Projet solo d’un certain Kasper Deichmann, St. Digue vient de Copenhague et en est à son troisième album (Everything Hit At Once – 2021 et Toxic Kiss – 2023 le précédant, ainsi que quelques EPs et singles dont une reprise de « Bloodhail » de Have A Nice Life). Secret Language propose neuf nouveaux titres à la croisée de l’indus et de la darkwave, offrant des champs très ouverts grâce à des incursions plus dures à côté d’une sensualité à toute épreuve.
Ce nouvel album commence pourtant très étrangement avec « Bender » où la voix plaintive à la limite de la fausseté nous accueille accompagnant une onde minimaliste. Le titre part ensuite dans une rythmique plus ténue et nous embarque grâce à ses mélodies envoûtantes et émotionnelles (avec même un peu plus de nerfs sur la fin). Et ce n’est là que le début du trip devenant (très) mouvementé sur « Like I Mean It », aux percussions synthétiques déchainées, tandis que les mélodies accrochent autant qu’elles irritent (le choix de production un peu saturée lui seyant à merveille).
Le panel est en tout cas très large, intégrant des passages rock (au milieu d' »If You Don’t Get It, You Never Will »), des rythmiques épileptiques (« Relapse »), d’autres plus accablées (« Amen ») voire planantes (« Secret Language » au goût 80’s explosant). Ce avec l’influence de Nine Inch Nails qui viendra parfois se montrer plus prégnante comme sur « I Told You So » ou « Meltdown », de même que celle de Depeche Mode pour la facette (dream) pop pleinement assumée. Et ce qui est fou ici, c’est que St. Digue trouve à chaque fois le petit truc faisant rester au détour d’une ligne mélodique, sa gestion du refrain catchy apparaissant ici optimale.
Un troisième album hautement addictif, le genre de projet trop confidentiel méritant d’être connu et reconnu. Votre touche « repeat » devrait être très sollicitée.
St. Digue
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