Texte et photos : Moonlight / Article initialement publié sur Moonlight Stories et reproduit sur Eklektik Rock avec l’accord de son auteur.
De retour pour ma deuxième fois en ces terres bretonnes. La sécheresse exceptionnelle, les canicules répétées et les Vieilles Charrues ayant eu lieu quelques semaines avant sur ces mêmes terres font que de verdure, jamais nous ne verrons. Dès les premiers instants du festival, on a vraiment l’impression d’être à la dernière journée d’un festival habituel.
La poussière sera donc de mise. Tout le temps. Intensément. Le moindre pas faisant décoller un mini-panache de poussière, les milliers de festivaliers et les pogos, circle pits et Walls of Death n’arrangeront rien, donnant à ce festival une ambiance visuellement plutôt sympathique, mais au niveau pulmonaire, un poil compliquée.
Petit point météo : un jeudi très chaud et éreintant, annoncé à 34 °C avec un ressenti à 48. Les corps sont usés par les canicules et un été intense. Passée cette journée, le reste a été parfait. Tout simplement.
De petits désagréments donc, pour un grand festival qui a fait plaisir par son organisation, ses deux scènes sous tente, ses deux main stages comme l’année précédente et ses multiples points de restauration, tous plus attirants les uns que les autres, malgré des tarifs qui en profitaient parfois un peu trop.
Les avis qui vont suivre sont bien entendu altérés par des ressentis tout à fait personnels, l’ambiance, le taux d’alcool, la fatigue, l’état du moment. On peut essayer d’être objectif, mais c’est mission impossible et de toute façon je préfère garder « mes » souvenirs de ce fest, chacun faisant les siens, bien entendu. D’autant que tout cela est écrit quelques semaines plus tard.

Jeudi 13 août
Première journée qui commence après 15 h, pour laisser le monde arriver tranquillement. C’est toujours une bonne idée. Ceux qui arrivent doivent s’organiser et se speeder, ceux qui sont arrivés la veille doivent reprendre leurs esprits. L’éclipse a été fêtée comme il se doit. Logique. Mais là, ce sont les neurones qui se sont éclipsés. Pour quatre jours pleins.

Fauxx
On commence le festival par un concert sous cette scène couverte, et elle est magnifique, il faut bien le dire. Le duo officie dans une sorte de metal dark, noisy, electro-indus. Quoi qu’il en soit, le batteur est au centre de ces excellents morceaux : carré, puissant et très clair. Parfait. Tout cela agrémenté de vocaux venus d’ailleurs, de nappes synthétiques et de samples qui entourent ces rythmiques qui démarrent bien cette journée.
J’avais beaucoup aimé les deux albums du groupe, le dernier arrivant probablement à surpasser le premier, et force est de constater que sur scène c’est une valeur sûre. À revoir et à suivre de près.
Bruce Dickinscène · 15 h 15–16 h 00 · metal industriel / darksynth

200 Stab Wounds
Passage sur 200 Stab Wounds, qui ne me convainc pas vraiment sur scène, surtout sur une Main Stage. Pas forcément leur place et pas la meilleure mise en valeur de leur musique, que j’avais pourtant appréciée sur album.
La journée étant vraiment caniculaire, ce n’est pas simple d’enchaîner et de faire des concerts en extérieur.
Supositor Stage · 16 h 05–16 h 45 · death metal old school
Sanguisugabogg
De loin, je suis donc Sanguisugabogg. Une fois de plus, sur une telle scène, ce n’est pas le meilleur endroit. Et il faut bien dire aussi que la hype autour du groupe est largement plus énorme que la qualité de leur musique en live. Autant il y a de bonnes choses dans leurs albums, autant les lives sont de simples concerts sans vraiment rien de plus.
Supositor Stage · 17 h 55–18 h 45 · death metal brutal / slam
Kittie
Autant le son n’est pas au top, autant je trouve les Canadiennes très impliquées dans leur prestation. On est un peu dans un instant nostalgie du néo des débuts 2000. Avec d’excellents morceaux, dont certains sont devenus de véritables tubes, le groupe envoie : efficace, direct, mélodique.
Est-ce que ça plaît aux néophytes ? Je ne saurais dire. Les connaisseurs sont en tout cas ravis de pouvoir les revoir dans de bonnes conditions, même si grosse scène en pleine journée…
Dave Mustage · 18 h 50–19 h 50 · nu metal / metal alternatif


