de l’album avec cette nappe de synthé atmosphérique avant que le chant de Rou Reynolds ne fasse son apparition, semble renvoyer directement aux premiers travaux d’Enter Shikari. Et évidemment le chant lui-même avec cet accent british caractéristique rend l’identification du groupe toujours aussi simple pour ceux qui l’ont écouté ne serait-ce qu’une fois.
Le style du groupe est toujours le même : je l’avais qualifié d’Emo Dance-core à l’époque, et ça me semble encore bien convenir aujourd’hui : leur musique est en effet toujours très easy listening et la rare « violence » (il y a quelques cris de temps en temps) est largement canalisée par le côté pop et très accessible de ce que proposent les anglais.
Mais surtout le groupe nous balance toujours un paquet de tubes en 12 titres pour moins de 42 minutes, que ce soit l’introductif « Lose Your Self » dont certains passages électro font presque penser à du Prodigy, « Find Out the Hard Way » et son refrain addictif, et je n’ai pas encore parlé de « demons » (un sacré hit avec ce refrain « Don’t Run Away from your demons, invite them in for dinner »!), « Flick of the Switch » ou « Shipwrecked », bref tous les titres en somme (allez il y a bien un dispensable et bruitiste intermède « i can’t keep my hands clean »)… Le très pop « It’s Ok » nous propose une sorte de répit à mi-chemin avant de nous conduire via le beaucoup plus agressif « Flick of a Switch II » et le dansant « Shipwrecked » jusqu’au triptyque « Spaceship Earth » fermant l’album et qui nous présente tout simplement la quintessence du style du groupe en 3 (courts) actes. On pense parfois à Bring Me the Horizon sur « Dead in the Water », à vous de voir si la référence a vocation à vous repousser ou vous donner envie d’écouter mais Enter Shikari fait finalement surtout du pur… Enter Shikari. Par conséquent si vous n’aimiez déjà pas le groupe il y a près de 20 ans, aucune chance que ça change avec cet album, les nostalgiques comme moi du premier album pourraient en revanche replonger et se faire un trip régressif très agréable et qui leur collera une banane bienvenue en ces temps obscurs où la sinistrose et les mauvaises nouvelles prédominent.
Tracklist :
01 – LOSE YOUR SELF
02 – Find Out the Hard Way
03 – Dead in the Water
04 – demons
05 – The Flick of a Switch I
06 – i can’t keep my hands clean
07 – It’s OK
08 – The Flick of a Switch II
09 – Shipwrecked
10 – Spaceship Earth (I. Avec Abandon)
11 – Spaceship Earth (II. Angoscioso)
12 – Spaceship Earth (III. Maestoso)
Enter Shikari
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