She Said Destroy – Succession

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Style: Post Black Death Machin TrucAnnee de sortie: 2021Label: Mas-Kina Recordings

Voilà des norvégiens que j’avais oubliés après avoir été pourtant bien secoué par leur premier album et dans une moindre mesure le deuxième album, pour en arriver à faire l’impasse sur le dernier EP en date sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi (encore que cela tenait peut-être tout simplement au concept d’une piste unique de 27 minutes qui ne m’emballait pas du tout). J’ai en définitive plutôt suivi la carrière de l’autre groupe du chanteur de She Said Destroy, Beaten to Death, qui continue à dépoussiérer et à malmener le grindcore pour notre plus grand plaisir. Mais l’écoute d’un des nouveaux morceaux diffusés en avance de phase par le groupe m’a décidé à contacter le label pour avoir accès à l’intégralité de l’album en vue de la réalisation de cette chronique. Bien m’en a pris tant j’ai immédiatement été séduit et même conquis par ce nouvel album qui commence d’ailleurs parfaitement bien avec « To Ourselves our World Entire » qui fait partie des morceaux les plus directs et accrocheurs de la plaque.

Pourtant il ne faut pas longtemps pour comprendre que le style de She Said Destroy est toujours aussi compliqué à décrire, les norvégiens ne faisant strictement aucun effort pour rentrer dans le rang et se rendre plus facilement cataloguables. Tant pis pour les chroniques et tant mieux pour nos tympans!

On a donc toujours droit à un joyeux mélange de genres, entre death, black, post-machin, le tout sur un tempo peut-être globalement moins rapide que par le passé, et avec une influence majeure qu’on ne situera plus (du tout) chez Meshuggah (qui était un des trois groupes que j’avais cités dans ma chronique du premier album, avec Crowpath et Dillinger Escape Plan) et dont on aura bien du mal à la remplacer par une autre à citer ou peut-être pourra-t-on rapprocher la musique des norvégiens du post-black… J’avoue mon impuissance à cataloguer la musique de SSD, mais ce que je peux dire c’est qu’on alterne encore une fois les moments bourrins entre death, black, post metal, et d’autres beaucoup plus mélodiques sur lesquels le chant se fait d’ailleurs plus discret (comme sur le très mélancolique et étrange « Eyes Go Pale » sur lequel les rares interventions du chant sont plutôt à situer dans un registre post-black). On retrouve en tout cas, pour notre plus grand plaisir, ce son de guitare bien caractéristique (que j’avais comparé à l’époque à celui du mythique Elvenefris de Lykathea Aflame, que je ne manquerai pas une occasion supplémentaire d’inviter tout un chacun à aller l’écouter si ce n’est déjà fait) qu’on n’entend toujours aussi peu ailleurs.

La bonne idée pour rendre l’écoute de l’album passionnante se trouve vraiment dans l’agencement des titres de l’album, qui permet clairement de proposer une variation bienvenue de registres et de tempos. C’est ainsi qu’on passe de morceaux bien directs et accrocheurs comme « You Will End » (2min38 bien directes et parfaites) ou « Not Only Bridges », au presque grind à la Beaten to Death « Greed Witches », ou au plus post-black « Sharpening the Blade » (hyper mélodique grâce à ce synthé en arrière-plan) mais aussi vers des horizons beaucoup plus lourds, presque rampants (cf le chaotique mais plutôt lent dans l’ensemble « Our Will Be Done » qui serait probablement chiant en dehors du contexte de l’album mais passe justement très bien entre « Eyes Go Pale » et « You Will End », ou l’excellent et inquiétant « All the King’s Horses ») tandis que le morceau titre semble être là pour faire une sorte de synthèse très réussie et sur plus de 8 minutes, des différentes facettes du groupe.

C’est chiant à décrire donc mais c’est vraiment formidable à écouter, ces 53 minutes sont un régal absolu, et compte tenu de sa légère complexité, il s’agit d’un disque qui se bonifie clairement au fil des écoutes, les premières étant probablement amenées à être un peu difficiles pour un non-habitué au côté « libre et inclassable » de ces norvégiens.

Comme un ancien amour retrouvé un peu par hasard et ravivant la flamme en quelques minutes, j’ai littéralement succombé à la Succession de l’aventure She Said Destroy proposée par les norvégiens, et cet album figurera très probablement en bonne place dans mon top annuel (malgré la regrettable absence de sortie cd…).

Tracklist :
01 – To Ourselves the World Entire
02 – Eyes Go Pale
03 – Our Will Be Done
04 – You Will End
05 – Greed Witches
06 – Sharpening the Blade
07 – All the King’s Horses
08 – Collapse
09 – Not Only Bridges
10 – Ruin
11 – Succession

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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