Bloodbath
Un petit tour sur Bloodbath, qui pâtit lui aussi d’une grosse scène en pleine journée. Comment instaurer l’ambiance qu’ils méritent ? Toute la question est là. Du coup on n’arrive pas vraiment à accrocher, encore moins à rester en plein cagnard.
Supositor Stage · 19 h 50–20 h 50 · death metal
Godsmack
Voici donc venu un des gros groupes du festival. Et oui, avec le coucher de soleil, les lights qui commencent à être efficaces, la mise en scène du groupe — la deuxième batterie qui arrive, le combat rythmique qui s’ensuit, etc. — tout est là. Oui c’est cool, mais… la sauce ne prend pas.
Une fois de plus, Godsmack en live, ce n’est pas la claque que l’on attend. Si on n’aime pas sur album, c’est clair qu’il faut passer son chemin. Si on aime sur album… on se rend compte que c’est beaucoup moins percutant en live. Et pourtant ce n’est pas le niveau technique qui vient déranger les musiciens, leur musique étant relativement « simple », sans fioritures. Mais voilà, on attend à chaque fois que le niveau s’élève et, au fur et à mesure des morceaux, on se rend bien compte que ce ne sera pas le cas, même avec les tubes.
Donc un concert honorable. Et c’est tout. Ce qui est finalement assez faible au vu de l’ensemble des performances des groupes du festival.
Dave Mustage · 20 h 55–22 h 05 · metal alternatif / hard rock



Amenra
J’avais pu voir le groupe maintes fois dans les années 2010, dans de petites et moyennes salles. Soudain la gloire leur est tombée dessus, ils en ont profité et j’ai lâché le groupe et leur musique à ce moment-là. Sans véritable raison.
Ça fait du bien de les revoir ici, sous la tente, dans d’assez bonnes conditions. Une tente très remplie en tout cas, c’est qu’ils sont attendus. Le chanteur, souvent dos au public, ne l’est plus forcément systématiquement. Pas que je veuille voir sa tronche mais bon…
Le public ne facilite pas l’implication personnelle nécessaire pour rentrer dans le trip musical. Et bon, c’est un festival, on ne peut pas trop leur en vouloir non plus. Mais ça papote, ça se balade, etc., alors que c’est plutôt une musique dont on veut profiter « dans sa bulle ». Bon concert en tout cas.
Massey Ferguscène · 22 h 10–23 h 10 · post-metal / sludge
Primus
Voilà donc un très gros morceau. Et comment leur musique déjantée va-t-elle rendre sur scène, sur un festival metal, en tête d’affiche ? Eh bien ma foi, ce fut excellent.
Un son énorme. Bien sûr la basse est très présente, bien sûr la voix est déjantée, les morceaux avec. Masterclass tout simplement, avec un excellent light show. Voilà bien un concert que j’aimerais revoir en salle tiens.
Très propre, très classe, fou. Et l’assistance est énorme, tout le monde présent au festival doit être là ou presque.
Dave Mustage · 23 h 15–00 h 25 · funk metal / rock alternatif


Oomph!
Pas facile de jouer tardivement. Bon, je balance direct : pire concert du fest, et pire concert du groupe.
Je suis fan de ce groupe depuis le milieu des années 90, autant dire que je les ai suivis sur leurs différentes périodes. Ouais, le départ de Dero a fait un choc quand même. Le nouveau chanteur avait pourtant assuré, j’avais eu l’occasion de les voir déjà, et vocalement c’est en place : c’est un remplacement de chanteur qui, en termes musicaux, est validé. Certes.
Mais le charisme de Dero était quand même une grande partie du groupe et là, ce nouveau chanteur ne lui arrive pas à la cheville. C’est triste à constater. Cependant, ce soir, plusieurs problématiques font qu’on en arrive à ce désastre — à mes yeux en tout cas.
Le groupe doit jouer sur un festival metal, ce qui n’est probablement pas leur public favori, eux qui sont plutôt habitués aux assistances gothiques et assimilées. Leur musique est un poil en décalage, un peu trop pop et gentille ? Peut-être. Mais ce n’est pas la seule chose. Le public est clairsemé. Bah ouais, il est tard aussi.
Et le chanteur est à la rue, ce qui fait que le concert devient compliqué, avec en plus quelques problèmes techniques, dont un micro qui fait des siennes et finit par lâcher en plein morceau. Voilà comment un concert peut se transformer en un long supplice, pour quelqu’un qui apprécie le groupe, et probablement pour le groupe lui-même. Pas sûr qu’ils gardent un bon souvenir de cette soirée-là. Pas moi en tout cas.
Massey Ferguscène · 00 h 30–01 h 30 · Neue Deutsche Härte / metal industriel
Bonne première journée, assez light, ce n’était clairement pas un marathon. Content d’avoir pu survivre à cette chaleur intense, les prochains jours étant prévus beaucoup plus supportables et normaux.

