Deftones – Black Stallion (White Pony 20th Anniversary Remixes Album)

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Style: Remixes ElectroAnnee de sortie: 2020Label: Warner Records

Le voilà enfin cet album évoqué depuis un moment déjà… Non je ne parle pas d’Eros (mais c’est quand vous voulez, on est fin prêts) mais du fameux album de remixes du non moins fameux White Pony, emblématique album de Deftones paru en 2000. A l’origine de cette idée, le souhait de longue date des californiens de demander à DJ Shadow, qu’ils tiennent (comme beaucoup et de façon un peu exagérée de mon point de vue) en haute estime depuis la claque Endtroducing…. (en 1996 quand même), de remixer l’intégralité de l’album phare du groupe. Le projet a finalement été mené à bien sous la supervision de ce dernier nous dit-on, tandis que DJ Shadow signe finalement un seul et unique remix sur l’album. Et cet album de remixes sort finalement en cette fin d’année en guise de bonus « offert » avec la réédition pour ses 20 ans, de l’album au cheval (et pas au poney le titre est mensonger) sous le nom de Black Stallion, l’étalon noir, en quelque sorte le jumeau « maléfique » du cheval blanc. Une réédition qui, disons le tout de suite, et sauf information contraire, ne présente aucun intérêt « sonore » concernant l’album principal, qui comme souvent a fait l’objet d’un simple réalignement de potards vers le haut, comprendre que le son est un peu plus fort. Pour le reste, pas de remaster, qui aurait de toute façon été superflu compte tenu de la production de l’album original, assurée par Terry Date et donc évidemment plutôt parfaite.

Le premier single diffusé, le remix de « Knife Prty » par Purity Ring m’avait fortement donné envie d’entendre la suite, tant il est effectivement réussi (euphémisme). C’est d’ailleurs à mon humble avis toujours le meilleur remix de l’album même après avoir écouté l’intégralité des nouvelles versions ainsi présentées. Car je ne sais pas pour vous, mais d’habitude les albums de remixes ne m’intéressent pas le moins du monde, et si celui-ci allait peut-être faire exception c’est bien parce que j’avais été sérieusement harponné par ce premier single, et évidemment car il s’agit quand même de Deftones. Mais au final, pas de miracle, l’intérêt de cet album de remixes reste plutôt relatif car comme souvent dans ce genre d’exercice (ou dans celui des reprises), il y a du bon, du moins bon, du très bon aussi, mais également du mauvais ou en tout cas du franchement anecdotique. Difficile dès lors dans la chronique d’un tel album, d’éviter le piège du track by track, seul à même de rendre compte de la disparité de qualité des remixes de l’album d’autant que la tracklist reprend précisément les titres dans le même ordre que l’album d’origine.

