Dimitree – Id/Ego/Superego

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Style: open mathcoreAnnee de sortie: 2016Label: Hipsterminator Records

Les mathcoreux toulousains Dimitree sont de retour trois ans après leur Nine Lives, premier album de mathcore touffu influencé notamment par The Dillinger Escape Plan et autres joyeusetés qui aiment tricoter leurs guitares et déstructurer tout ce qu’ils peuvent. Id/Ego/Superego prend la même option, enfin en apparence…

« Two Face » débute ce nouvel album de manière tonitruante. Cassures de rythmes et plans évoluant sans cesse accompagnent le déversement de violence qui n’en est alors là qu’à ses prémices. A peine un titre de même pas 4 minutes et l’on est déjà déboussolé tant Dimitree part de tous les côtés (souvent en même temps). Une première mandale (rappelant pas mal ce que faisait les excellents The_Network ou encore The End) qui va être apaisée par « Hold », jolie interlude introduisant le gros « Exhale » sur lequel Julien, le chanteur des voisins Gorod, viendra poser quelques gueulantes (parfois grognements) histoire de ne pas laisser Stephen, le hurleur en chef, tout seul (et les deux voix se complètent plutôt bien). Un titre puissant qui possède lui aussi une accalmie à la fin pour se remettre un peu avant le furieux « Persistent Vegetative State ».

La tornade passée, « Adhikar » interpelle par son mélange osé entre spoken words en français sur ambiance introspective et violence davantage screamo (un peu plus émotionnelle pour le coup), un peu comme si Fauve avait investi dans des pédales de disto et une gorge pleine de nerfs à vif. Un joli titre à part qui pourra peut-être déranger les réfractaires au blizzard mais qui voit la tendance davantage contrastée se confirmer pendant « Black » et son excellent passage quasi post-rock au milieu des assauts épileptiques.

Une nouvelle interlude atmosphérique plus tard (« Cymon »), Dimitree revient vers le mathcore traditionnel avec « Nymphomaniac », un titre bien secoué qui vaut le détour par ses guitares déroutantes et ses quelques chœurs pendant ses passages « jumpy » à base de « get up get up get up! » (si si !). L’intro au violoncelle de « Behind A Pale Painted Face » est ensuite une nouvelle surprise, il ouvre en fait le titre le plus poignant de cet album, dans un esprit très post-hardcore. Enfin l’ultime titre de ce nouvel album nous fout un peu de tout histoire de terminer en beauté: du growl, des plans complexes, un passage chanté en voix claire, une (courte) montée en tension, quelques riffs plombés… Et tout ça retombe une nouvelle fois sur ses pattes !

En aérant judicieusement son propos et en proposant autre chose qu’un mathcore clinique donc hermétique, Dimitree livre un second album passionnant et d’une technique instrumentale saisissante, mais non exempt de sensibilité et de prises de risque (la comparaison avec Fauve pendant « Adhikar » me parait quand même inévitable), nul doute que les amateurs du genre seront conquis (enfin les plus ouverts d’esprit, vous l’aurez compris).

  1. Two Face
  2. Hold
  3. Exhale
  4. Persistent Vegetative State
  5. Adhikar
  6. Black
  7. Cymon
  8. Nymphomaniac
  9. Behind a Pale Painted Face
  10. Eisophobia

Bandcamp

beunz
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