Vendredi 14 août

Démarrage costaud avec Cage Fight.
Cage Fight
Ça ne laisse personne de côté. Ça tabasse, c’est bien foutu, la frontgirl est stylée et surtout ultra-efficace et impressionnante. Bonne découverte live d’un groupe que je ne connaissais pas.
Dave Mustage · 14 h 15–14 h 55 · hardcore / crossover thrash / metalcore
Urne
J’en vois une partie sur le côté et, très peu connaisseur du groupe, j’arrive quand même à entrer dans leur trip. Puissant, efficace. Je ne pourrais pas en dire beaucoup plus. À creuser en tout cas.
Massey Ferguscène · 15 h 00–15 h 40 · sludge / thrash / metal progressif
Hellripper
Un speed/thrash/black bien efficace. Le groupe fait penser, dans le visuel et dans l’esprit, au Metallica des débuts. Imparable. Et ça fait tellement plaisir de voir cette fougue, cette rage.
Bonne exécution alors même qu’on est en plein jour. À creuser et à revoir dans de bonnes conditions, avec une mise en valeur correcte. Bonne surprise.
Dave Mustage · 15 h 45–16 h 30 · speed / thrash / black metal
Hrafngrimr
Totale découverte en direct pour ma part. On part sur un trip mystique, où les mots vont être compliqués ou nombreux pour tenter d’expliquer ce voyage musical. Français aux influences nordiques, folk pagan, multiples instruments, mise en valeur scénique, etc.
Voilà un concert qui emmène en voyage. Sous la tente, c’est juste parfait. Belle surprise.
Bruce Dickinscène · 17 h 25–18 h 10 · dark pagan / folk nordique
Coroner
Le groupe a fait son retour avec un excellent album. Certains, comme moi, ont découvert le groupe avec ce nouvel album — et les raisons sont obscures. Pourquoi n’avais-je jamais écouté ou accroché au groupe avant ça ? Je me pose encore la question.
Et ce live est donc très suivi. Il y a masse de monde, c’est très propre, très carré, comme ce que l’on pouvait espérer des Suisses à vrai dire. Pas mal de morceaux de leur dernier méfait. Parfait donc.
Une belle heure de concert, ou presque, qui ne donne qu’une envie : aller revoir le groupe en salle lors de leur tournée qui arrive très prochainement dans nos contrées. Ne les ratez pas, au bout d’un moment il sera véritablement trop tard. Je m’y mets déjà trente ans après…
Supositor Stage · 18 h 15–19 h 05 · thrash metal technique / progressif
Lord Of The Lost
Ah, voilà un groupe qui dénote sur l’affiche du Motoc. C’est loin d’être n’importe qui ! Les plus fins observateurs savent que le groupe est passé à l’Eurovision, représentant l’Allemagne. Rien que ça.
On est dans un glam rock goth indus, pour faire court. Groupe ultra-travaillé, et qui doit effectivement travailler comme des fous. Ils sortent des disques à un rythme impressionnant et, depuis quelques années, leur popularité a explosé avec des albums vraiment qualitatifs. Leur succès est assez mérité et, pendant ce succès, ils ont réussi à continuer à sortir d’excellentes choses. Des stakhanovistes du glam indus.
Mais en live ? Première fois que je les vois, et j’ai été bluffé. Excellente prestation, et surtout excellent light show alors même qu’on est sur une Main Stage en plein jour. Ils ont réussi à poser une ambiance, et leur dynamisme et leur professionnalisme ont fait le reste. Le public a bien répondu et cela en a fait l’un des gros concerts surprises.
Dave Mustage · 19 h 10–20 h 00 · gothic metal / metal industriel
Unleashed
On passe ensuite à ces légendes du death old-school, et ils déroulent leur savoir-faire, peut-être un peu trop tranquillement. Bon concert sans plus.
Supositor Stage · 20 h 05–20 h 55 · death metal suédois


