Si Devin Townsend, Blink182 et Between the Buried and Me avaient eu un bébé anglais qui déciderait de faire du rock alternatif nappé de punk rock et d’easycore (ou popcore), nul doute que le résultat ne serait probablement pas très éloigné de We Are Unpeople, un disque ultra-vitaminé, fun et très accrocheur, qui vous collera une patate pas possible à chaque écoute. Au passage, encore une pépite qu’on doit au label Sharptone (Excide, 156/Silence entre autres…).
Unpeople sont effectivement anglais, et avaient d’abord livré à la face du monde un premier EP en 2024, qui avait déjà séduit les amateurs de saturation et de mélodie.
Enchaînant banger sur banger, l’album ne connaît pas de temps mort et nous balade pendant un peu moins de 45 minutes dans le monde déluré des londoniens. Particularité intéressante et loin d’être anecdotique à l’écoute du résultat, les 4 membres du groupe participent vocalement à la plupart des titres, essentiellement pour chanter en chœur dans un esprit assez punk rock, mais aussi pour proposer un duo garçons/fille particulièrement convaincant sur « Clouds » s’agissant de la bassiste du groupe. Mais c’est d’abord Jake Crawford, chanteur guitariste qui impressionne, tant il est capable de chanter en voix claire (dans un registre qui peut ressembler parfois à celui du chanteur de Voyager ou de Spencer Sotelo), mais aussi de se mettre à gueuler ou même hurler à la façon d’un Devin Townsend pour un résultat particulièrement convaincant (cf par exemple et entre autres sur « Bottle It », « Look Up » ou « Kangareuben »).
J’ai cité Devin Townsend, et je vais le citer à nouveau car on retrouve certains gimmicks vocaux (comme ces voix accélérées et superposées sur « Clouds » ou sur « Swallow)) qui n’auraient pas dépareillé sur un album du Maître canadien ou sur son projet punk Punky Brüster.
Il y a clairement un côté déconne qui transpire à l’écoute de l’album : on sent que le groupe ne se prend pas au sérieux (le début de « Swallow » est bien drôle par exemple) tout en proposant des compositions super affûtées et mémorables. Je pourrais quasiment citer tous les titres en guise d’exemples tant il n’y a rien à jeter sur cet album et ses 12 titres (dont deux, « Smother » et « Waste » figuraient déjà sur leur EP dans une version identique). Et même si la musique d’Unpeople reste toujours très mélodique, les gros riffs sont régulièrement de sortie (voir « Kangareuben », « Bottle It », « Waste » ou encore « Swallow ») tempérant quelque peu le côté très « pop » de l’ensemble. Un côté pop qui atteint son paroxysme sur la ballade « Blueprints » qui passe crème dans le contexte de l’album et permet encore une fois d’apprécier le talent du groupe pour marier ses voix et celui du lead guitariste pour la maîtrise de son instrument.
On notera aussi que quelques breakdowns viennent ponctuellement établir la filiation avec l’univers « core », à l’image de celui de « Friends » même si l’on n’a clairement pas affaire à un groupe de metalcore ou de deathcore (et tant mieux!!).
A l’heure du bilan je dois dire que je suis franchement emballé par ce premier album frais, inspiré, qui fait presque figure d’antidote face à l’ambiance de fin du monde dans laquelle tout un chacun essaie tant bien que mal de surnager… Très recommandé donc!
Tracklist :
01 – Clouds
02 – Friends
03 – the Garden
04 – Swallow
05 – Bottle It
06 – Blueprints
07 – Haunted
08 – Waste
09 – Look Up
10 – Kangareuben
11 – Smother
12 – As You Were
Unpeople
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