  • « Feiticeira (Clams Casino Remix) » : une entrée en matière avec un remix très aérien de « Feiticeira », plutôt en mode « intro », le titre durant juste 2 minutes, raccourci donc de plus d’une minute pour un résultat franchement anecdotique.
  • « Digital Bath (DJ Shadow Remix) » : la contribution du maestro lui-même n’est pas inintéressante, restant suffisamment fidèle au titre d’origine, tout en ajoutant des scratches, petits sons sympathiques, là aussi avec un côté plus planant encore que la composition d’origine. Honnêtement, pas bouleversant du tout et clairement pas le remix le plus intéressant du disque.
  • « Elite (Blanck Mass Remix) » : on monte d’un GROS cran dans la qualité avec ce remix signé Benjamin John Power à la ville, Blanck Mass à la scène, un artiste que j’apprécie particulièrement en particulier ses 3 derniers albums que vous pouvez retrouver chroniqués sur Eklektik. Et l’on retrouve avec bonheur les sonorités agressives caractéristiques de l’anglais, immédiatement reconnaissables, associés aux cris de Chino rendus plus étouffés, pour un résultat qui sonne parfaitement Blanck Massien, avec des featurings vocaux de Chino Moreno. La première grande réussite de cet album donc.
  • « Rx Queen (Salva Remix) » : le producteur de rap et d’électro Salva reprend à sa sauce « Rx Queen » et si le titre démarre très bien avec ces sonorités d’orgue qui accentuent le côté menaçant du titre, il se met par la suite à user et abuser des cassures de rythmes, du découpage/concassage du morceau jusqu’à le rendre pénible à écouter et même pratiquement cacophonique. Vraiment dommage, il y avait matière à proposer quelque chose de plus intéressant, surtout avec cet orgue qui était une super idée, malheureusement insuffisamment exploitée.
  • « Street Carp (Phantogram Remix) » : le duo américain Phantogram propose une version transfigurée et beaucoup plus « chill » du morceau original. Exit les guitares remplacées par des boucles électro très soft et c’est aussi le premier morceau qui contient des vocaux ajoutés (ceux de Sarah Barthel selon toute vraisemblance). Un remix intéressant, qui ne surpasse évidemment en rien l’original néanmoins.
  • « Teenager (Robert Smith Remix) » : le frontman de The Cure est ici aux manettes de cette version encore plus épurée que l’originale (qui est déjà le titre le moins punchy de l’album). On est ici à deux doigts de sombrer dans le sommeil quand même, voilà un remix assez anecdotique au final.
  • « Knife Prty (Purity Ring Remix) » : nous y voilà… Comme je le laissais comprendre un peu plus haut, j’adore cette nouvelle version de « Knife Prty » signée par les talentueux canadiens de Purity Ring. Le duo s’approprie magnifiquement ce titre en proposant des ajouts électroniques immédiatement reconnaissables, et c’est aussi le cas pour les vocaux ajoutés de Megan qui viennent donner la réplique à Chino sur le refrain. Un énorme coup de cœur pour ce remix qui est génial, et qui est évidemment de loin le plus réussi de l’album.
  • « Korea » (Trevor Jackson Remix) » : Alors je ne connais pas Trevor Jackson mais son remix est étonnant dans le sens où c’est probablement celui qui s’éloigne le plus du morceau original, proprement méconnaissable. Ce morceau en lui-même est plutôt agréable, une techno tonique mais atmosphérique, mais on peut se demander si l’ami Trevor n’est pas tout de même passé un peu à côté de l’exercice.
  • « Passenger » (Mike Shinoda Remix) : le copain du regretté Chester Bennington dans Linkin Park propose un remix plutôt réussi du duo Deftones/Maynard Keenan, en ne s’éloignant pas trop de la dynamique de l’original tout en y mettant tout de même sa patte. Plutôt dans le haut du panier des remixes de l’album.
  • « Change (in the House of Flies) ( Tourist Remix) » : le DJ anglais Tourist qui a déjà œuvré sur pas mal de remixes pour des artistes comme Christine & the Queens ou Chvrches, propose une réinterprétation de « Change » très éloignée là aussi de l’originale avec quelques boucles assez rapides plutôt étonnantes sur lesquelles viennent se poser des « change.. » susurrés par Chino, le reste de ces vocaux étant placé à la toute fin du morceau. Pas du tout désagréable à défaut d’être vraiment marquant.
  • « Pink Maggit (Squarepusher Remix) » : L’ultra sombre conclusion de l’album est reprise par le multi-instrumentiste anglais Squarepusher qui en propose une version assez intéressante, déformation, triturage de la version originale, qui reste néanmoins reconnaissable. Les vocaux déformés de Chino au début sont peut-être un peu too much mais heureusement ils redeviennent eux-mêmes à mesure que le morceau progresse. 10 minutes est peut-être un beaucoup, c’est d’ailleurs encore 3 minutes de plus que l’original des américains, mais on ne peut pas nier l’effort d’appropriation du britannique.

Un bilan plutôt mitigé au final, et cet album de remixes, hormis quelques petites tueries (les remixes de Purity Ring et Blanck Mass en gros) tout de même, est surtout à prendre comme une petite surprise pour les fans et en effet un bonus intéressant. Evidemment on n’y reviendra pas aussi souvent que sur l’album original qui, ça tombe bien, n’a pas pris une ride et reste absolument magistral et essentiel 20 ans après.

Tracklist :
01. Feiticeira (Clams Casino remix)
02. Digital Bath (DJ Shadow remix)
03. Elite (Blanck Mass remix)
04. Rx Queen (Salva remix)
05. Street Carp (Phantogram remix)
06. Teenager (Robert Smith remix)
07. Knife Prty (Purity Ring remix)
08. Korea (Trevor Jackson remix)
09. Passenger (Mike Shinoda remix)
10. Change (In the House of Flies) (Tourist remix)
11. Pink Maggit (Squarepusher remix)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. jonben jonben says:

    Deftones sans guitares avec la batterie remplacée par une boite a rythme, toute la sève quoi… Anecdotique.

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