Mass Hysteria
Alors là, il y a masse de monde à ce concert. On a un peu l’impression que tout le festival est présent. Du coup, dès les premières notes, ça slamme de partout, de l’arrière, on aide, on aide… et on se retrouve dans le pit. Bon OK, pour une fois je voulais éviter. Raté.
Et oui, la poussière empêche quand même pas mal de respirer convenablement. C’est fou. Grosse grosse ambiance, positive attitude, mais une setlist qui me laisse quand même largement sur ma faim cette fois. Un des gros concerts du week-end, pour l’ambiance !
Dave Mustage · 21 h 00–22 h 00 · metal industriel / metal alternatif
Emperor
Dur d’enchaîner quelques secondes plus tard avec ce cultissime groupe de black. Et comment dire… je me demande encore, plusieurs semaines après, ce que j’ai pensé de ce concert.
C’est net, c’est propre, ça joue. Oui mais. Oui mais il n’y a aucune folie, aucun danger… Difficile à dire, mais pour du black c’est très, trop propre. Et puis, même si la nuit est tombée, ça reste une scène de plein air et ce n’est pas l’idéal.
J’en vois la moitié. Je suis tiraillé car je veux voir Paradise Lost qui joue au même moment. Quel raté de l’organisation, car la plupart des fans de l’un sont probablement fans de l’autre aussi… Toujours est-il que je suis content d’avoir pu voir cette moitié de concert, mais que ça ne reste pas inoubliable, et que je préfère cette perfection sur album.
Supositor Stage · 22 h 05–23 h 05 · black metal symphonique
Paradise Lost
J’avais quitté le groupe il y a quelques années avec un concert au Trabendo qui m’avait clairement déçu à plusieurs niveaux. Oui mais le groupe sait toujours se renouveler, changer un peu sa sauce, et le dernier album est quand même pas mal du tout.
D’autant que le groupe joue sous la Massey. Alors je rate la moitié à cause d’Emperor… J’arrive pour la reprise de Smalltown Boy de Bronski Beat et ne vois que les trois derniers morceaux. Et là, je suis impressionné par la prestation : gros son très propre qui envoie en pleine gueule, tout simplement, et qui me fait terriblement regretter de ne pas avoir été là depuis le début et que le concert ne soit pas beaucoup plus long.
Très bon concert donc.
Massey Ferguscène · 22 h 05–23 h 05 · gothic metal / doom metal

Master Boot Record
Disons-le d’emblée : concert du festival. Ou presque. Encore indécis au moment d’écrire ces lignes.
Mais que ça fait du bien de voir un concert de cette ampleur ! J’avais vu le groupe — ou le gars accompagné de ses musiciens — en 2019 au Gibus, et c’était d’un tout autre niveau. J’ai suivi le groupe depuis ses débuts ou presque et toujours accroché à ce délire. Très cool sur album… là, en live, ce fut proche du génie.
En fond, des jeux vidéo d’un autre temps. Plaisir de geeks, et il y en avait masse sous la Bruce Dickinscène. Pendant plus d’une heure les morceaux défilent, ça shred à mort, ça kiffe via les jeux vidéo, et la synchro est assez cool.
Énorme concert, tous les gens présents se sont pris une claque et ce fut une prestation magistrale, tout simplement. Bravo. Merci.
Bruce Dickinscène · 23 h 00–00 h 10 · metal électronique / synthwave / chiptune
Alcest
Un petit tour sur Alcest, et la tente est bien remplie. C’est propre, c’est bien foutu, mais j’ai du mal à accrocher à ça à ce moment de la soirée déjà avancée. J’aime le groupe sur album, etc., mais pour apprécier en concert ce n’est pas si simple, encore moins en festival. Je décroche assez rapidement malheureusement…
Massey Ferguscène · 00 h 15–01 h 15 · blackgaze / post-metal / shoegaze
Darkened Nocturn Slaughtercult
À ce moment-là, il est tard, il fait nuit et la motivation a du mal à rester, mais la curiosité me fait encore son coup : allons-y voir ce que donne ce groupe dont je n’ai jamais entendu parler.
Très peu de monde devant cette Main Stage à ce moment-là, c’est très très clairsemé. Et pourtant sur scène, visuellement et musicalement, on est envoûté par la musique du groupe. Sans connaître, ils arrivent à me happer et à m’intéresser, ce qui n’est pas si simple au vu de l’originalité de ce qu’ils proposent.
Hallucinant, bravo à eux. Un concert bien cool ma foi, belle découverte.
Supositor Stage · 00 h 15–01 h 15 · black metal


