Organ est un groupe aimant prendre son temps. Les italiens se sont formés en 2013, ont sorti un premier album (Tetro) deux ans après, un EP trois ans plus tard (Eterno) avant de finalement revenir aujourd’hui. Entretemps, le groupe aura connu un changement de guitariste, récupérant celui des excellents Gorrch (dont le dernier album Stillamentum est sorti en janvier dernier), histoire de donner une dimension encore plus sombre à leur « post-doom ».
Un style autoproclamé forcément d’un beau gabarit, preuve en est l’introductif « Tenebrism » au nom très approprié. Les riffs occupent tout l’espace au point d’en obstruer notre vision et s’y déplacent lentement, les italiens nous plongeant dans un univers ambivalent, à la fois écrasant et contemplatif tout s’agrémentant de quelques effets psychédéliques (notamment sur son final). Une optique qui va se répéter sur les titres suivants, tels « Confessor » ou « Dogma » qui allient pesanteur et notes plus subtiles pour un résultat étourdissant.
Nul besoin de chant pour nous immerger dans cet amas de riffs anxiogènes (mais paradoxalement confortables) inspirés autant de Neurosis, Swans ou Year Of No Light, Organ délivre là cinq murs moins opaques qu’ils n’en ont l’air. Parvenant à faire cohabiter atmosphères suffocantes et notes émotionnelles, Immobilism n’a pas forcément un nom prédestiné puisque ça bouge, du moins les sens de l’auditeur qui sont bien mis à contribution, en slow motion. Sept ans d’absence pleinement comblés par une déambulation cauchemardesque dans laquelle on retournera avec plaisir tant elle est hypnotique.
Organ
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