Trois ans après l’excellent Extirpation Dirge, les choses ont grandement évolué pour Abyssal Rift. Le duo mené par Matt Auxier (Ash Prison) est devenu trio (alors que Metal-Archives nous montre quatre personnes sur la photo promo), le bassiste Mike Sliclen et un nouveau batteur (Brandon Smith) étant arrivés, tandis que le groupe débarque chez le prolifique Transcending Obscurity Records (Verdun, Viande…) pour ce second album de death/doom cosmique et suffocant auquel les fans d’Altarage devraient adhérer.
Car comme chez les espagnols, Abyssal Rift combine brutalité, pesanteur oppressante et atmosphères inquiétantes tel une balade dans un monde post-apocalyptique où la seule salvation serait souterraine. D’emblée on est pourtant soufflé par l’onde choc « Consummate Design » qui semble montrer que le groupe souhaite plus de death et un peu moins de doom, et pourtant ce titre d’ouverture évolue, ralentit et offre même une étonnante fin atmosphérique.
Des breaks surprenants, le groupe va en remettre à de multiples reprises comme sur « Relics Of The Great Ash », où l’on a un pont minimaliste aux sonorités indus permettant à ce titre de repartir sur les chapeaux de roue à la manière d’un Incantation quand ce dernier accélère, ou bien les notes lugubres au milieu de « The Enlightenment (There Was Never Will) ».
Et si les choses semblent s’éclairer un peu sur l’intro de « Sphere Of Perpetuity », c’est pour mieux nous faire retourner dans l’abysse (on a là le titre le plus funeral doom pour le coup). Autrement plus véloce et complexe qu’à ses débuts tout en conservant son côté caverneux, ce second album offre un voyage mouvementé entre abstraction et putride (« Surrealistic Visions »). Brut et désorientant, de quoi pleinement combler les fans de Disembowelment, Mortiferum et autres Spectral Voice.
Abyssal Rift
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