Filth
Je commence le concert, mais j’avoue que je ne tiens pas une seule minute. L’arrivée des gars, le son, tout m’a fait partir d’emblée. Pas ma came du tout, je ne peux pas apprécier ça, je passe mon tour.
Dave Mustage · 01 h 20–02 h 20 · deathcore / hardcore
Eiwhar
Allons donc voir ce groupe qui m’attire beaucoup plus sur le papier. Et là, relative déception.
Une femme, avec sa tenue de scène, danse sur la musique du mec derrière ses samples… et c’est tout. Moi qui appréciais le dernier album et qui m’étais fait tout un délire dans ma tête, à imaginer un groupe nombreux proposant un voyage, etc., à la manière de Wardruna par exemple… là non. Le récit live de leur musique me laisse totalement froid et je préfère même rapidement m’éclipser, bien malgré moi.
Bruce Dickinscène · 01 h 20–02 h 20 · electro-folk nordique / pagan folk
Une belle journée malgré tout, avec les valeurs sûres, les surprises et les déceptions. Douze heures sur le site quand même… ça en fait quelques concerts.
Samedi 15 août

Arrivée tardive sur le festival, mais volontaire.
Bruit<
Je ne connais pas vraiment le groupe et leur post-rock semble certes très bien foutu, mais malheureusement pas idéal pour démarrer une grosse journée au ciel bleu, avec un soleil qui tabasse déjà pas mal. Je ne peux pas d’emblée tomber dans leur musique. Dommage pour moi.
Massey Ferguscène · 15 h 00–15 h 40 · post-rock / néoclassique / expérimental
Sidilarsen
Enchaînement avec ce groupe que j’ai, par le passé, vraiment beaucoup apprécié. Pour le coup, ce jour-là, dans ces conditions, je n’ai pas kiffé. Je suis passé totalement à côté alors que je connais tous les morceaux et que ce groupe en live a pour habitude de donner de très bonnes prestations. Oui mais pas pour moi ce jour. Dommage.
Dave Mustage · 15 h 45–16 h 30 · metal industriel / electro-rock
Hollow Jan
J’erre dans le festival et je vais à ce concert pour rejoindre des amis. Je ne connais absolument pas le groupe et force est de constater qu’ils ont su me happer.
Il y a pas mal de monde dans la tente, le groupe a ses assistants qui filment les musiciens sur scène, le public, etc., comme s’ils réalisaient un clip live en même temps. Ça peut être un poil gênant en vrai. Les gars ont l’air hyper contents d’être présents, et cette positivité se transmet au public.
Ça joue bien et ça me surprend… va falloir que je creuse un peu ce groupe. Très bon concert !
Massey Ferguscène · 16 h 35–17 h 20 · post-rock / post-hardcore / screamo
Múr
Bon, j’attends… et plus j’attends le début du concert, plus je me dis que ça va être compliqué. Le chanteur ayant une guitare-synthé, je pensais que ça n’existait plus depuis la fin des années 80. Et ça me bloque.
Dès les premiers instants du groupe, je n’arrive pas à entrer dedans et je sais que cet instrument va me bloquer. C’est très con, c’est ainsi. Non mais ce n’est pas possible, faut être sérieux cinq minutes les gars quand même. Merde.
Massey Ferguscène · 18 h 15–19 h 05 · metal progressif / post-metal
Slift
On ne peut plus parler de « valeur montante ». Là ils sont quasi au sommet, encensés de partout, et il faut bien dire qu’ils ont encore livré un gros et bel album avec Fantasia, leur tout dernier album en date.
On pensait venir kiffer tranquillou ce concert et au final on voit des slams un peu partout, un mignon petit pogo, etc., sous la poussière comme d’habitude, bien entendu. On ne s’attendait pas à une telle ambiance et il faut dire que ça a élevé le niveau de ce concert d’un cran.
Et ça se positionne comme concert marquant du fest, directement. Encore une claque de ce groupe, mais on ne s’étonne même plus de cela. À revoir très vite en salle, ne les ratez surtout pas !
Massey Ferguscène · 20 h 05–20 h 55 · rock psychédélique / space rock / heavy psych






Eisbrecher
Étonnamment, le metal martial mais teinté de pop de ce groupe arrive encore à séduire les foules, le charisme de son chanteur n’y étant pas pour rien.
Ça fait plusieurs fois que je vois le groupe, les ayant suivis depuis bien longtemps, mais leur explosion récente dans l’Hexagone est quand même toujours surprenante pour moi. Et le groupe le mérite, et sait jouer avec son public.
Bon concert, mais on est encore loin du niveau de l’Élysée Montmartre il y a quelques mois à peine. Ach, ça fait du bien.
Dave Mustage · 21 h 00–22 h 00 · Neue Deutsche Härte / metal industriel



