The Temperance Movement

Pas de commentaires      1 943
Style: Classic rockAnnee de sortie: 2013Label: Earache records

Je préfère ne pas imaginer la réaction du rocker cinquantenaire qui, après être tombé sous le charme de The Temperance Movement, poussera la fan attitude jusqu’à s’enquérir de l’ensemble des sorties du label Earache. Oh bien sûr il ne tombera pas tout de suite sur From enslavement to obliteration (Napalm Death) ou Forest of equilibrium (Cathedral) mais je ne suis pas certain qu’il se sentira chez lui après qu’il aura constaté que le label qui accueille ses petits chouchoux du moment offre également le gite à Decapitated ou Severe Torture.

A l’inverse, et bien qu’il ne s’agisse pas d’une nouveauté (rappelez-vous les Rival Sons l’année dernière), les fans de Wormrot pourraient être surpris de voir en page d’accueil du site de Earache la pochette de The temperance movement. L’histoire de l’humanité n’étant pas avare en miracles, il peut arriver que des esprits supérieurs fassent le lien entre ces 2 mondes. Ne cherchez plus, je suis celui par qui la synthèse pourra se faire.

Plutôt que de m’évertuer, sans doute vainement, à essayer d’apprécier intensément le dernier The Answer (New horizon), j’ai eu envie de chercher de la chair fraiche. Il ne m’a alors pas fallu longtemps pour tomber sur la petite « sensation » du moment en terme de rock.

Les présentations vont être rapides, on a affaire à un jeune quintet anglais besogneux puisque, à peine 2 ans après s’être réunis sans doute dans un local tout pourri, les baby rockers sont signés par un sacré label. Bon histoire d’être un peu plus exhaustif, je vais pousser un peu les présentations et vous parler de Phil Campbell, chanteur de son état. Merci de noter dès à présent que ce n’est pas le guitariste de Motörhead mais un homonyme. Et je peux vous dire que si c’était ce dernier qui poussait la chansonnette chez ce jeune groupe, Lemmy aurait fait la connerie de sa vie en n’ayant pas donné sa chance à son vieil acolyte ; car – et c’est pour moi le critère qui fait qu’un groupe de rock peut prétendre à un avenir radieux si tant est que la qualité des compos suive, on a affaire à un type qui a de l’or dans la voix. Une sorte de Rod Stewart en plus « guttural », qui essaierait d’atteindre la puissance d’un Dan McCafferty (Nazareth) par exemple (« Take it back »). De toute façon, la comparaison avec ce grand monsieur est quasi inévitable tellement les Faces, entre autres groupes, font partie des références évidentes du groupe.

Parmi les « entres autres », outre Free, Bob Seger (« Be lucky ») et, plus proches de nous, Dirty Sweet ou The Black Crowes, j’ai bien envie de citer Pearl Jam. A première vue, ça peut paraitre incongru mais il ne me semble pas envisageable d’écouter « Midnight black » ou le final tout en tension de « Pride » sans penser à la bande à Vedder. Belle alchimie qu’on retrouve d’ailleurs parfois au niveau vocal (ah je vous l’ai dit, Phil Campbell peut rameuter de la gonzesse à la pelle rien qu’en fredonnant « la digue du cul »).

Toutes ces qualités, toutefois, ne parviennent pas à ne pas faire regretter un songwritting de qualité inégale ; tout n’est pas au niveau des premiers titres (la ballade country « Lovers and fighters » et la petite soupe tiédasse « Smouldering », par exemple) mais j’en ai envie d’être magnanime et de me dire qu’il y a nécessairement une marge de progression qui titillera la curiosité pour la suite. Et puis, ne pas sortir une bombe atomique leur permettra peut-être de ne pas décevoir avec la prochaine fournée contrairement à certains Américains que je ne nommerai pas (fumiers de Taddy Porter !)

En revanche, et là ma tendance à la clémence a trouvé ses limites avec une particulière acuité, le mouvement de tempérance, historiquement, invite à « s’abstenir complètement de boire de l’alcool ou de le faire avec modération, est poussé par la croyance que la consommation d’alcool est le facteur responsable de la plupart des maux de la société ». Je préfère penser que c’est une forme d’humour dont les british ont le secret. Dans le cas contraire, vous l’aurez deviné, il est hors de question d’accorder la moindre attention à ces nouveaux venus qui auraient pourtant mérité, sur un plan purement artistique, de ne pas nous inspirer du mépris.

Site officiel

Track list :

1. Only Friend
2. Ain’t No Telling
3. Pride
4. Be Lucky
5. Midnight Black
6. Chinese Lanterns
7. Know For Sure
8. Morning Riders
9. Lovers And Fighters
10. Take It Back
11. Smouldering
12. Serenity

 

 

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

Vous pourriez aussi apprécier

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *