« A quelle heure joue Plèvre ? » Si vous avez trainé sur les forums et autres réseaux sociaux il y a dix/quinze ans, cette phrase devrait vous dire quelque chose, sorte de running gag initié autour du groupe du même nom. Sauf que loupé ! Ce Plèvre-là n’a absolument rien à voir, venant de Paris (et composé du line-up du groupe de death mélodique/power metal Once Upon The End) tandis l’autre provenait de Lyon. Et au niveau du style aussi, absolument rien à voir, pas de chaos dissonant à la Converge mais du post black metal.
Cité mouroir, leur premier album des parisiens, débute par une intro allant dans des horizons romantiques (« Tu dois croire au printemps »), le propos s’obscurcit drastiquement avec « Décimées », premier titre qui oscille entre radicalité et virtuosité. En effet, leur post black metal se veut très varié, il navigue entre nervosité et guitares s’envolant soudain dans des mélodies néoclassiques, le tout surplombé par les vocaux acérés (et ses variants growlés et même un peu de chant clean sur la fin) de la chanteuse Ophélie G.
Une ambivalence vocale au profit de textes à la fois désespérés et poétiques, déclamés de manière assez théâtrale lorsqu’elle ne hurle pas, prenant des accents gothiques comme sur « Asbestose » ou « Tord-boyaux ». On pensera aussi un peu à Brutus lorsqu’elle sort des envolées venant contraster sa rage (« 3955 KHz »).
Bardé d’agressivité contrasté par de nombreuses zones sensibles, ce premier album évoque la complexité d’un Der Weg Einer Freheit (influence revendiquée) et l’aspect frontal mais mélodique de Houle, auquel se joint une facette urbaine (affirmée par l’arwork brutaliste représentant le Palais Abraxas, lieu situé à Noisy-le-Grand ayant notamment servi de décor au Brazil de Terry Gilliam ou encore à Hunger Games) en adéquation avec leur thématique urbaine et suffocante à la fois. Un remarquable premier album à la croisée des genres, un brin déroutant mais déjà très séduisant.
Plèvre
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