Nevermore
Gros gros morceau que j’attendais. Peut-être LE concert du festival que j’attendais.
Bon, je ne vais pas refaire toute l’histoire, mais son chanteur, Warrel Dane, est mort en 2017. Et jusqu’à il n’y a pas si longtemps que cela, on ne pensait pas pouvoir revoir ce groupe en live… Jusqu’à voir une vidéo d’un gars qui chante de manière hallucinante.
Berzan Önen est un Turc au physique impressionnant, l’antithèse visuelle de Warrel, et pourtant copie conforme vocale. Alors oui, ce fut un kiff du début à la fin. Entendre tous ces morceaux, entendre cette voix. Tout est parfait, on se prend du Nevermore en pleine gueule et ça fait tellement de bien quand on connaît chaque note, chaque riff, chaque parole — bon, ça c’est plutôt en yaourt certes, mais bon.
Un vrai plaisir, surtout pour les fans, il faut le dire. Est-ce que des gens peuvent être séduits aujourd’hui par leur musique ? Rien n’est moins sûr. Mais toute personne de bon goût connaît forcément le groupe et ses albums par cœur, y a rien à dire de plus.
Supositor Stage · 22 h 15–23 h 05 · metal progressif / thrash / power metal


Within Temptation
Alors j’en ai vu les quelques premiers morceaux. J’étais assez bien positionné, mais le côté stoïque de la foule venue en masse m’a un peu refroidi. J’aurais tellement voulu voir une belle ambiance, une communion face à cette musique enchanteresse que le groupe propose et qui plaît tant à ses fans.
Magnifique décorum, magnifique robe, bonne prestation d’emblée. Mais je décroche et je m’en veux, c’est ainsi et je dois m’éclipser bien malgré moi.
Dave Mustage · 23 h 00–00 h 10 · metal symphonique
Sierra Veins
Pour avoir vu Sierra quelques fois, je savais qu’on allait passer un bon moment. Mais je ne savais pas que j’allais me faire surprendre à ce point. Gros gros concert, excellent à tous les niveaux.
Là où je pouvais lui reprocher d’être un peu trop statique par le passé, avec un manque de théâtralité scénique, tout ça… eh bien c’est comme si elle avait écouté les conseils — que je ne lui ai pourtant jamais donnés. Là ce fut juste parfait.
Du début à la fin, on s’est pris les morceaux en pleine tête et on en redemanderait encore et encore. À cette heure de la nuit, c’est ce qu’il fallait pour réveiller et faire danser le public. Une heure de show, du son plein les oreilles, on a pris notre dose de lights, de son, de kiff pour passer une belle nuit, assurément.
À tel point qu’après ça je n’avais plus le courage de continuer — il était certes 1 h 30… Ça m’a rincé. Merci et bravo pour ce set qui est dans le top des concerts du festival !
Massey Ferguscène · 00 h 25–01 h 25 · darksynth / synthwave / darkwave
Dimanche 16 août

Internal Bleeding
Je pensais que c’étaient des vétérans du death et finalement, il y a des gars dans la trentaine, ce qui me surprend assez car un des albums que j’avais beaucoup aimé date de 1997. Bon, le line-up a dû pas mal bouger, un des gars — à la batterie — étant même décédé en 2017…
Bref, je n’ai pas retrouvé en live ce que j’appréciais chez eux, du coup je zappe assez rapidement. Une fois de plus, ce groupe sur la Main Stage sous le cagnard, ça n’aide pas.
Supositor Stage · 12 h 25–13 h 05 · slam death metal / brutal death
Eyes
Direction découverte totale de ce groupe en allant rejoindre des potes, et excellent concert ma foi. Possédé, le chanteur assure et impressionne. Très bonne surprise, et j’aurai probablement l’occasion de les revoir en live d’ici la fin de l’année. Je vais creuser un peu ça.
Massey Ferguscène · 12 h 25–13 h 05 · hardcore chaotique / noise rock
Modder
Sorte de post-metal instrumental belge. Ça envoie du lourd, très lourd. Le bassiste est en mode bien énervé et harangue la foule comme il faut.
J’avais découvert le groupe il y a quelques mois et j’étais bien content de les voir annoncés sur cette affiche du Motoc. Ils ont fait forte impression pour leur premier concert sur le territoire français — mais la Bretagne est-elle en France ? À suivre de près et à revoir dès que possible, ça c’est sûr !
Bruce Dickinscène · 13 h 05–13 h 45 · sludge / doom instrumental



