Kauan – Aava Tuulen Maa

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Style: darkf folk rock atmosphériqueAnnee de sortie: 2009Label: BMM Records/Firebox Records

L’âme slave n’est ni une vaine expression ni une information d’une rare inanité relative à l’hygiène d’une chanteuse française de variété.
C’est en revanche un concept suffisamment vague et évocateur pour que je l’utilise comme fil rouge de ma chronique de cette pure merveille qu’est l’album du duo russe Kauan.

Quand on découvre un groupe aussi talentueux à partir de son troisième album, on va inévitablement voir du côté de la discographie passée. Après une rapide écoute de quelques passages des 2 albums précédents Lumikuuro (2007) et Tietäjän Laulu (2008), je suis bien obligé de mettre en garde les fans de la première heure : il n’y a plus grand chose de metal sur Aava tuulen maa.
Place au piano, au violon, aux guitares folk et aux (rares et discrets) vocaux clairs afin d’offrir une magistrale dark folk rock atmosphérique. Tout simplement. Tout somptueusement.

L’instrumental introductif “Ommeltu polku” ne peut, par exemple, manquer de faire penser à “Angelica” d’Anathema (Eternity). Pas inintéressant, vous avouerez.
D’autant que d’autres références, et pas des moindres, se bousculent dans les rangs au moment de faire l’appel : le Tiamat de A Deeper kind of slumber, les passages planants de Riverside, l’Agalloch de The Mantle ou l’Empyrium de Songs of moors and misty fields.
A l’instar de ce dernier, et pour compléter la description de la musique, la distorsion refait parfois surface pour appuyer la rythmique. Malgré cette réminiscence de leur discographie antérieure, on pourrait craindre, comme c’est le cas pour d’autres groupes adeptes de la mélancolie doucereuse, de tomber dans le mielleux. Kauan, même si certains passages pourraient être qualifiés de tel un jour où l’on est d’humeur particulièrement metaaaaaaal, évite selon moi le travers. Ici, finesse et délicatesse ne sont pas synonymes de mièvrerie. On a affaire à la grande classe.

Aava tuulen maa est donc une superbe invitation au voyage qui pourrait constituer un écrin fragile à ces vers de Baudelaire :
« Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale ».

On peut se prendre à imaginer que le poète féru de paradis artificiels pensait à l’âme slave. Et qu’à l’écoute de cette musique, il aurait pu, comme nous, se satisfaire de paradis naturels.

  1. ommeltu polku
  2. valveuni
  3. föhn
  4. sokea sisar
  5. neulana hetkessä

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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4 Commentaires

  1. Scarvounet says:

    Belle chronique comme toujours, tu m’as donné envie et encore plus quand un certain Anathema ou même Riverside est pris comme influence. ;)

  2. Joss says:

    Ouaip ça donne envie. Par contre Darkouille essaye de mettre l’URL standard de la page myspace et non celle visible depuis un profil, ça fait pas beau :-p

  3. AlCheMist says:

    Je recolle ici un com’ déjà fait ailleurs : « la mélancolie discrète et élégante d’un Ashram, quelques harmonies à la Anathema et la petite touche slave qui va bien. Excellent ! »

  4. uter says:

    un très bon cd même si ma préférence va à leur 1er album « Lumikuuro » qui est vraiment sublime

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