Déjà affublés d’un patronyme compliqué (mais qui lui sied à merveille!), les néo-zélandais ont donc pris le parti de compliquer la vie des chroniqueurs et de leurs auditeurs en choisissant un nom interminable pour leur 5ème album sorti en octobre de cette année.
Leur précédent disque Rejecting Obliteration, sorti il y a un peu plus de 2 ans avait déjà emporté notre adhésion, et j’étais fort curieux de voir ce qu’allaient nous proposer les all-blacks cette année. Pas de déception à l’horizon comme vous pouvez déjà le constater, et pour cause : ce nouvel album est carrément un bon (gros) cran au-dessus du précédent. Il semble améliorer et parfaire pour ainsi dire tout ce qui était déjà très bien fait sur son grand-frère de 2023. Au point d’ailleurs que malgré une année 2025 encore impressionnante en sorties de qualité (avec même plus précisément, une rentrée septembre/octobre assez phénoménale où l’on ne sait plus où donner de l’oreille), ce nouvel album de BALTTW parvient quand même à sortir du lot et à s’imposer sans mal comme l’une des sorties phares du moment.
Le groupe, sûr de son fait et de ses forces ouvre d’ailleurs l’album avec audace, en commençant par « Arrows of Golden Light », son morceau le plus long, un titre de 8min31, qui ne contient quasiment pas d’éléments caractéristiques de certains démarrages superfétatoires : on se donne juste le temps de prendre une grande inspiration avec une petite mélodie inquiétante à la guitare sèche (qu’on retrouvera à 6 minutes et des brouettes pour la petite parenthèse mélodique bienvenue) et après une minute et 20 secondes c’est (déjà) parti pour la branlée et les sensations fortes qui seront présentes jusqu’à la fin du disque quasiment sans temps mort : même si les titres ne forment pas à proprement parler un tout, ils s’enchaînent en effet à toute vitesse, pratiquement sans la moindre pause (sans le moindre répit même pourrait-on dire, à l’exception de l’interlude « Snow Angel » qui passe en un éclair et constitue à peine une respiration avant que le passage à tabac ne reprenne, ou de ce passage spatial/planant de quelques secondes sur « Totem »), ceci contribuant à entraîner l’auditeur dans la folie tourbillonnante qui caractérise la musique du groupe (et que la pochette illustre également très bien).
L’album contient toujours son lot de dissonances réminiscentes de leurs compatriotes de Ulcerate, (voire même de Deathspell Omega – cf « Red ») mais BALTTW est globalement beaucoup plus frondeur et oserais-je dire moins monotone que ces premiers. Et surtout on envoie vraiment la purée chez BALTTW et on balance son lot de passages accrocheurs et mémorables qui surgissent d’un coup pour prendre possession de l’espace avec une autorité impressionnante (la fin du morceau titre quand le chanteur scande le titre du morceau et de l’album est de ceux-là). Avec en prime des arrangements discrets (un synthé qui en fait juste assez, tendez l’oreille il est souvent présent) d’une grande efficacité et qui permettent souvent de proposer une diversion bienvenue pour éviter que l’auditeur ne succombe sous la violence sourde du groupe (le synthé puis la guitare claire sur le monstrueux « Cafuné » par exemple et même sur le démarrage de « Red » juste après).
On s’en voudrait également de ne pas louer, outre les compétences techniques de la troupe entière (de la guitare à la batterie) les compétences du chanteur du groupe Stace Fifield plus sauvage et impressionnant que jamais alors que son registre reste quasiment exclusivement un registre death growlé, avec tout de même quelques nuances ponctuelles appréciables : quelques cris à la limite du shriek black ici (« Cafuné »), quelques passages scandés là (cf le morceau titre ou « Black Orchids »), voire également des passages « parlés » sur la fin de l’album (cf « Totem » en mode Dephosphorus un peu).
Au rayon des petits surprises ou si l’on mentionne les éléments venant apporter encore davantage de variété à l’album on ne pourra pas ne pas évoquer le chant féminin sur le dernier titre « Coalescence », qui vient contrebalancer à partir de la moitié du titre les assauts de Stace et apporter un brin de mélancolie vénéneuse (un peu à la Chelsea Wolfe avec Converge sur Bloodmoon) après la furie dévastatrice qui aura présidé les débats plus de 40 minutes durant.
L’auditeur masochiste que l’on est ressort de cette folie auditive (qui narre d’ailleurs l’histoire d’un homme sombrant dans la folie, pas très original mais ô combien adapté) essoré mais étonnament ravi, et sans même s’en rendre compte l’album se retrouve à tourner en boucle après les quelques écoutes nécessaires l’apprivoiser (tâche beaucoup plus aisée qu’il n’y paraît de prime abord tant il y a toujours deci delà un passage suffisamment accrocheur pour aguicher l’oreille).
Faut-il réellement encore conclure cette chronique et asséner l’évidence ? The Hardest Thing about Being God is that No One Believes Me est rien de moins qu’une méga claque et un album phénoménal qui devrait ravir les amateurs de death technique progressif et moderne.
Tracklist :
01 – Arrows of Golden Light
02 – Cafuné
03 – Red
04 – Compulsion
05 – The Hardest Thing about Being God is that No One Believes Me
06 – Snow Angel
07 – Black Orchids
08 – Totem
09 – 600 Milligrams
10 – Coalescence
Blindfolded And Led To The Woods
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