Red Sun Atacama
J’ai pris le concert en cours de route et je dois bien avouer que je ne suis pas entré dans le trip comme il l’aurait fallu, donc je passe mon tour et zappe pour la suite.
Bruce Dickinscène · 14 h 30–15 h 10 · stoner rock / desert rock
Pain Magazine
Des membres de Birds In Row dans un projet étrange, sorte de post-punk… et c’est très bien foutu. J’avais bien aimé leur album et ce live confirme donc tout cela, et demande qu’on s’y replonge et qu’on les revoie un de ces quatre. Très bon concert.
Massey Ferguscène · 15 h 15–16 h 00 · post-hardcore / techno industrielle
Wormsand
Alors j’aime beaucoup ce groupe et ils font d’excellentes prestations live. Et c’est une fois de plus le cas. Par contre, je connais tous les morceaux par cœur à force de les avoir vus et écoutés sur album, et j’aimerais un peu de nouveau son.
C’est peut-être le seul reproche que l’on pourrait faire, car le trio donne tout, c’est énergique et massif. Du grand art.
Bruce Dickinscène · 16 h 05–16 h 50 · stoner / sludge metal
Castle Rat
Alors là on tombe dans le mystique. Oui, on savait où on allait. Ouais, on savait que ça allait être bien sous cette tente. Il y a du monde, on est bien placés, le show commence.
Et comment décrire cette heure de concert ? On est transportés ailleurs. La musique enchante, la scénographie se met doucement en place, et je ne dévoilerai rien ici. Juste que l’on est dans une sorte de secte, totalement happés par le mélange de kitsch, de mystique et de doom épique.
Une fin grandiose, une montée transcendantale qui nous laisse dans un autre monde. Et dire qu’on est aux débuts de ce groupe, dont la hype ne cesse de grandir… Hâte de voir la suite et surtout de les revoir dans d’aussi bonnes conditions — on y travaille.
On tient là une prestation qui entre directement dans le top 3 et, qui sait, peut-être encore plus haut une fois l’heure du verdict arrivée.
Bruce Dickinscène · 17 h 50–18 h 40 · doom metal / heavy psych



Voivod
J’ai eu une période fan de Negatron et Phobos, qui ne sont pas les albums qui représentent le mieux ce groupe. Et le reste ne me parle pas trop, alors évidemment c’est ce qu’ils jouent ce jour-là. Donc je passe mon chemin. Faudrait que je me replonge dans ces deux merveilleux albums des années 90.
Massey Ferguscène · 18 h 45–19 h 35 · thrash metal progressif / avant-garde
Monkeys On Mars
La rumeur se voulait insistante en disant que Monkeys On Mars ferait un show avec ses morceaux et des nouveaux créés à la demande du festival.
Au final, on a Mars Red Sky où Monkey3 vient s’incruster, puis du Monkeys On Mars, puis Monkey3 où Mars Red Sky vient s’incruster. Et ça reste beau, grandiose.
Même si on sent qu’ils sont toujours dans une certaine retenue et qu’on aimerait qu’ils se lâchent davantage lorsqu’ils sont tous ensemble. Mais ça ne doit clairement pas être aussi simple, au vu du talent de tous ces musiciens et du contrôle qu’ils ont sur leur propre musique. Très bon moment tout de même.
Bruce Dickinscène · 19 h 40–20 h 40 · heavy psych / space rock / stoner progressif

Deafheaven
Je passe rapidement devant, et ça sent vraiment pas mal du tout, mais je ne suis pas dans le bon « mood » pour m’attaquer à ça à cet instant précis. C’est que parfois, ce n’est pas si simple d’enchaîner les concerts et les ambiances différentes…
Massey Ferguscène · 20 h 45–21 h 35 · blackgaze / post-metal
Nervosa
Un petit tour et ça envoie du lourd, bien entendu. Elles tiennent bien leur Main Stage, beau remplacement de quasi-dernière minute de Vader. C’est efficace, ça fait plaisir de les voir là avec cette énergie.
Supositor Stage · 20 h 45–21 h 35 · thrash / death metal

Judas Priest
J’en vois une demi-heure de show, le temps de constater que le groupe envoie ce qu’il sait faire : une bonne grosse dose de heavy metal comme on aime. Bien sûr des classiques un peu partout, bien sûr une foule immense qui vient là soit en fan, soit en curieux.
Rob Halford, toujours classieux, chante plutôt pas mal encore. Mieux qu’il y a quelques années, j’ai l’impression. Je suis en train de lire sa biographie, que je recommande chaudement d’ailleurs… grands moments !
Un show avec des écrans en fond, bien maîtrisé. Bon, je ne reste pas l’intégralité, j’en ai vu une petite dose comme souhaité.
Dave Mustage · 21 h 40–23 h 10 · heavy metal



Coltaine
Je ne connaissais pas et c’est intéressant. La tente est plutôt clairsemée. La chanteuse assure, mais chouine beaucoup. Alors ça rend plutôt bien, etc., mais je sais que je ne supporterais pas de les voir plusieurs fois en live.
Par contre sa voix saturée est très bien, mieux que sa voix naturelle… surprenamment. Bref bonne surprise, ça emmène en voyage, c’est intéressant.
Bruce Dickinscène · 21 h 40–23 h 10 · post-metal / doom / psychédélisme atmosphérique



Shaârghot
La tente est très remplie pour accueillir le groupe, qui n’y va pas par quatre chemins. Ça tabasse d’emblée et pendant tout le concert. Malgré l’heure tardive, pour un dernier jour de fest, ils donnent tout et le public répond assez bien. Bonne ambiance et folie martiale sur scène, comme d’habitude.
Très bon, mais un poil trop linéaire quand même. On ne peut cependant pas leur reprocher grand-chose : c’est efficace et direct, et c’est ce qu’on est venu chercher et ce qu’on a eu.
Massey Ferguscène · 23 h 15–00 h 05 · metal industriel / electro-indus
Arch Enemy
Je voulais voir la toute nouvelle chanteuse, de loin, afin de jauger rapidement. C’est Lauren Hart, qui chantait il y a quelques années dans le groupe du guitariste de Machine Head Logan Mader, Once Human. Et déjà à l’époque, sa voix était proche d’Arch Enemy. Autant dire que le taf est rempli.
Ça envoie, même si les gimmicks sont très souvent les mêmes, ce qui peut devenir fatiguant à la longue — ça m’a déjà interpellé au bout de vingt minutes. À voir maintenant comment le groupe va évoluer et ce qu’ils vont créer.
En tout cas, ils savent tenir cette Main Stage pour clôturer comme il faut le festival. Bon choix, très bonne prestation même si je n’en vois qu’une petite partie — et pas spécialement envie d’en voir bien plus. J’ai eu quelques hits, merci, ça me suffit.
Dave Mustage · 00 h 10–01 h 10 · death metal mélodique
Conclusion
Alors oui, quatre jours de festival, c’est éreintant. L’organisme prend cher. Mais au final, l’après-festival est peut-être pire encore : on met quelques jours à s’en remettre.
Il y a eu pas mal de très bons concerts, énormément de bons moments… Comme à chaque festival, on a raté tellement de groupes, on aurait voulu en faire tellement plus, mais il faut aussi manger, boire, aller au merch, passer du temps avec les potes, etc. Donc au final, c’est un bon mix de tout ça.
Bon cru que cette édition 2026 !
L’organisation du festival a été impeccable, du point de vue d’un festivalier lambda. On retrouve une fois de plus « ce bon vieux Hellfest », celui du début des années 2010, qui est cher à bon nombre de metalleux. Bah le Motoc, c’est ça maintenant.
En espérant que le festival continue sur de bons rails et « n’aille pas trop loin ». En tout cas merci le Motoc pour ce festival, et merci à tous les bénévoles comme toujours !



Difficile de faire un best-of, car tous les concerts ont été bien cool. Mais dans l’excellence ou le marquant, que ce soit pour la prestation du groupe ou l’ambiance dans laquelle on était — donc ressenti très personnel, mais c’est ainsi — on notera :
Top 5 — sans ordre
- Master Boot Record — Bruce Dickinscène
- Primus — Dave Mustage
- Castle Rat — Bruce Dickinscène
- Nevermore — Supositor Stage
- Sierra Veins — Massey Ferguscène
Excellent
- Fauxx — Bruce Dickinscène
- Coroner — Supositor Stage
- Lord Of The Lost — Dave Mustage
- Mass Hysteria — Dave Mustage
- Darkened Nocturn Slaughtercult — Supositor Stage
- Slift — Massey Ferguscène
- Modder — Bruce Dickinscène
- Eyes — Massey Ferguscène
- Pain Magazine — Massey Ferguscène
- Wormsand — Bruce Dickinscène
- Monkeys On Mars — Bruce Dickinscène
- Shaârghot — Massey Ferguscène
200 Stab Wounds
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